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Le
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recommandé et enseigné, tant d'exemples que de paroles, que de nous aimer les uns les autres ; nous voyons qu'il n’inculque rien tant en l'Evangile que le commandement de l'amour du prochain.
Mais comment et de quel amour devons-nous aimer le prochain ? De l'amour mème que Dieu nous aime ; car il faut a!ller puiser cet amour dans le sein du Père éternel, afñia qu’il soit tel qu'il doit être, c’est-à-dire qu’autant que nous le pouvons, nous le devons l'aimer d’un amour pur, solide, ferme, constant et invariable, qui ne s'attache point aux qualités et conditions des personnes, mais à l’image de Dieu que nous portons tous, le considérant comme œuvre de Dieu, et qui enfin jouira, s’il nlaït à la bonté céleste, du Paradis qui nous est prépa.
Il nuus faut donc un cœur bon, doux, affectueux envers le prochain, et particulièrement quand il nous est à charge et à dégoût ; car alors nous n'avons rien en ce prochain pour l'aimer, que le respect du Sauveur, qui rend l'amour sans nul doute plus excellent et digne, d'autant qu’il est plus pur et net des conditions caduques ; et, bien qu’il semble au commencement que ce soit à contrecœur, il ne le faut point laisser pour cela ; car cette répugnance de la partie inférieure, enfin sera vaincue par l'habitude et bonne inclinalion qui sera produite par la répétition des mêmes actions.
Soyons bons au prochain, mais surtout envers les nôtres, Il faut que l’on demeure en la barque en laquelle on est, pour faire le trajet de cette vie à l’autre et qu’on y demeure volontiers et amiablement., La multitude des ennuis que vous avez aux affaires de votre maison vous servira infiniment pour rendre votre âme vertueuse, si vous vousexercez à supporter le tout en
esprit de douceur,de patience et dedébonnaireté ; or cette aébonnaireté veut que l’on réprime les mouvements de colère, que l'on soit doux, cordial et plein de mansuétude envers le prochain. Hélas ! c'est une grande partie de notre perfection, que de nous supporter les uns les autres en nos imperfections ; car en quoi pouvons-nous exercer l'amour du prochain, sinon en ce support ? Ceux que Notre-Seigneur supporte, nous les devons tendrement supporter.
Celui qui préviendra sun prochain en douceur sera le plus parfait imitateur de Dieu, et quiconque veut être parfait et tout à fait enfant de Jésus-Christ, il doit pratiquer cette doctrine. Aiïmez la sainte vertu de support et de souplesse, car ainsi dit saint Paul, vous accomplirez la loi de Jésus-Christ.
Certes, si nous aimons ainsi le prochain, notre amour ne sera point sujet au changement ni aux aversions, comme est celui que nous nous portons les uns aux autres, qui, pour l'ordinaire, se dissipe et s’alangourdit sur une mine froide ou qui n’est pas si correspondante à notre humeur, ou pour la rencontre de quelque petite chose qui n’est pas comme nous désirons.
Ne perdez, au contraire, aucune occasion, pour petite qu'elle soit, d'exercer, non-seulement à tout propos, mais encore hors de propos, la sainte débonnaireté et douceur envers ceux qui vous sont Je plus ennuyeux ; supportez tout doucement ces mêmes injures. Cette bizarrerie du mari et de la femme, ce cassement d’un verre, ce mépris ou cette mous, cette perte de gant, d’une bague, d’un mouchoir : la paix vaut mieux qu'une chevauce (1).
Aimons-nous donc les uns les autres et mar-
(T) Le bien qu'on a ou qu’on peut avoir.
chons ën la voie de la dilection, nous aimant comme Notre-Se'gneur Jésus-Christ nous a aimés; ils’est offert en holocauste pour nous, ce «qui fut iorsqu'il mourut sur la croix, où il nous donna jusqu’à la dernière goutte de sen sang, lequel il répandit sur la terre, comme pour faire ; un ciment sacré, duquel il voulait cimenter, unir et attacher toutes les pierres vives de son Eglise, qui sont 1°s fidèles, l'un à l’autre, afin qu'ils fussent tellement unis et eerrés, que jamais il ne se trouvât nulle division entre eux, tant il craignait que cette division ne leur causût uns désolation éternelle. e O Dieu! quand sera-ce que le support du
prochain aura sa force dans nos cœurs? Quand sera-ce que nous serons tout détrempés en douceur et suavité envers notre prochain? Quand verrons-nous les âmes de nos prochains dans la poitrine sacrée du Sauveur ? Qui regarde le prochain hors de là, il court fortane de ne l'aimer ni purement, ni consiamimnent, ni également mais là, en ce lieu, qui ne l’aimerait? qui ne le supporterait ? qui ne soufirirait ses imper. fections? qui le trouvers.it de mauvaise grâce ? qui le trouverait ennuyeux ? Or, il est, ce proehain, dans le sein et dans la poitrine du divin Sauveur; il y est comme très aimé. et tant aimable que Celui qui l'aime meurt d'amour pour lui, | Oh! qu’il fait bon voir habiter les frères ensemble avec suavité, union, concorde et paix ! Ce que Dieu a uni en sang et en suavité est iuséparable, tandis que ce même Dieu règne en nous et il y règnera éternellement !
| Dieu soit béni!
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