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prindrent advis de respondre à trois heures après-disner, et de trois heures à cinq ; à laquelle heure ils obéirent au commandement des gens du duc, et ouvrirent les portes au sieur de Roubaix et aux autres ; et, par ceste fachon, fust prinse la ville et mise en la main du duc.»
: 1466, août. — Le seigneur de Roubaix à Ia prise de Dinant. Mémoires de J. Du Clercq; édition Buchon, livre V, chap. LXI.
« Le comte de Charollois voyant la malle obstination de ceux de Dynant, (1) après que touts ses engins feurent dressés, y commenchérent à jetter l'ung après l’autre, par si grande impétuosité, que ils ne cessoient trois ou quâtre heures ; lesquels durant, ceux de la ville ne sçavoient où sauver, et ne voyoient goutte;
(1) Gagnés par les fallacieuses promesses de Louis XI, les gens de Liège et de Dinant suscitaient par leurs révoltes de grands embarras au vieux duc Philippe qui, malgré le triste état de sa santé, avait voulu aller en personne les réduire et en tirer une éclatante vengeance. Elle fut, en effet, terrible.
La malheureuse ville de Dinant, si riche et si commerçante, fut livrée au pillage, qui se fit, avec une impitoyable cruauté, pendant quatre jours. Au milieu du désordre, les gens d'armes se pillaient les uns les autres et s'arrachaient les effets les plus précieux ; c’est ainsi que les sires de Roubaix et de Marœul qui tenaient une des portes et ne pouvaient assister au pillage, se firent une part en prenant le butin fait par d’autres. Le feu acheva la destruction de la ville: et des habitants qui y étaient retenus. Effrayés par ce châtiment, les gens de Liège se hâtérent de se soumettre, de livrer des Otages et de payer les frais de la guerre.
A Philippe le Bon, mort à Bruges le 4 Juin 1467, succède Charles le Téméraire. Les révoltes de Gand, de Bruxelles et surtout de Liège signalent le commencement de ce règne qui se passe en une suite continuelle de guerre contre Louis XI. Résolu d’avoir raison des Liégeois, le duc Charles se met en campagne vers le milieu du mois d'octobre, assiège Saint-Trond, taille en pièces, au village de Brustein, les révoltés qui arrivaient au secours de la place, et continue sa route vers Liège qui se rend à discrétion sauf le feu et le pillage. Le duc lui impose une forte amende, fait raser ses murs et l’humilie sur tous les points. Le sire de Roubaix, qui assista au siège de Saint-Trond et à la bataille de Brustein, suivit encore le duc, l’année suivante, au sac de Liège dont les habitants incorrigibles avaient repris les armes à l'instigation secrète du monarque français, qui fut présent à leur désastre. 1467-1468. (Mémoires couronnés de l'Académie de Belgique, T. XXII. Histoire de l'organisation militaire sous les ducs de Bourgogne, page 105 et 184, 108 et 186).
el estoit un droit enfer que d'y estre pour l'occision, foudre et tempeste que les engins foisoient en la ville....... le lundi vingt-cinquiesme jour d'aoust....... fust commandé que par l’ost,chacun se meist en poinct pour assaillir,et apportast chacun son fagot ; et comme chacun estoit prest environ cinq heures du vespres, ceux de la ville doubtants qu'ils ne polroient souffrir, sans touts mourir, ledit assaut, se rendirent à la volonté du duc...... Et le lendemain matin,on commencha à butiner.....
« Icelle ville de Dynant estoit réputée la plus riche ville que on sceuist et la plus forte. Le seigneur de Roubaix et le seigneur de Marœul, qui estoient sur la muraille rompue, r'ostèrent à plusieurs compagnons leur butin quant ils avoient quelque chose de bon, s'ils n’estoient forts assez. Chacun prenoit son hoste prisonnier, et mesme plusieurs enfants, petit et grand; mais il polroit sembler que Dieu souffrist ceste pugnition d'eux estre faite , tant pour ce qu'ils estoient excommuniés, tant pour la grande orgaeil et outrecuidance, dont ceux de la ville estoient pleins et ne crémoient Dieu ni homme. »
1467, 5 avril. — Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, ses gages de consciller ct chambellan.
Archives du Nord, Chambre des Comptes, B. 2066‘; original en papier; signature du seigneur de Roubaix.
« Ames très-chers et honnourez sgrs, messgrs dela Chambre des Comptes à Lille « Très chiers et honnourez sgrs, je me recommande à vous tant comme plus puis. Et vous plaise sçavoir que présentement j'envoye par devers vous Bourguelle mon pours(uivan)t porteur de cestes, vous priant très acertes et affectueusement qu'il vous plaise moy envoyer par icellui lextrait de la somme de sept vingt livres huit solz de quarante gros la livre, qui à cause de mes gaiges me sont deubz pour les mois d'avril a(nn)o LXIIII, de may et jusques au XVII° jour de juing, comme il appert par certaines cédulle signée de la main du maistre de la chambre aux deniers de mon très redoubté sgr Monsgr le duc de Bourgogne, et en ce faisant vous me ferez un très grand plaisir. Ce scet le benoit fils de Dieu qui vous, très chers et honnourez sgrs, ait en sa saincte et benaicte garde. Escript en ma maison à Roubaix le V° jour d'avril, a(nn)o LXVII. « Le tout vostre Pierre sgr de Roubais et de Herselle. »
1468, 6 juillet. — Épltaphe de Pierre de Vernay, curé de Roubaix.
Église Saint-Martin de Roubaix. Bas-relief en pierre bleue: Saint Pierre présentant à la Sainte Vierge, assise et portant l'Enfant-Jésus, le curé Pierre de Vernay, revêlu du rochet et agenouillé.
« Chi gist sire lierre de Vrenay en son ta(m)ps cures de Roubaix qui du sien propre fist faire et don(n)a cheste presente capelle en l'hon(n)eur et reverensce de monsigneur saint Pierre apostele ; (lequel t)respassa en la(n) M IfIT° LXVIII le VI de Juket. Priies pour same. »
Archives de Roubaix, JJ. 5. Calque d'une plaque carrée en cuivre (25° sur 25°), offrant, dans le champ, un calice et des ornements gravés, et sur les côtés l'inscriplion suivan(e :
« Chi gist sire Pieres de Vrenay, jadis curé de Roubaix, que à ses despens fist faire cette capielle de Saint-Piere. l’(rijes po(ur) same. » (1)
41469. — Nombre de feux à Roubaix.
Archives du Nord, Déclaration des villages et feux des pays dont l'on compte à la Chambre à Lille, dressée en 1469. — Extraits collationnés aux archives de Roubaix, BB. 16 et JJ. 16 (addition).
Bailliage de Lille
Croix. ............. soso LXIIT feux Roubais................., énososse CII Tourcoing................,........ VI" Wasquehal......................... LXXII
(1) Depuis la reconstruction de l'église, le bas-relief est encastré dans le mur latéral de la chapelle de la Sainte-Vierge. J'ignore ce qu'est devenu le carreau métallique qui se trouvait autrefois avec ledit bas-relief dans la rhapelle de Saint-Pierre et dont le calque a été levé en 1849, au moment où l’on démolissait cette partie de l'ancien édifice.
1469, 1er novembre. — Privilège de la draperie.
Archives de Roubaix, HH. II, n° 4 ; original en papier : signature de Charles le Téméraire.
