QUE SA CROIX SOIT VOTRE GLOIRE ET CONSOLATION
Je supplie Notre-Seigneur que sa Croix soit votre gloire et votre consolation !
> O Dieu ! que cette Croix est belle ! qu'elle est aimable! Que puisse-t-elle être bien exaltée parmi nous et plantée sur notre tête, comme elle le fut sur celle du premier Adam (1) ! Que puisse-t-elle remplir notre âme, comme elle remplit l'esprit de saint Paul, qui ne savait autre chose <jue cela !
Oh ! que le Dieu d'Israël est bon d'avoir iourm et pourvu la nature humaine d'une telle et si précieuse rédemption !
Entendez ce cher Sauveur qui crie qu'il a soif de notre salut ; qui nous attend et nous invite : Unité ad me omnes, venez à moi, dit-il, à tous les hommes, car je suis attaché à cette Croix pour vous recevoir et vous ne trouverez point ailleurs de salut.
Aussi, tous ceux qui se voudront sauver par la Croix y trouveront le salât ; mais ceux qui voudront se sauver sans la Croix périront misérablement, parce qu'il n'y a de salut qu'en la Croix. Mais en même temps, ressouvenezvous souvent que Notre-Seigneur nous a sauvés en souffrant et endurant ; et que, de même, nous devons faire notre salut par les souffrances et les afflictions, endurant les injures, contradictions et déplaisirs avec le plus de douceur qu'il nous sera possible. Il est mort comme un Roi d'amour, couronné d'épines parmi la troupe de
• (1) Nom que donnent à Notre-Seigneur les Pères de l'Eglise.
ses élus, les encourageant à la guerre spirituelle qu'il faut soutenir ici-bas pour arriver à la céleste patrie promise à ses enfants.
Demeurez donc avec Notre-Seigneur crucifié, planté au milieu de votre cœur ! Je vis, il y a quelque temps, une fille qui portait un seau d'eau sur sa tête, au milieu duquel elle avait mis un morceau de bois ; je voulais savoir pourquoi, et elle me dit que c'était pour arrêter le mouvement de l'eau, de peur qu'elle n'épanchât. Et donc, dorénavant, me di*-je, il faut mettre la croix au milieu de nos cœurs pour arrêter les mouvements de nos affections, en ee bois et par ce bois, afin qu'elles ne s'épanehent ailleurs aux inquiétudes et troublement d'esprit. Savez-vous ce que font les bergers d'Arcadie quand ils voient éclairer, tonner et l'air chargé de foudres ? lis se retirent sous les lauriers eux et leurs troupeaux. Quand nous voyons que les persécutions et contradictions nous menacent de quelque grand déplaisir, il aous faut retirer, nous et nos affections, sous la sainte Croix par une confiance que tout reviendra au profit de ceux qui aiment Dieu ; là, les maladies sont salutaires et aimables, où Dieu même nous a sauvés par les langueurs.
Quelle grâce, d'ailleurs, d'être non seulement sous la Croix, mais sur la Croix et un peu crucifié avec Notre-Seigneur! Quand Notre-Seigneur fut à la Croix, il fut déclaré Roi, même par ses ennemis, et les âmes qui sont en croix sont déclarées reines.
Ayez donc bon courage, convertissez la nécesssité en vertu, et ne perdez pas l'occasion de témoigner votre amour envers Dieu parmi les tribulations, ainsi qu'il témoigna le sien envers nous parmi les épines.
Demeurez à l'ombre et au pied de cet arbre, j« veux dire de cette Croix; rassasiez-vous de
ses fruits et n'en partez point que vous ne sovez tout détrempés du sang qui en découle.
