QUE DIEU VOUS DONNE ABONDAMMENT SON SAINT AMOUR
| Je demande beaucoup de grâces pour votre | âme, mais, surtout et pour tout, le saint, puis. sant, doux et tranquille amour de Dieu, car c’est notre tout, c'est notre miel, dedans lequel et par lequel toutes les affections et toutes les actions de notre cœur doivent être confites et adoucies.
| Un docteur de la loi venant trouver Notre.
Seigneur lui demanda quel était le plus grand | commandement ; à quoi il répondit: “ Tu | $ | aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, | de toute ton âme, de tout ton esprit,’ de toutes | tes forces, et enfin de tout ce que tu as et de | tout ce que tu es.” O vrai Dieu ! si nous le | savions entend.e, quelle obligation aurions- , | nous à ce Souverain bien qui, non-seulement nous permet, mais nous commande de l'aimer !
| Aimer Dieu de tout notre cœur, qu'est-ca, | sinon l’aimer de tout notre amour et d’un amour
ardent?
L’aimer de toute notre âme, c’est occuper toutes ses puissances en l'exercice de son
amour.
L'aimer de tout notre esprit, c’est l'aimer k d'un amour ardent, ferme, constant et généreux, Ù ) qui ne se laisse jamais abattre dans les peines
" et contradictions ; au contraire, toujours persé-
vérant.
L'aimer de tout ce que nous sommes, c'est lui
donner et abandonner tout notre être, pour être
totalement soumis à l’obéissance de son amour.
A la vérité, de savoir si nous aimons Dieu ainsi sur toutes choses, cela n’est pas en notre pouvoir, si Dieu même ne nous le révèle, mais nous pouvons bien savoir si nous désirons de l'aimer, et quand nous sentons en nous le désir de l'amour sacré, nous savons que nous commençons d'aimer Dieu, et À mesure que ce désir va croissant, son amour va aussi s’augmentant. Qui désire ardemment l’amour de Dieu l’aimera bientôt avec ardeur,
O Dieu ! qui nous fera la grâce que nous brülions de ce désir ? Et que vous puis-je dire, sinon que vous pérsévériez à désirer l'amour qui ne peut jamais étre assez désiré, étant infiniment désirable ? Car lorsque non-seulement nous .:uus réjouissons en cette divine dilection et jouissons de sa délicieuse douceur, mais que nous établis. sons toute notre gloire en elle, comme en la couronne de notre honneur, alors, elle n’est pas seulement un fruit doux à notre gosier, mais elle est une béatitude et félicité très désirable, non-
seulement parce qu'elle nous assure le félicité de :
l’autre vie, mais parce qu’en celle-ci elle nous
donne un cententerment d'inestimable valeur,
contentement si fort que les eaux des tribulations et les fleuves dés persécutions ne le peuvent éteindre ; en telle sorte que non-seulement il ne périt pas, mais il s'enrichit parmi les pauvretés, il se réjouit dans les larmes ; il se récrée dans la compassion et la commisération, iorsqu’il est environné de misérables et souffreteux ; il se délecte de renoncer à toutes sortes de délices.
sensibles et mondaines, pour obtenir la pureté et
‘la netteté du cœur.
Et c’est ainsi que, ou languissants, ou mourants, nous serons à Dieu, et rien ne nous sépa-
nn,
réra de son saint amour ; moyennant sa grâce, jamais notre cœur n'aura de vie qu’en lui et pour lui, et il sera à jamais le Dieu de notre cœur. Je prie donc notre Seigneur qu’ii accroisse en vous son saint amour, et que ce divin amour soit à jamais sur notre poitrine, pour nous enflammer et consumer de sa grâce ! Les années s’en vont et l’éternité s'approche de nous. Que puissionsnous tellement employer ces ans en l’amcur divin que nous ayons l'éternité en sa gloire !
Dieu soit béni ! #
QUE JÉSUS VOUS FASSE CROÎTRE DANS LES CHÈRES VERTUS DE SON CŒUR SACRÉ !
11 ne faut pas que ce premier mois de l’année passe que je ne vous salue en vous assurant du parfait dévouement que mon cœur porte au vôtre, auquel je ne cesse point de désirer toutes sortes de bénédictions; mais aussi je vous le recommande, votre pauvre cœur ; ayez bien soin de le remettre de plus en plus agréable à son Sauveur et de faire que cette année soit plus fertile que l’autre en toutos sortes de saintes actions.
Il faut bien mettre son cœur en Dieu et ne jamais l’en ôter, Ne sommes-nous pas bien heureux de pouvoir enter nos cœurs sur Celui du Sauveur, qui est enté sur la divinité ? Au moins souhaité-je que nos pauvres cœurs ne vivent plus désormais que sous l’obéissance du cœur de ce Sauveur, Et puisque le Cœur de Natre- Seigneur n’a point de loi plus affectionnée que la douceur et l'humilité, il faut bien tenir ferme en
LA
ss Que
nous ces chères el bien-aimées verius qui reluisaient en sa personne sacrée, lesquelles il nous a singulièrement recommandées, comme si par elles notre cœur devait être spécialement consa. uré à son service et appliqué à son imitation : “ Apprenez de mai, ditil, que je suis doux el humble de cœur.” |
C'est pourquoi, si vous regardez son Cœur, il sera impossible qu'il ne vous plaise, car c'estun cœur si suave, si condescendant, si aflectionné à ses chétives créatures, pourvu qu'elles reconnaissent leur misère, si gracieux envers les misérables, si bon envers les pénitents!
Et quant à l'humilité, le grand apôtre saint Paul, nous voulant faire concevoir en quelque facon l'amour que Notre-Seigneur portait à cette vertu, dit qu'il s’est humilié jusqu'à la mort, el la mort de la croix, qui était la mort la plus infâme et pleine d'abjection qui se püût trouver, sur tout autre genre de mort.
Oh! que ce divin Maitre de nos âmes savait bien que son exemple nous était nécessaire, car, n'y ayant nulle nécessité pour lui de s’humilier, il a néanmoins voulu le faire, afin de nous inviter à embrasser cette vertu.
De même, js ne vous recommande pas moins, et toujours plus que tout, l'exercice de la sainte douceur et suavité aux rencontres que cette vie vous présente toujours souventes fois, Ne somt . mes-nous pas enfants, adorateurs et serviteurs de la céleste providence et du Cœur paternel de notre Sauveur? N'est-ce pas sur ce fonds que nous avons bâti toutes nos espérances? il est nôtre maitre, notre roi, notre père, notre tout ; pensons à le bien servir, il pensera à nous bien favoriser. Ce tendre Cœur de notre Rédempteur mesure et ajuste tous les événemeuts de ce monde à l'avantage des esprits qui, sans réserve, se veulent ascervir à son divin amour; aux