Nous, Charles, duc de Bourgoingnie et de Brabant, conte de Flandres, etc. Conside(r}ans les bons et aggréables s(er)vices que nous a faiz p(ar)cydevant, fait chascun jour, et espérons que encoires fera cy-après n(os)tre amé et féal le sg" de Roubaix, à icellui avons dès mainten(ant) accordé, octroyé et donné, accordons, octroyons et donnons par ces p{rése)ntes, à sa requeste, aux manans et habitans de sa ville et paroissche de Roubaix, de grace esp(éci)al, puissan(ce) et auctorité, qu'ilz puissent doresen avant licitement drapper et faire draps de toutes laines, (4) portans seaul ou marque tel que led. sg° de Roubaix leur fera bailler affin qu'ils puissent de tant mieulx avoir yssue, et delivran(ce) de leurs d(ijtes denrées et marchandises. Promectons aud. sg’ de Roubaix lui baillier et faire expédier de n(ost)re d. don, octroy, et grace, nos I{ett)res paten(tes) telles qu'il app(ar)tiend(ra) pour joyr dicelle franchise par lui et ses hoirs ou aiant cause héritablement et à tous jours. Tesmoing n(ost}re saing manuel ey mis le p(re)mier jour de novembre lan LXIX, en n(ost)re hostel à la Haye en Hollande. Charles. »
. 4472, 21 juin. — Nomination par Pierre, seigneur de Roubaix, de Jacques Wery, prètre, comme chapelaln de Saint-Jenn.
Archives de Roubaix, GG. 208, n°1 : Chapelle Saint-Jean. Original en parchemin.
« A toulx ceulx qui ces p(rése)ntes l(ett)res verront ou orront, Nous, Pierre, seigneur de Roubais et de Herselle, chr, conseiller et chambellan de mon très
(4) Ces mots: quilz puissent doresenavant licitement drapper laisseraient supposer une antériorité illicite. La naissance de la fabrique de Roubaix aurait ainsi précédé l’acte ci-dessus qui n’aurait fait qu'en sanctionner l'établissement ; mais jusqu’à présent aucun document n'est venu confirmer cette hypothèse.
redoubté sgr, monsgr le duc de Bourg”, etc., certifie à tous que j'ay ordonné et ordonne p(ar) ces p(rés)entes à mess(ir)e Jacque Veri, pbre, estre mon chapellain à deservir et dire les messes que de japiecha ont esté ordonnées par feu monsgr mon père, que Dieu pardoinst, de les dire en la chapelle Saint-Jehan en l'égl(is)e parochial de Roubaix, est ass{avoi}r tous les jours messe et icelles du temps, res(er)vé le lundi que lors ledit chappellain est et s(er)a tenu de chanter à haulte vois la messe que on dist en l'honneur de monsgr saint Anthoine tous les lundis de l’an, et de faire en la fin de l'offrande de ch(ac)une messe unne reco{(m)mandation de ung de profundis et de unne pater no(ster) avec unne oroison ad ce s(er)vant, pour les ames des fondateurs et de tous nos bons amis trespassés. Et pour le salaire dud. chapellain auera et prendera tous les ans, tant qu'il desservira lad. chappelle, les biens qui senss(ui)ent et qui pour ce sont ordonnés. Premiers recevera led. chappellain à Garin de Ladesous, pour l'heure censier de nœuf bonniers quatorze cens seze verghes et trois quarts de verghe de terre gisans en Watrelos, de là le rieu.................. EEE .... snnssssocees (près de la Tanerie et du molin des Masures); lequel Garin en rent ch(ac)un an au t{er)me de le chandell(eu}r, mesure et havot de Roubais, trente six rasières trois havos de blé, et le doit livrer aussy avant que à l'ostel de Roubais, avalué, bon tamps malvais tamps, à dix et huit gros le rasière, qui monte trente trois livres dix et huit deniers. Et si recepvera encoir aud. Garin, pour sa cense d'argent qu'il doit ch(ac)un an, au t{er)me de le Saint-Jehan- Baptiste, vint deux livres dix solz de XX g(ro)s, monn(oie) de Flandres, la livre. À paier led. blé ch(ac)un an au t(er)me de le chandell(eu)r qui se paiera le prumier paiement à lad. chandell(eu)r l’an LXXII, pour le salaire de ung demi an esseu au Noel, aud. chappellain. Et si recevera led. chapellain aud. chens(ie)r lad. somme de vint et deux livres dix solz qui escherra au jour Saint- Jehan-Baptiste en l'an LXXIII sur son demi an eschéant aud. t{(er)me de la Saint- Jehan. Et si recevera led. chappellain à Jehan de le Grange de Breielles demoura(n)t à Anechin qui tient en cense douze cens de terre en frans alois du roy no(str)e sire, de sa court de Merre, gisans en deux pieches en lad. parosse d’Anechin dont l'un(n)e contient huit cens de terre tenans d’une p(ar)t à le terre du Fresnoit..
ss... et se en rent par an, au terme de le chandell(eu}r, deux rasières deux hotiaux de blé mesure d'Anechin; et les aultres HIIL° lie(n)nent à le terre des Breielles, ....... tes el en rent par an, au terme de le chandell(eu)r, unne ras(ière) de blé mesure d’Anechin et ung capon au terme de Noel, lequel monte emsamble à trois rasières deux hotiaux mesure ditte, à nous apréchié à vint-six
gros la rasière et quatre gros pour le chappon, qui font emsamble parmi le chappon quatre livres huit solz six deniers. Lesquelles parties rasemblées emsamble et que lui avons ordonné à recepvoir pour son salaire jusques à nofstr)e rapel, le somme de soixante livres de XX gros, mon(noie) de Flandres, la livre. Et ne polra led. chappellain recensier nulles desd. terres que ce ne soit du sceu et en la p(rése)nce de no(str)e recepveur et bailli de Roubaix. Et so(m)mes bien contens que led. chappellain mette lesd. terres en plus grant valeur qu'il polra et ce tout venant à son prouffit. Et co(m)menchera à chanter led. chappellain à le t(er)me Saint-Jehan-Baptiste l'an LXXII inclus et finant son terme le jour Saint-Jehan-Baptiste en l'an LXXIIT icludz. Et metera la main aux revenues dessusd. et recevoir les prouffis au terme de le chandell(eu}r prochain l'an mil III: LXXII, et au terme Saint-Jehan-Baptiste en l'an LXXIII co[m)me dit est. Et sera tenu led. chappellain tous les ans, huit jours ou dix d'avant le Saint-Jehan lay venir présenter au sgr de Roubais, ou à la dame en son absence, en leur demandant se leur plaisir est que il des(ser)ve lad. chappelle pour l’a(n)née ens- (sui)ant,-et lors led. sgr ou dame de Roubais luy diront leur bon plaisir. Ce fu fait à Roubais, le XXI° jour de juin l'a(n) de grace mil III‘ soixante et douze. En tesmoing de ce avons mis à ces p(rése)ntes no(strje seel armoyé de noz armes le jour et an dessusd. (Le scel manque).
1472, 18 septembre. — Épitaphe de François de Luxembourg.
Église Saint-Martin de Roubaix. Mausolée en pierre bleue : Un jeune seigneur, vêtu d'une robe à longs plis, est couché les pieds appuyés sur le dos d'un lion. (4) — Sur la face verticale trois écussons préparés attendent encore les armes de Luxembourg et de Roubaix. (2)
(1) La sculpture ne manque certainement pas de mérite ; malheureusement la tête et les mains qui, suivant l'usage du temps, étaient formées de pièces de rapport {en albâtre suivant le manuscrit cité ci-dessus), ont été détäthées. Un coup violent a brisé la tête du lion.
(2) Cette tombe , dont les différentes parties ont été retrouvées lors de la reconstruction de l'église, a été rétablie par les soins de M. le doyen Maes. Placée d'abord dans la chapelle du Sacré-Cœur, elle se trouve aujourd'hui, provisoirement sans doute , près des fonts baptismaux , où il est difficile de vérifier l'inscription.