^ Jésus glorifié est beau; mais quoique toujours très bon, il semble néanmoins qu'il le soit encore plus crucifié; immolez donc souvent votre cœur a son amour sur l'autel même de la Croix en laquelle il immole le sien; et dites cent fois: C est ici mon espérance; c'est la vive source de mon bonheur, c'est le cœur de mon âme, c'est lame démon cœur, jamais rien ne me déprendra de sa charité; je le tiens et ne le lâcherai point qu il ne m'ait mis en assurance. Dites-lui souvent : Que puis-je avoir sur la terre, ou que prelends-je au ciel, sinon vous, o mon Jésus ? tous êtes le Dieu de mon cœur et V héritage que je désire éternellement Jamais n'advienne que je me glorifie, sinon en la Croix de Jésus-Christ, par laquelle le monde m'est crucifié et je suis crucifié au monde.
En somme, il sera toujours vrai que ceux qui prétendent avoir part avec Jésus glorifié doivent premièrement avoir part avec Jésus crucifié.
Que bienheureux sont ceux qui aiment la Croix et qui la portent! Elle sera plantée au ciel quand Notre-Seigneur viendra juger les vivants e t les morts, pour nous apprendre que le ciel est l'autel des crucifiés. Regardant donc la Croix de Jésus-Christ avec un cœur plein d'amour et de révérence, vous ferez ces éternelles et inviolables résolutions.
U mon Jésus, le bien-aimé de mon âme, mon zèle sera de planter la Croix en mon cœur, en mon entendement et en mes sens. Je formerai ce signe sacré avec révérence, j'n marquerai mon cœur à mon réveil et avant mon sommeil, et, cherchant en la sainte Croix mon support parmi les angoisses de cette vie, j'espère d'y trouver ma joie éternelle, car ayant aimé Jésus crucifié, en ce monde, je jouirai en l'autre de
Jésus glorifié, auquel soient honneur et gloir© aux siècles des siècles !
Vive Jésus ! qu'à jamais puissions-nous unir nos petites croix à la sienne si grande, et qu'il règne parmi nos douleurs, puisque nous ne pouvons régner et vivre que par celles de sa mort.
Dieu vous bénisse en l'amour de la sainte Croix !
QUE TOUTES LES AMERTUMES DE LA TIE TOURNENT A VOTRE PROFIT TEM- POREL ET ÉTERNEL !
Je prie Dieu qu'il soit toujours au milieu de votre cœur, afin que, vous faisant part de sa croix, il vous communique sa sainte patience et ce divin amour qui rend si précieuses les tribulations ; car elles sont plus précieuses que l'or et le repos aux âmes que Dieu a choisies. Aussi, quelles bénédictions puis-je souhaiter plus aimables que celle d'être fidèle à Notre-Seigneur parmi les adversités de toutes sortes qui vous agitent ?
Que nous sommes bienheureux d'avoir des travaux, des peines et des ennuis ! car ce sont les voies du ciel, pourvu que nous les consacrions à Dieu. Nous ne sommes sur la terre que pour souffrir. Malheur à ceux qui ont leur consolation en ce monde ! ils ne l'auront point dans l'autre. Cette vie n'est qu'un temps de tentations et d'épreuves pour nous corriger, pour nous purifier, pour nous détacher. Vous serez bienheureux si vous recevez d'un cœur finalement affectionné ce que Notre-Seigneur vous envoie d'un cœur si paternellement soigneux de votre protection ; car rien ne sort de cette main divine qui ne soit
pour l'utilité des âmes qui le craignent, ou pour les purifier, ou pour les affiner en son saint amour.
Quand nous n'aurons plus à souffrir nous n'aurons plus à vivre comme on fait sortir un malade de l'hôpital dès qu'il est guéri ; ce n'est que par la souffrance que notre guérison s'opère. Haussez votre tête vers le ciel : voyez que pas un des mortels qui y sont immortels n'y est allé si ce n'est pas par des troubles et des afflictions continuelles ; le crucifix est l'échelle par laquelle de ces années temporelles nous passons aux années terribles ; il n'y a point d'autre chemin pour aller au ciel. Notre-Seigneur y a passé le premier. C'est pourquoi, bien que d'un coté je ne puisse pas m'empêcher de compatir avec vous, à cause de la charité que je vous porte, d'autre part je me glorifie en la Croix de Notre-Seigneur, puisque vous êtes si heureux que d'y participer. Ah ! si l'envie pouvait régner au royaume de l'amour éternel, îes anges envieraient aux hommes deux excellences qui consistent en deux souffrances : l'une est celle que Notre-Seigneur a endurée en la Croix pour nous, et non pour eux, du moins si entièrement ; l'autre est celle que les hommes endurent pour Notre-Seigneur : la souffrance de XHeu pour l'homme, 3a souffrance de l'homme pour Dieu. Ainsi les vrais serviteurs de Dieu ont toujours plus estimé le chemin de l'adversité, comme plus conforme à celui de notre chef, qui ne voulut opérer notre salut et la gloire àe son nom que par la croix et les opprobres. Saint Paul, " qui avait été au ciel " et parmi les félicités du paradis, " ne se tenait pour heureux qu'en ses infirmités et en la croix de Notre- Seigneur.