« Chy gist Franchoys de Luxembourg, fils de hault et puissant sgr msgr Jacques de Luxembourg, sgr de Ricquebourg, de Ruminghien, de Sainghuin, et et de mad° Ysabeau de Robais, quy trespassa de ce siècle le XVIII jour du mois de septembre l’an mil III et LXXIT. »
Recueil d'épitaphes avec blasons coloriés ; manuscrit de la fin du XVI° siècle.
« Au cœr de lad. égl. au costé dextre de lautel , est une petitte tombe eslevée de marbre, ung petit enffant dallebastre quy est fils de mess. Jacques de Luxembourg sgr de Richebourg. *
Quatre écussons : 4. Luxembourg, d'argent! au lion de gueules, armé et lampassé d'azur, couronné d'or, la queue nouée, fourchée et passée en sautoir. (A) — 2. Des Baux, de gueules à une comète à 16 rayes d'argent. — 3, Roubaix. — 4. Ghistelles. (2)
1478, 21 novembre. — Le scigneur de Roubaix et Jacques de Luxembourg , son gendre, chargés de conduire le corps de la duchesse de Bourgogne aux Chartreux de Dijon. |
Manuscrit n° 49,099 de la Bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles, p. 391.
« Le duc Charles, par ses lettres données en l’abbaïe de S' Maximien lez la cité de Trèves, le 21 de novembre 4473, voulant faire thirer hors Gounai le corps de la duchesse, sa mère, et le faire transporter aux Chartreux de Dijon, pour y estre inhumée , comme elle avoit ordonné, deputa pour la conduicte dudit corps messire Jacques de Luxembourg et le s° de Roubaix , leur ordonnant se trouver audict Gounay le 40 décembre; escripvit et ordonna au gouverneur d'Arras d'ordonner aux nobles et prélats de sa juridiction de se trouver ledict jour audict lieu de Gounay pour y estre présent aux services et sollennités et de l'accompagner jusques à Valenciennes, où les nobles et estats de Hainault le debvoient recepvoir et mener oultre jusques à Namur, où sera samblablement amené le corps du duc son père. »
(1) Dans l'Histoire de la Toison d'Or, par de Reiffenberg, le lion des armes de Pierre de Luxembourg, aïeul de François, est armé d'or et non d'azur (p. 515). — Le père dudit François, Jacques de Luxembourg, brisait d'un lambel d'azur, (p. 528) ce qui se voit par les monuments du temps.
(2) Ces quatre écussons n'existent pas dans le mausolée.
1474, 3 juillet. — La seigneurie de la Masure, à Roubaix.
Archives dè Roubaix, Cartulaire de l'église, GG. 109, fol. 18.
Par-devant Jean de Vrenay, bailli à honorable homme Pierre de Vrenay, seigneur du fief et seigneurie de le Masure à Roubaix, et les juges de ladite seigneurie, Guillaume Roussel reconnait avoir vendu à Pierrart Descamps , un rejet tenu d'icelle seigneurie, s'étendant le long du chemin du Moulin de Roubaix vers le Waut, moyennant dix sous parisis, monnaie de Flandre, et un chapon de rente annuelle et perpétuelle ; pour sûreté de laquelle rente , ledit Pierrart Descamps assigne deux autres rejets qui lui appartiennent et dont l’un aboutit au chemin qui mène des Moulins de Roubaix à le Guimbrie.
1474, 10 juillet, a Roubaix. — Fondation de l'obit de Gérardine de Vernay. :
Archives de Roubaix , Cartulaire de l'église, GG. 409 , fol. 142 v°.
Grardine de Vrenay, demeurant à Roubaix, déclare donner, céder et transporter à l'église de Saint-Martin, Allard Bourgoiïs et Jacquemart Loquifier dit Fournier étant pour lors gliseurs et ministres de ladite église, une lettre de 53 sous de rente à elle appartenant et assignée sur un jardin séant à Lassus, à Wattrelos, nommé le Neuf-Ménage, à charge par icelle église de faire célébrer tous les ans et à perpétuité, dans la première semaine de carême, un obit à diacre et sous diacre, pour lequel le curé aura 8 sous, le clerc & sous, les diacre et sous diacre chacun 2 sous, et les pauvres de Roubaix 43 sous. « Ce fut ainsy faict, cédé, donné et transporté par ladicte Grardine, donateresse en ledite église de Roubaix présens à ce Guill(aum)e Roussel, pour lors bailly, Jehan de Buisnes , Jehan Prevost dict des Huçons ; eschevins................ pardevant Pierre de le Croix, clerc et notaire juré. »
1474 (V. st.), 26 janvier. — Amortissement de biens affectés à des fondations pieuses en l'église de Roubaix.
Archives du Nord , B. 4609 : Quatorzième registre des Chartes , fol. 210 v°.
Le receveur de Flandre confesse avoir reçu des margliseurs de l’église paroissiale de Roubaix, tant pour ladite église que pour la chapelle Saint-Pierre fondée en icelle église par feu sire Pierre de Vrenay, curé dudit Roubaix, la somme de quarante-huit livres huit sous trois deniers parisis de vingt gros, pour l’amortissement des parties ci-après « acquises, dotées et légatées aux dites église et chapelle » depuis soixante ans, savoir : sept quartiers de terre gisant à Roubaix, tenus du seigneur de Lannoy, de son fief des Bous ; item treize cents de terre tenus dudit seigneur de Lannoy, de son fief de Burie et de Courcelles, acquis des deniers de ladite église pour le luminaire qui se fait jour et nuit devant le Saint- Sacrement en icelle église ; — item trente-six sous de rente sur un bonnier de terre gisant audit Roubaix , que donna feu Pierre du Bois pour fondation d'un obit , comprenant six sous pour aumôner six pauvres personnes ; —- item un bonnier de terre gisant à Flers, tenu de l'échevinage d'Annappes ; huit cents de terre à Roubaix et un bonnier de terre tenu du Royaume (des Timaux), donnés par feu sire Pierre de Vrenay pour fondation de douze messes et un obit par an comprenant huit livres à convertir en pain pour être distribué aux pauvres. (4)
2474, (V. st.), 5 mars. — Pierre , Seigneur de Roubaix , donne quittance
de la solde des hommes d'armes ct archers sons son commandement dans la guerre d'Allemagne.
Archives du Nord, Chambre des Comptes, B. 2103 ; original en parchemin ; scel et signature de Pierre de Roubaix.
(4) La première fondation des douze messes, en 1446, comprenait trois quartiers ou 12 cents de terre ; Pierre de Vernay aura plus tard ajouté un quartier ou 4 cents de terre pour l'obit annuel. î
« Je, Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, chevalier, conseiller et chambellan de monsgr le duc de Bourg”, confesse avoir receu de Gui de Dompre dit Baudin , aussi conseiller et trésorier des guerres de mondit sgr, la somme de soixante dix huit livres seize solz du pris de XL gros, monnoye de Flandres, la livre, que par lordonnance dicellui sgr il ma délivré comptant pour le payement des gaiges et solde de six hommes darmes, sept archiers à cheval et XVIII archiers à pié estans soubz moy au service de mondit sgr en son p(rése)nt voyage et armée dallem(agne) passez à reveue lez le ville de Nusse (Neuss) (1) le dernier jour de fevrier an M III° LXXIHIT, (v. st.) et ce pour quinze jours entiers commenchans le XXVIII° jour de décembre LX XIII et finissans tous ensuivans. Au pris dessus à chacun desd. hommes darmes à lavenant de XII liv. dite monnoye, par mois, chacun archier à cheval IT liv., et chacun pieton LXIIIT sols aussi par mois reviennent aud. pris ensemble à lad. somme de LXXVIIH liv. XVI s. De laquelle somme du pris et pour la cause que dessus je suys content et en quicte et promets faire tenir quicte monsgr le duc, sond. tresorier des guerres et tous autres envers lesd. gens de guerre et chacun deulx pour sa part et portion, affirmant en ma conscience avoir continuellement entretenu au service de mondit sgr durant ledit temps tous lesd. gens de guerre. Tesmoing mes seel et saïng manuel cy mis led. V° jour de mars l'an mil IIIe soixante quatorze dessusd. (2)
(1) Petite ville de Prusse, sur la rivière d’Frft, que le duc Charles le Téméraire assiégea vainement pendant onze mois.