Je vous dirai donc que vous ne regardiez vos afflictions qu'au travers de la Croix, et vous les trouverez, ou petites, ou du moins si agréables, que vous en aimerez plus la souffrance que la
jouissance de toute consolation qui en est séparée. Les peines considérées en elles-mêmes ne peuvent, certes, être aimées; mais regardées en leur origine, c'est-à-dire en la providence et volonté divine qui les ordonne, elles sont infiniment aimables. Voyez la verge de Moïse, en terre, c'est un serpent effroyable ; voyez-la en la main de Moïse, c'est une baguette de merveilles. Voyez les tribulations en elles-mêmes, elles sont affreuses ; voyez-les en la volonté de Dieu, elles sont des amours et des délices, Or dit qu'en Béotie il y a un fleuve dans lequel les poissons paraissent tout d'or ; mais ôtés de ces eaux, qui sont le lieu de leur origine, ils ont la valeur naturelle des autres poissons. Les afflictions sont comme cela : si nous les regardons hors de la volonté de Dieu, elles ont leur amertume naturelle ; mais qui les considère en ce bon plaisir éternel, elles sont toutes d'or, .aimables et précieuses plus qu'il ne peut se dire.
Mais qui veut bien recevoir les coups des accidents de cette vie mortelle, il doit tenir son esprit en la très-sainte volonté de Dieu et son espérance en la bienheureuse éternité. Tout ce tracas de peines et d'ennuis passera bientôt ; ce ne sont que des moments, et puis nous n'avons point encore répandu de sang pour celui qui répandit tout le sien pour nous sur la Croix. Oh ! c'est ainsi qu'il faut servir Dieu : c'est le servir en Dieu, et par l'amour souverainement et incomparablement excellent. En quelles occurrences pouvons-nous faire sur la terre les grands actes de l'invariable union de notre cœur à la volonté de Dieu,de la mortification de notre amour, et en somme de votre crucifixion, si ce n'est en ces âpres as-sauts ? Combien de fois nous est-il arrivé d'avoir à contre-cœur les médicaments lorsque le méde-
cin ou l'apothicaire les présentait, et que, nous étant offerts par quelque main bien-aimée, l'amour surmontant l'horreur, nous les recevions avec joie ! Certes, ou l'amour ôte l'âpreté du travail, ou il en rend le sentiment aimable.
A mesure donc que vos peines redoublent, vous devez redoubler de courage, en songeant que Celui qui, pour montrer son amour envers vous, a choisi la mort de la croix, vous tirera de plus en plus à son amour et à sa gloire par la croix de tribulation qu'il nous envoie. Soyez bien fermes en la conliance que nous devons avoir en la providence de Dieu, qui, si elle vous prépare des croix, vous donnera des épaules pour les porter.
Vous savez très bien que Dieu réserve le partage de ses enfants pour la vie future, et que pour celle-ci, il ne donne ordinairement à ses mieux aimés que l'honneur de souffrir beaucoup et de porter leur croix après lui. Aimez donc bien votre croix, car elle est toute d'or, si vous la regardez des yeux de l'amour de Dieu ; et quoique d'un côté vous voyiez l'amour de votre cœur mort et crucifié entre les clous et les épines, vous trouverez de l'autre un assemblage de pierres précieuses, poar en composer la couronne de gloire qui vous attend, si en attendant de l'avoir vous portez amoureusement celle d'épines avec votre Hoi, qui a tant voulu souffrir pour entrer en sa félicité
Mais je désire que votre croix soit entièrement croix de Jésus-Christ ; et quant à la composition de cette croix et quant au choix le bon Dieu sait bien ce qu'il fait et pourquoi ; c'est pour votre bien, sans nul doute. Soyez feulement courageux ; il n'est pas des rosiers spirituels comme des corporels ; en ceux-ci les épines durent et les roses passent, en ceux-là les épines pisseront et les roses demeureront.
0 mon Dieu, que je désire votre consolation l cela s'entend : sous le Don plaisir de sa divine Majesté ; car s'il vous veut sur la croix, j'y acquiesce. Et vous aussi n'est-ce pas ? — Oui, sans doute. Mais les croix de Dieu ne sont-elles pas douces et pleines de consolations ? — Oui, pourvu que l'on y meure, comme fit le Sauveur.
Or sus, mourons donc, s'il est opportun. Ne aous fâchons point des tempêtes et des orages qui parfois troublent notre cœur et nous ôtent notre calme, il faut semer en travail, en perplexité, en angoisse, pour recueillir en joie, en consolation, en bonheur. Pourvu que notre cher esprit de la foi soit fidèle laissons renverser toutes choses et vivons en assurance, quand tout mourrait en nous ; pourvu que Dieu y vive, que nous en doit-il inquiéter ? Laissons faire Dieu ; les hommes ne peuvent rien ; quand tout semble perdu, tout est quelquefois sauvé, Dieu se plaît à nous précipiter et à nous relever du précipice par une seule et môme main. Courage 1 Dieu vous sera certainement propice pourvu que vous lui soyez fidèle. Quel bonheur que sa divine Majesté nous veuille employer à son service,ncn seulement agissants,mais souffrants I Qu'on est heureux quand on souffre, pourvu qu'on veuille bien souffrir et satisfaire à la justice de Dieu !
Je prie Notre-Seigneur qu'il soit votre consolation et qu'il vous fasse bien entendre qu'il nous faut entrer au roy xume des deux par plusieurs travaux et tribulations, et que les croix et afflictions sont plus aimables que les contentements et délectations.
Or sus donc, courage : si vous avez confiance, vous verrez la gloire de Dieu !
Qu'il soit béni !
QUE MARIE VOUS SOIT BONx\E ET TENBRE MÈRE.
Je ne cesse point de supplier la très sainte Vierge, la plus aimée Dame du ciel et de la terre, qu'Elle vous aime et vous rende très agréable à sonFils, parles continuelles inspirations qu'elïe vous obtiendra de sa Majesté divine.
Nous devons nous servir d'Ellepour Médiatrice envers son divin Fils. L'Eglise nous voulant apprendre comme une bonne mère à nous servir de l'entremise de la sainte Vierge, a joint Y Ave Maria avec l'Oraison dominicale pour le dire consécutivement après, pour nous montrer que, puisqu'elle a tant de crédit auprès de son Fils, non seulement nous devons demander à Dieu par son intercession, non seulement les biens spirituels, car Elle nous visite souvent par des lumières intérieures qu'Elle nous donne pour notre avancement en la perfection, mais aussi les temporels, en autant qu'ils nous sont nécessaires ; et partant, nous la devons invoquer avec grande confiance en tous dangers et en tous orages.
Recourons donc à Elle ; et, comme ses petits enfants, jeions-nous dans ses bras avec une confiance parfaite ; à tous moments, à toutes occurences, réclamons cette douce Mère, invoquons son amour maternel et tâchons d'imiter ses vertus.
Ah! veuille cette sainte Vierge, cette douce Mère des cœurs, cette Mère du saint amour, cette Mère du Cœur des cœurs, nous faire vivre par ses prières en ce saint amour ! Je la supplie de vou<* donner à jamais sa -douce et maternelle protection.
La très sainte Vierge, notre Dame et Maîtresse, soit à jamais votre Mère et Directrice !