(2) Le scæau de Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, est en tout semblable à crlui de son père : Écu penché , d'hermines sous un chef, limbré d'un heaume rimé de deux grèves ; supporté de deux damoiselles. Légende fruste : « Pieres..…..….. Roub.......…. elles. »
1476, 15 décembre. — La seigneurie de In Hasure à Roubaix.
Archives de Roubaix, Cartulaire de l'église, GG. 409, f° 21 vw.
Pardevant Jean de Vrenay, bailli à honorable homme Pierre de Vrenay, seigneur de le Masure à Roubaix , et les juges de ladite seigneurie avec ceux empruntés à . Monseigneur de Roubaix, comme seigneur souverain, Guillaume Roussel, présentement bailli de Roubaix, reconnait avoir vendu à Pierrart Descamps un rejet tenu d'icelle seigneurie de le Masure, s'étendant le long du chemin du Moulin de Roubaix vers le vinage du Wault, moyennant six sous parisis et un chapon de rente annuelle et perpétuelle.
1476 (v. st) 28 mars. — Pierre, seigneur de Ronbaix et de Herzelles, l’un des juges du chancelicr Hugonet ct du sire d'Hnmbercourt.
Messager des Sciences et des Arts de la Belgique, 1838, T. VI, p. 366 : Traduction d'un acte cn flamand reposant aux archives de la ville de Gand.
« Marie, par la grâce de Dieu, duchesse de Bourgogne, .............. so... nsossosssoorses à nos bien aimés et féaux messire Éverard de la Marck, seigneur d'Aremberg, messire Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzeele, messire Philippe, seigneur de Maldegem, messire Henri de Withem, seigneur de Bersele, messire Jacques, seigreur de Mastaing, messire Jacques Unterlymmingen, chevaliers; aux échevins, aux conseillers et aux deux doyens de notre ville de Gand et à toutes notables personnes que les magistrats et doyens susdits choisiront à cet effet, Jean Offys et maître Aert du Bukelare, salut. Nous avons toujours désiré de tout notre cœur et de toute notre pensée et désirons encore que justice soit rendue et faite à chacun d'après ses mérites, et en particulier nous souhaitons qu'il soit bien et promptement statué au sujet des per-
sonnes de messire Guillaume Hugonet, chevalier, seigneur de Saillant et d'Espoisse, de messire Guy de Brimeu, seigneur d'Hymbercourt, comte de Meyghem, et de maitre Guillaume de Clugny, prothonotaire du saint-siège de Rome et administrateur perpétuel de l'évêché de Térouane, actuellement emprisonnés dans notre château de Gand, à cause de certains faits qu'on met à leur charge.
C'est pourquoi , à la prière des Trois-Élats de nos pays d'En-Bas, pour le moment rassemblés dans notre susdite ville de Gand, (4) età la prière d’autres bonnes gens ; confiant dans votre sagesse, discrétion, fidélité et bonne diligence nous vous commettons particulièrement, vous et chacun de vous, par ces lettres, à l'effet de vous rendre et de vous transporter auprès des trois prisonniers susdits, de les examiner ot de les interroger sur les griefs, excès et méfaits dont ils pourraient être accusés, de les entendre dans leurs défense et allégations; de faire toute information et enquête à leur égard selon l'occurence; de poursuivre leur procès, comme la matière le comportera; et au surplus de ne procéder à leur condamnation ou à leur absolution qu'avec l'avis et la délibération de conseillers, le tout d’après ce que la justice et votre conscience vous commanderont de mettre à exécution. Desquelles choses faire nous vous donnons à vous et à chacun de vous, plein pouvoir et commandement spécial ; et ordonnons à tous nos officiers et sujets de vous obëir et de vous seconder en cette affaire. Donné en notre ville de Gand, le 28° jour de mars, l'an de Notre-Seigneur 4476 avant Pâques. Par la duchesse, J. de Halewin. »
(4) Le duc Charles le Téméraire était mort au siège de Nancy, le 5 Janvier 1477 (n.st.), laissant Marie de Bourgogne, sa fille, alors agée de 49 ans, unique héritière de ses vastes domaines. Les États s'étaient réunis immédiatement à Gand et avaient réglé la formation d’un conseil supérieur composé par moitié de clercs et de nobles au nombre de 22 membres , représentant tous les États de la duchesse de Bourgogne. Parmi les quatre membres attribués à la Flandre se trouvait Pierre de Roubaix. (Kervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, T. V, p. 215.)
1477, octobre — 1478, 3 avril. — Courses à Roubaix de la garnison de Tournai.
Kalendrier des querres de Tournay (1417-1479), par Jehan Nicolay, publié d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Paris, par Frédéric Hennebert, dans les Mémoires de la Socièté historique et littéraire de Tournai, T. 2. (1)
Page 185. « le jeudy noefviesme (2) dudit moys (d'octobre) et feste de saint Denis et saint Guillain en le église, les gens de la garnison continuërent leurs monstres sups les dessusdits prez, et les aultres, quy en ce ne furent occupés, allèrent à Roubais, à Watrelots et ès aultres villaiges à l’environ, de où ils amenèrent grand nombre de butin en la ville de Tournay, de prisonniers et de biestés. »
Page 178. « Le joedy dix et huitiesme du moys » (de décembre), la garnison fait une course vers Chin et ramène, le soir, des prisonniers « entre les quels estoit Charles, bastart de Gistelle, del ostel de Roubais, et avoecq luy aultres vaillans hommes. » (3)
(4) La mort de Charles le Téméraire laissait sans protection et sans défense Ja jeune princesse Marie de Bourgogne, unique héritière de vastes domaines sur diverses parties des quels Louis XI élevait des prétentions. En même temps qu’il faisait entrer ses troupes dans la Bourgogne et s’emparait des villes situées sur la Somme qui avaient été engagées au duc Charles, l’intrigant monarque envoyait en Flandre Olivier le Dain pour soulever les Gantois contre la Duchesse. Le célèbre barbier échoua dans sa mission, mais il parvint à introduire par ruse, à Tournai, une garnison française qui fit, dit Philippe de Comines, « merveilleux dommages ès pays comme de piller et brûler maints beaux villages et maintes belles censes. »
Jean Nicolaï , commissaire de la cour spirituelle , a laissé, sous le titre de Kalendrier des guerres de Tournay, la relation quotidienne des courses, désastres et pillages excercés dans les environs par la garnison de Tournai. J’extrais de cette chronique, publiée en 1854, quelques passages qui intéressent Roubaix.
(2) Le texte imprimé porte par erreur évidente, Cinquiesme.
(3j Ce Charles de Ghistelles, qui fut grand bailli de Gand en 1494, était fils de Guy et neveu naturel de Marguerite de Ghistelles, dame de Roubaix.
Page 181.« Le lundi vingt noefviesme dudit moys (de décembre), tous les quatre cappitaines de Tournaÿ, avoecq leurs gs se partirent de ladite ville à six heures du matin, par la porte Coqueriel, et avoecq eulx plusieurs piétons et cars sans charge, et tournèrent sur Jes fossez vers le tour Blandignoise, et allèrent à Roubays où les paysans se estoient retrais au castiel, et les Franchois venus illecq approchièrent ledit lieu, lequel estoit fort et environné de fossez d'yeauwe, et ne avoient menez avoecq eulx quelque trait à poulre pour le batre, dont ils ne peulrent avoir ledit castiel, car ceulx de dedans refusèrent ouverture et tirèrent après eulx de trait à poulre et aultres, tant qu'ils tuèrent uog archier, quy fut rapporté en la ville de Tournay et enterré à Saint-Piat, et bleschièrent plusieurs hommes et chevaulx ; et adont les Franchois fustèrent le village et ardirent toutes les maisons, lant de la basse court dudit castiel comme dudit village ; et ce fait, lesdits Franchois revindrent en la ville de Tournay amenans avoecq eulx six prisonniers et XL beaux chevaulx et leurs cars chargiez de blets, de avaines et aultres biens et baghes prins audit village. »
Page 251. « Le vendredy troisiesme dudit moys (d'avril 4478), rentrèrent en Tournay plusieurs piétons yssus le viesprée précédente et allez à le Loire, de où ils ramenèrent bon butin de prisonniers et besles. Cedit jour revindrent aultres piétons quy la nuyt avoient allez, eux soixante, envers Roubais et y cueilliet grand nombre de bestail, lesquels ceulx du castiel dudit lieu et aultres paysans rescouyrent et occirent dix sept des dits piétons et les aultres se en retournèrent au mieulx qu'ils polrent. »
41481, 12 juin. — Achat par l'église de Roubalx de 538 sous de rente.
Archives de Roubaix, Cartulaire de l'église, GG. 109, f 6. |
Par-devant le lieutenant et les échevins de Wattrelos, Grardine de Vrenay, fille de feu Lothart, reconnait avoir vendu à Jean Cattoire, gliseur et proviseur de l'église de Roubaix, 53 sous de rente hérilahle et annuelle, assise sur un jardin sis à Lassus à Waltrelos, nommé le Neuf Ménage, moyennant 2 gros de denier à Dieu, 12 gros de carité, et 53 livres pour le gros du marché.
14883, ? Décembre, à Roubaix. — Fondation des cinq obiîts de Pierre de Roubaix et de Marguerite de Ghistelles, son épouse. |
Archives de Roubaix, Cartulaire des pauvres, GG. 226, [° 4.
Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, chevalier, et Marguerite de Ghistelles, sa femme, donnent à la carité des pauvres de Roubaix vingt-cinq livres par an, de 20 gros, monnaie de Flandre, la livre, à charge de faire célébrer chaque année en l'église de Roubaix, dans la chapelle où ils seront enterrés, cinq obits pour le salut de leurs âmes, savoir : le premier à Notre-Dame Candelier, le 2 février ; le deuxième, le jour de Notre-Dame, 25 mars; le troisième, le jour de l'Assomption de Notre-Dame, 45 août ; le quatrième, le jour de la Nativité de Notre-Dame, le 8 septembre ; le cinquième, le jour de la Conception de Notre- Dame, le 8 décembre; après chacun desquels obits il sera donné à sepl pauvres, hommes et femmes alternalivement, qui assisteront au service et iront à l'offrande une chandelle à Ja main, à chacun une paire de sorlés de la valeur de six gros, un pain de douze deniers et un lot de cervoise de six deniers ; au curé, pour son salaire, 9 gros ; à chacun des deux chapelains, 3 gros ; au clerc, 5 gros ; aux enfants de chœur ensemble, 2 gros ; à la fabrique, 7 gros pour le luminaire ; au pauvriseur, pour veiller à ce que tout soit exécuté, £ gros. Des vingt-cinq livres de cette fondation, treize sont assignées sur la terre et seigneurie de la Royère, appartenant audit seigneur de Roubaix, et douze sur la dime de Gondecourt appartenant à ladite dame Marguerite de Ghistelles.
1485, 14 Novembre. — Pierre de Marchenelles, écuyer, ballli de Ia seigneurie du Brœucq; — Le fief des Moulins de Wazemmes.
Inventaire des archives hospitalières de Lille; Hôpital Comtesse, n° 746; original en parchemin, scellé; copie en papier.
Pierre de Marchenelles, écuyer, bailli de monseigneur Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, chevalier, conseilleret chambellan de monseigneur le duc de Bourgogne, comte de Flandre, en son fief et seigneurie du Breucq, certi-
fie qu'en sa présence et en celle des hommes dudit fief, Philippe Bourgeois, dit de Houplines, et Marie Desprez, sa femme, ont déclaré qu'ils tenaient dudit seigneur de Roubaix «tout un fief et tenement appelé le fief des mollins de Wazemmes», duquel fief ils ont donné en arrentement perpétuel à Georges Margart, (pour l'hôpital comtesse), « deux mollins en une choque, tournans à eaue, les quatre ventelles, le fossé ou descend l’eaue des dites ventelles, et tout tel droit de cours d'eaue que les dits Philippe et sa femme y ont, » moyennant une rente perpétuelle de 300 livres parisis, monnaie de Flandre, avec faculté de racheter ladite rente par le paiement d’une somme de 6.000 livres parisis.
1485, 21 novembre. — Information relative à la quote-part de Roubaix dans l'aide accordée au Souverain.
Archives du Nord, Chambre des comptes, cahier non numérotée f° 46 w°.— Extrait collationné aux archives de Roubaix, CC. 4 (addition).
« Information prinse de la faculté et puissance des villes, villaiges et plat pays de la Chastellenie de Lille, Douay et Orchies, pour selon ce faire l’assiéte de l'ayde naguëères accordée à Mons. le duc par les quatre haulx justiciers ou leurs bailliz de ladite Chastellenie avec ceulx dudit Lille, montant, à tout comprendre, environ XXXIII” livres de XL gros la livre, à payer en trois ans et à deux termes en l’an assavoir chacun an XI" livres dite monnoye, moitié au Noël et moitié à la Saint-Jehan, dont le premier terme de la première IIT° année dudit accord escherra au Noël mil III HI V. »
« Du lundy XXI: jour de Novembre III" V.
« Pour RouBais, Pierre de Marchinelles, escuier, et Jehan Loquifier dit Fournier, el Pol Wauquet, qui affirmèrent que le village et parroisse de Roubais contenoit auparavant la gherre II° XLVIIL feuz que ungs que aultres ; et de présent, contient deux cents XXXVI feux, desquelz en y a prenant des biens des povres jusques à LVI ; auquel village y a XXV attellées que unes que aultres ; el paioient à la grande aide 11° XIII livres sept solz. »— Taxé à la somme de IlI* livres.
« Et prinrent les Franchois XXXIHII prisonniers au village. »
41495. — Neéchin.
Archives du Nord, Znventaire des titres de la maison d'Épinoy, 1, &6, f° III" V. — Extraits collationnés aux archives de Roubaix, JJ. 44 (addition).
« L(ett)res d'octroy pour le s' de Roubaix de pouvoir faire emmener les malfaicteurs d'Enuchin (Enechin, Anechin, Néchin) aux prisons de Roubaix, en datte de l'an 4485. »
14886, apres le 9 avril. — Le scigneur de Roubaix accompagne son parent Bauduin de Lannoy, seigneur de Molembais, se rendant près de Maximilien pour se justifier.
Jean Molinet, Chroniques; édition Buchon, chap. CL.
« Comment le seigneur de Molembais (4) s’excusa honorablement, en la présence du roi des Romains, d’aulcune charge dont il estoit notté.