La joie et consolation du Fils et de la Mère strient à jamais l'allégresse de votre âme î
Tive Jésus ! vive Marie î le support de ma vie î
Priez Marie :
Très sainte Mère de Dieu, vaisseau d'incomparable élection, reine de la souveraine dilection, tous êtes la plus aimable, la plus aimante et la plus aimée de toutes les créatures. Yous avez été singulièrement privilégiée. Vous avez été menée au Conseil de Dieu et c'est à vous qu'ont été découverts de plus hauts secrets et mystères çu'à nulle autre créature. L'amour du Père eéleste prit son bon plaisir en vous de toute éternité, destinant votre chaste cœur à la perfection du saint amour, afin qu'un jour vous aimassiez son Fils unique du plus excellent amour maternel.
0 Marie, lis sacré d'incomparable beauté, en lequel le Seigneur se complaît, et repaît tous ceux çui l'aiment ; lis en lequel le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumière éternelle, s'est si souverainement récréé, qu'il y a pratiqué les délices de l'ineffable dilection de son cœur envers nous ! 0 Mère bien-aimée de Jésus, prosterné très humblement devant vos pieds qui portèrent mon Sauveur, je dédie et consacre (toute ma personne) à l'immense grandeur de votre dilection. Oh ! je vous conjure par ce Cœur de votre doux Jésus, qui est le roi des cœurs, que le vôtre adore, accordez à mon âme et à celle de tous ceux qui (vous servent), votre toute-puissante faveur auprès du Saint- Esprit, afin que nous immolions en holocauste toutes nos affections à sa divine bonté, pour vivre, mourir et revivre à jamais dans les flammes de ce céleste feu que Notre-Seigneur votre Fils a tant désiré d'allumer en nos cœurs ; que,
pour cela, il ne cessa de travailler et soupirer jusques à la mort, et la mort de la Croix.
O très sainte et très heureuse Dame qui êtes au plus haut du paradis de félicité, hélas ! ayez pitié de nous qui sommes au désert : vous êtes en l'abondance des délices, et nous sommes en l'abîme des désolations ; communiquez-nous la force de bien porter toutes nos afflictions, et que nous soyons toujours appuyés sur votre Fils bien-aimé, seul objet de nos espérances, seule, récompense de nos travaux, seul remède à nos maux.
Très douce Vierge Marie, Mère de Dieu, je vous choisis pour ma très chère Mère ; je vous supplie de m'accepter pour votre enfant et serviteur. Je vous prie donc, ma bonne, gracieuse et douce Mère, qu'il vous plaise vous souvenir que je suis votre enfant, que vous êtes très puissante et que je suis une pauvre créature, vile et faible. Je vous supplie aussi, très douce et chère Mère, de me gouverner et défendre en toutes mes actions : car, hélas 1 je suis un pauvre nécessiteux et mendiant qui a besoin de votre sainte aide et protection. Eh ! bien, donc, très sainte Vierge, ma douce Mère, de grâce, faites-moi participant de vos biens et de vos vertus, principalement de votre sainte humilité, de votre excellente pureté et fervente charité ; mais accordez-moi surtout.... (Dites à Marie la grâce que vous désirez obtenir).
Ne dites plus, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez pas, car v^tre bien-aimé Fils vous a donné toute puissance, tant au ciel que sur la terre. Vous n'alléguerez pas non plus que vous ne le devez pas, car vous êtes la Mère commune de tous les pauvres enfants d'Adam, et spécialement la mienne. Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que vous êtes très puissante, qu'est-ce qui pourrait vous excuser,
si vous ne me prêtiez votre assistance ? Voyez, ma Mère, voyez que vous êtes contrainte de m'accorder ce que je vous demande, et d'acquiescer à mes gémissements. Soyez donc exaltée sous les cieux, et, par votre intercession, faites-moi présent de tous les biens et de toutes ]es grâces qui plaisent à la très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, l'objet de tout mon amour, pour le temps présent, et pour que Jésus, Marie et Joseph soient loués et imités. Ainsi soit-ii.