Peu de jours après que le roy fut entré en Bruxelles à grand triomphe, (2) il donna audience au seigneur de Molembais en présence de monseigneur le chancelier et d’aulcuns autres grans princes et seigneurs; et le seigneur de Molembais, pour sa part, estoit accompagné de ses parens et amis, c'est assavoir de l'abbé de Saint-Martin, chancelier de l'ordre de la Thoison d'Or, des seigneurs de Lannoi, de Fiennes et de Boussu, chevaliers de ladite ordre, du seigneur de Main-
(4) Bauduin de Lannoy, seigneur de Molembais et de Solre, chevalier de la Toison d'Or, chambellan de l'archiduc d'Autriche, gouverneur de Lille et de Bouchain, était parent du seigneur de Roubaix dont la mère était une de Lannoy. Des calomnies l'avaient fait disgracier par Maximilien. « Les aulcuns disoient qu’il avoit entendement avec les François, et recepvoit annuellement pension du roi de France. »
(2) Maximilien venait d’être couronné roi des Romains à Aix-la-Chapelle, le 9 avril 1486.
goval, grand maistre d’hostel du roy, des seigneurs de Brimeu, (de) Roubaix, de Santes, d’Estrées, de Fontaine de Melun. Et pendant le temps que la proposition se faisoit, y survint messire Philippe de Clèves, le prince de Chimay, le seigneur de Sempy, ensemble plusieurs chevaliers et nobles hommes. »
Le seigneur de Molembais fit éclater son innocence, « et le roi, qui premier l’avoit suspect par l'incitation d’aulcuns haineux couvers, se contenta de lui, le réintégra en ses offices, où il se conduisit fort bien et vertueusement, à l’exaltation de son honneur et au grand reboutement et confusion de ses secrets émulateurs. » (4)
1486, 4 août. — Rente de 84 sous au profit des pauvres de Roubaix.
Archives de Roubaix, Cartulaire des pauvres, GG. 226, f° 3.
Achat par Guillaume de Drumez, comme ministre de la carité des pauvres de Roubaix, d'un marc de 34 sous parisis, monnaie de Flandre, de rente héritière sur une maison de la rue Esquermoise, à Lille, moyennant 5 sous de denier à Dieu, 64 sous de carité, et pour le gros du marché, 47 livres 42 sous, ce qui est à l'avenant de 28 deniers le denier.
1488 (v. st.), 15 janvier. — Le fief des Moulins de Wazemmes.
Inventaire des archives hospitalières de Lille ; Hôpital Comtesse, n° 755 ; — original en parchemin, scellé ; copie en papier. |
Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, chevalier, et Marguerite de Ghistelle, son épouse, dame de la seigneurie du Breucq, à la requête de frère Éloi de
(1) L'année suivante, le seigneur de Roubaix aidait de son argent un autre de ses parents, Jean de Lannoy, abbé de Saint-Bertin, conseiller de Maximilien et chancelier de la Toison d'Or, retenu prisonnier par les communes de Bruges et de Gand révoltées. (Les abbés de Saint-Bertin par H de Laplane, T. If, p. 578).
Faches, maître de l'hôpital Notre-Dame, dit Comtesse, à Lille, déclarent amortir, au profit dudit hôpital, l'acquisition des deux moulins de Wazemmes (voir n° 332) à charge de 40 livres derelief à la mort du responsable qui sera nommé par le dit Éloi de Faches ou ses successeurs en office ; à charge en outre, par l'hôpital, de servir certaine rente viagère à Jeanne de Roubaix, (religieuse d’Argenton), fille (illégitime) dudit Pierre, seigneur de Roubaix. (1)
1487, 8 mai. — Pierre de Marchencelles, écuyer, baîlli de la selgneurte du Brœueg; — le fief des Moulins de Wazemmes.
Inventaire des archives hospitalières de Lille, Hôpital Comtesse, n° 759; original scellé.
Pierre de Marchenelles, écuyer, bailli de monseigneur Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, chevalier, et de Marguerite de Ghistelle, son épouse, dame de la seigneurie du Breucq, déclare avoir reçu le dénombrement par lequel les maître, prieure, frères et sœurs de l'hôpital Notre-Dame, dit Comtesse, à Lille, reconnaissent tenir eu fief, de ladite seigneurie du Breucq, les deux moulins à eau de Wazemmes, et nomment pour responsable dudit fief, conformément aux lettres d'amortissement accordées par lesdits seigneur et dame du Breucq (voir n° 337) Jean Herencq, notaire apostolique et impérial, à Lille.
Demay, Séeaux de la Flandre, n° 5229.
Sceau rond de 26 mill. Écu portant un sautoir au lambel, penché, timbré d'un heaume, supporté par deux lions. S’Pieres de Marcinelle.
(1) Voir le no 348 ci-après.
1498, 14 janvier et 12 juin. — Fondation des obits de Pierrart èt Allard le Bourgois.
Archives de Roubaix, Cartulaire de l'église, GG. 109, fe 29.
Le 44 janvier 4487, (v.st.) Pierrart le Bourgois, fils d'Allard, fonde à perpétuité, en l'église de Roubaix, deux messes et obits par an pour le repos de son âme. Et certain temps après à savoir le 142 juin 4488, Allard le Bourgois, père de Pierrart, fonde, comme son fils, deux messes et obits pour lui et sa femme. À cette fin, lesdits Allard et Pierrart le Bourgois donnent à la fabrique de l'église un demi bonnier de franc alleu du roi de France, gisant en la paroisse d'Évregnies, avec faculté par leurs hoirs de le racheter au prix de 420 livres, lesquelles, en ce cas, seraient placées par les ministres de l'église en rente ou en achat de terre pour l’entretien desdites fondations. Pour chacun des quatre obits le curé ou vice-curé aura quatre sous, le clerc 2 sous, les ministres de l’église, pour leurs soins, prendront chaque année 40 sous ; ensemble 34 sous. Le surplus du revenu de la dite terre restera à l'église. Ce fut fait et passé par devant Léo Pinoti, notaire, sire Jacques Descamps, prêtre, vice-curé de Roubaix et autres.
1488 (N. st.), 28 février. — Rente de l’églisc de Roubaix sur un héritage tenu de la seigneurie de la Bouteillerie à Bondues.
Archives de Roubaix, Cartulaire de l'église, GG. 109, f° 46.
Par jugement des juges cottiers de la terre, justice et seigneurie de la Bouteillerie à Bondues, appartenant à madame Madeleine d'Oignies, veuve de monseigneur Jean de Croix, chevalier, est déclarée valable la saisie faite par Haine le Hière, margliseur de l’église de Roubaix, de 45 cents d'héritage sis à Bondues, tenus de ladite seigneurie, pour avoir paiement de trois années de rente, montant chaque année à 30 sous, monnaie de Flandre, dont ledit héritage ( était chargé au profit d'icelle église de Roubaix.
1488, juillet. — La rencontre de Wattrelos.
Mémoires en forme de chronique, ou histoire des querres et troubles de Flandres, mutinalions et rébellions des Flamens contre Maximilien, roy des Romains; (1) dans le Corpus chronicorum de J.-J. de Smet, T. IV, p. 543.
« En ca temps s’estoient renforchiez de garnison ceulx de Courtrayÿ, tant de Franchois que de Flamens, lesquelz sortirent dudict Courtray environ trois cens et vindrent faire une course et pillier vers Roubaix et Torquoin oùils prindrent plusieurs prisonniers, et estoit ainsy que leur conducteur, Pierre de Belleforière, dont j'ay parlé devant. Lors sonnèrent les cloches par lesdictz villages et se commenchèrent à assembler tant qu’ilz furent environ cincquante païsans, les premiers venant à Watrelos auprès de l'église où le feu estoit, et y estoient aulcuns Franchois qu'’ilz l'y avoient bouté, et les aultres, assçavoir le chocq. estoit oultre une petite eaue nommée l'Espierre, et de là lesdictz cincquante compaignons commenchèrent à tirer sur eulx des flèches, lors commencha la meslée à soleil levant, durant jusques à XII heures après-diner, ou au plus tard, mais les païsans croissoient tousjours venant au son de la clocq, tant qu'ils fusrent au nombre de III à V mil hommes païsans entre lesquelz y eubt XXX ou XL hommes de guerre qui estoient séjournants ès villages de Torquoin, Roubaix, Watrelos et à l’entour, entre lesquelz y avoit ung nommé Quartes, homme de cheval et gentil gailand, et ung autre nommé Merrie, homme d'armes, el Jehan de Lannoy, gentilhomme, lequel y eubt son oreille abatue sur la joue d’un cop de tail et ung nommé Gros Robin, et le Coing de le Rue, piétons, lesquelz avecq lesdictz paisans se portèrent si bien que de trois cents Franchois, n'en retourna que cincquante, et y eubst beaucoup de prins, entre lesquelz Pierre de Belleforière, et fust rescous le butin qu'ilz emmenoient.
(1) Ce mémoire est contemporain des faits qu’il rapporte. Il a été rédigé en 1490 par Jean Surquet, surnommé Hoccalus, né à Béthune, mais qui passa la plus grande partie de sa vie à Lille. Jean Surquet se donne le titre assez modeste de chanteur de gestes (De Smet)
344, 1491, 24 avril, — Charte des arbalétriers de Saint-Georges.
Archives de Roubaix, Registre des titres, délibérations et prestations de serment des arbalétriers, archers et canonniers, EE. 1, f° 4.
« Chi s’ensieut l’ordonnance faicte et mis sus par Piere, s' de Roubaix et de Herzelles, chevaliér, quy à cause que audit Roubais y a plusieurs quy fréquentent l’abbalettre et crenecryns, pourquoy est ordonné, que pour plus augmenter led. jeu de l’abbalettre, icelluy s"° et les abbalettries de un commun accord veuilent estre només d’icy en avant les abbalettries de plaisance sans estre només confrairie.
« Premièrement est ordonné que quiconcque vouldra entrer en la compagnie qui est nomée de plaisance en l’honnneur de monsieur S' Gorge, soit de Roubais ou dehors ladite ville, fault qu'il soit homme bien famé et renomé et digne d’estre en ladite compagnie, et après che sera tenu de faire le serment sur l'abballettre, en la présence dudit sr ou de son-bailly et en la p(rése)nce de deux abbalettries de ladite compagnie, de entretenire de point en point tout che que il s’en suit, c'est à sçavoir que à sa joyeuse entrée il sera tenu de payer quattre gros lesquels seront convertis au profit de S'-Gorge, et seront tenus tous lesdits abbalettries crenecryniers de avoir abbalettres ou crenecryns et trecs à ce servant quy soit à eux et non point par emprunt.
« En oultre est ordonné que le jour S'-Urbain quy est le XXVe jour de may, tous les ans, on tyrra icelluy jour le papegay, du main sy fait beau, auquel jour seront tenus lesdits abballettries et crenecryniers de plaisance de venir tirer pour y avoir roy comme est de coustume, affin que de tant plus soit exauchiet ledit jeu de l’abbalettre par les dessusdits abbalettries.
« Et cedit jour de S'-Urbain ou le dimence après, et que l'oiselet serat abbatu et que on aura un roy de plaisance, iront disner tous ensemble pour lesquels ledit disner sera appoinctiet et pour autres gens de bien se venire y veuillent, par condition telle que les proviseurs quy pour cheluy an auront esté choisy par un commun accord pour distribuer et rechepvoir les biens que pour cheluy an pourront venire au proufit dudit S'-Gorge, iceux proviseurs qui auront conduit la despense dudit disner, seront tenus de porter par escript en la fin dudit
disner touttes les parties de despenses qu'ils auront fait pour le convive, afin que en publicque il soit dit che que on aura despendu audit disner et après che dire à un chacun à combien il sera assis à escot, sans compter vin, car quy vin buvera vin payera au dessus de che qu'il aura esté assis à escot et pour ce chose à l'honneur dudit S'-George. | |
« En oultre est déclarez afin que nulz ne pense que on veuille aservire plus avant qu'il appertient en tel cas, il appert que non, car s’il advenoit ciaprès que aulcuns d’iceulx se volsissent mettre hors de ladite compagnie, faire le pouldra moiennant qu'il sera tenu de payer, pour son yssue, huict gros qu'il payera au jour dudit S'-George.
« Et pour toutte amour nourire ensamble et que pour tousjours augmenter ledit jea de l’abbalettre est ordonné que tous ceulx quy voudront venir tirer de l’abbalettre sur jour de dimence , au gardin des abbalettries audit Roubais auront deux gros pour cheluy jour et ce au proufit de table, pourveu qu'ils seront six abbalettries du mains; et se commencheront à payer lesdits deux gros le dimence après le S'-George el se le jour S'-George escheoit par dimence , par le dit dimence on le payeroit, et s’y durra tout long l'an jusque à le Toussain: lesquels deniers se prendront sur la revenu qu’est donné par ledit seig' de Roubais audit S'-George et que payeront lesdits proviseurs qui pour ce seront ordonnez. |
« Et ce n’est point à oublier, afin que ladite compagnie desdits abbalettries soit mieulx cognue entre les aultres seront tenus de porter soit en chaperon, paltot ou robbe la devise de mondit seig' que on nome le picquet. Et tout che est fait par l'ordonnance dudit seigneur et des abbalettries, el se aucune chose est ordonnée et mise sus par la plus saine partie desdits abbalettries tant pour l'augmentation et l'honneur d'icelle, soit par tous les aultres accepté et aggréable comme tous frères ensamble.
« Che fut fait le vingt quattriesme jour d'apvril l'an quattre vingt et onze présens comme abbalettries, Pierre, seigneur de Roubais et de Herzelles, chev.; Pierre de Marchenelle, baillieu dudit Roubais; Jean Fournier lieutenant dudit Roubais ; maistre Jacques Le Conte, Ruffain Maton, Willaume Le Clercq, Daniel
Pollet, Gilles Caplin, Pierrart......... ss. ... Malfait, Willaume Stepet, Philippot Le Clercq, dit Gadet ; Macut Roussel, Jean Parsis, Meaux Doutremaire, brasseur ; Willaume...... sons. Willaume Agache, Guilbert du
Pont, à che présens quy à ce dit jour payèrent chacun quattre gros à leur entrée, en accordant un chacun ja dite ordonnance ci - dessus déclarée.
« Et s’est ainssy que se la revenue dudit S'-George avoecq l'aumosne des bonnes gens peusistent tant porter que de tousjours dire messe tous les premiers jours des mois de l'an en l'honneur de monsieur S'-George , il sambleroit bon ainssy faire au dessus de che que cy desssus est ordonné. »
« Je, Anthoine Floris Monier, greffier du marquisat dudit Roubaix et notaire y demeurant, soussigné, ay fait la copie ci-dessus tirée de certaine chartre attachée à un tableau contenant l'escript, ordonnance et institution y mentionnée, Île tout escript en viese lettre en forme de caractère romain, au bas de laquelle se trouvent aucuns troux si comme en l'article contenant les noms des confrères présens à ladite institution, quy fait que ci-dessus se voit quelques noms et surnoms non parfaits, laquelle charte m'at esté mis en mains par les roy, conestable, et confrère de ladite confrairie des archalettries pour en faire copie à cause qu'il estoit difficile de la lire à présent et ci-après impossible, laquelle copie ainssy par moy faicte, après collation faicte à son originelle que dessus, je l’ay trouvé concorder de mot à autre mesme y ay observé les lettres quy composent chacun mot autant que m'at ésté posible, ce vingt huictième de may XVI huictante.» .
h A.-F. Monier, greff. 1680.» (1)
(1) La compagnie de Saint-Georges, que Pierre de Roubaix avait dotée d'un hôtel avec jardin, subsista jusqu'à la Révolution. En 1601-1602, les arbalétriers de Roubaix assistaient au concours ouvert par la Gilde de Saint-Georges à Menin. (Hist. de Menin parle dr Rembry-Barth, T. 4, p. 525.) En 1680, à l'époque où fut faite la copie ci-dessus, ils reformaient leurs cadres et prétaient serment entre les mains du lieutenant du marquisat, rappelant, dans ce serment, que leur compagnie avait été « érigée le 24 d'apvril 1491, par feu de glorieuse mémoire Mgr Pierre de Roubaix, en son temps chevalier, baron dudit lieu. » (Archives de Roubaix, EE. 1.) Lo 2 novembre 1685, les arbalétriers vendirent leur hôtel, cabaret et jardin de la rue Saint-Georges (ibidem EE. 2 (addition.) Ils en retinrent une rente annuelle de 109 livres 7 sous 6 deniers qui, avec celle de 91. 15 s. provenant de l’aliénation du cimetière de leur chapelle, avec les 52 livres allouées-annuellement par le seigneur de Roubaix, les droits d'entrée et de sortie des confrères et leurs cotisations formaient la caisse de la compagaie (lbidem, EE. 2).
C'était une compagnie quelque peu aristocratique que celle des arbalétriers ; on n’y rencontre que des noms appartenant à la bourgeoisie notable, aux échevins, aux notaires , aux médecins, aux manufacturiers. Une querelle de préséance, advenue, en 1705, entre eux et les canonniers, et portée devant la princesse d'Épinoy, donna lieu à un réglement qui leur assura, comme plus anciens, le premier pas et le premier rang sur lesdits canonniers, tant à l’aller qu’au retour, « dans toutes les cérémonies publiques, soit dans les processions, solennités et réjouissances, soit lors des réceptions des seigneurs dedans eu dehors le château et dans toutes sortes d'occasions, sans aucune distinction. » (Archives de Roubaix, BB. 4.)
. 1491, 25 avril. — Information relative à la quote-part de Roubaix dans l'aîde accordée an Sonverain.
Archives du Nord, chambre des Comples, cahier non numéroté, f° 90. — Extrait collationné aux archives de Roubaix, CC. 4. (addition.)
« Information faicte et tenue par Gilles Du Bos, conseillier du roy des Romains nostre sire, et de Mons. l’archiduc Phelippe, son fils, duc de Bourgongne et conte de Flandres, et Jehan Cuvillon, laisné, greffier de la gouvernance de Lille, ad ce commis et depputtez par messieurs de la chambre des Comptes ordonnez audit Lille le lundy XXVY° jour d'apvril l'an mil HII° IIIT* et unze touchant la faculté et puissance des villes, villages et plats pays de la chastellenie de Lille, Douay et Orchies, pour selon ce ou autrement ainsy que raison donra, estre procédé à la reffourmation de l'assiette des tailles et aides accordées ès villes et chastellenies de Lille, Douay et Orchies, selon la faculté et puissance quy sera trouvée ês-dites villes et villages, en ordonnant à chacun sa qualité.
« Pour Roupaix, sont comparus Pierre de Marchenelles, escuyer, bailly, et Jehan Fournier dit Locquifier, lieutenant, Jehan Île Prévost dit Huchon, Willaume Agache et Guillebert du Pont, manans, lesquelz ont affirmé que au dit village et parroisse y a IT‘ feuz que ungs que autres, des quelz en y a coëllant des biens de le povrelé jusques à IIIF* à cent feuz, entre lesquelz en y a tendant la main ung certain nombre qu'ilz ne sçavoient bonnement déclarer.
« Affirmant que depuis la darrenière assiette plusieurs manans ont esté démoahis et adnichillés. (1)
« Audit lieu y a jusques à XII] queruées de terre.
« Et sy a deux brasseurs et une taverne de vin.
« Et paie l'en de cense à l'avenant du bonnier LX gros en argent et III rasières de blé mesure de Roubaix wid et querquiet.
« Et vault le muy de Roubaix XIIIT rasières mesure de Lille.
(1) Annihilés, anéantis
« Et paient à le taille ordinaire par cruture II° XL ou L livres pour an, comme il leur semble. ES |
« Et sy dient que les hériliers tiennent à pencions pluiseurs rentes hériliè-
res el viagères. »
1493, 11 et 19 juin. — Fondation des messes de Ia chapelle Sainte- Croix.
Archives de Roubaix, Cartulaire de l'église, GG. 109, f° 7.
Pierre de Croix, écuyer, seigneur du Mez , reconnait ‘avoir vendu, le 44 juin 1493, à monsigneur Pierre, chevalier, seigneur de Roubaix et de Herzelles, pardevant Jean Loquifier, dit Fournier , lieutenant, et les hommes de fief de la ville, terre, seigneurie et justice de Roubaix, vingt-quatre livres parisis de rente annuelle et perpétuclle assignée sur la terre et seigneurie du Mez, tenue de la seigneurie de Roubaix, moyennant 2 gros de denier à Dieu, 2 francs de carité, un franc au courtier, et pour le gros du marché 480 livres parisis. — Cela fait duement et par loi, Pierre de Marchenelles, écuyer, bailli de Roubaix, transporte en mains de Guilbert du Pont et Jean de Lescluse, margliseurs de l'église de Roubaix, les vingt-quatre livres de rente au profit de demoiselle Jeanne de Roubaix, (1) femme de Jacques de Baudimont, sa vie durant, et après le trépas
(1) Jeanne, bâtarde de Roubaix, mourut bien peu de temps après cette libéralité dont elle était l’objet, probablement le {er mars 1494. On voit dans l'Invenfaire-sommaire des archives du Nord, B. 2148, par le compte du receveur général des finances de Maximilien, roi des Romains et de Philippe, archiduc d'Autriche, qu'en cette année 1494, fut donné « à Henry de Bailleul, escuier, seigneur de Donlieu, la somme de six cens livres à avoir des deniers venans et procédans du droit escheu à mesdits seigneurs ès biens demourez du trespas de feue Jehanne de Roubaix, en son vivant vesve de feu Jacques de Vaudémont, par droit de bastardise, au moyen de ce que icelle feue Jehanne estoit illégitime, pour récompenser ledit Henry et subvenir aux grans charges, fraiz, despens, intérêtz et dommaiges, à cause de sa prinse faicte par les François à la journée de Béthune, où il avoit longuement esté détenu. »
En 1556, le 1er mars, l’église de Roubaix célébrait encore un obit pour demoiselle Jeanne de Roubaix (Archives de Roubaix, compte de l'église, GG. 115, fv 19 vo ) — Le père de cette Jeanne de Roubaix n’est révélé par aucune indication précise; mais à voir l'intérêt que lui porle Pierre de Roubaix, il est à présumer qu’elle lui tenait de bien près. Une autre Jeanne de Roubaix, fille, illégitime sans nu! doute, de Pierre de Roubaix, était en ce moment, (4494), religieuse converse, professe au monastère d’Argenton. (Voir les nos 337 et 348).
d'icelle, au profit de l'église de Roubaix ; à charge par ladite église de célébrer à perpétuité deux messes par semaine en la chapelle de Sainte-Croix, « en laquelle mondit seigneur et madame sespeuze ont esleu leur sépulture. » Pour lesquelles messes avec collecte et De profundis, il sera payé par les gliseurs au chapelain, 23 livres, à charge par ce dernier de fournir pain, vin, et luminaires, et le reste, c'est-à-dire 20 sous par an, demeurera au profit de l’église. « Et sy a esté ordonné par moud. seigneur par moz expres que les seigneurs ou dames de Roubaix seront donateurs de icelles messes, pour y mettre à leur plaisir tel chapellain que bon leur samblera pour célébrer lesdites messes ; et se celuy que y seroit cominis ne s’en acquiltoit bien et deuement, il voeull que on le puist oster, et en son lieu aultre remettre quy soit de bonne vie et honeste conversation. »
1498, 31 décembre. — Achat par dame Isabeau de Roubaix de 26 cents
de jardin tenant à la runellc de Grimbrie et au chemin des Monlins.
Archives de l'Hospice de Roubaix, n° 4. Original en parchemin.
Par-devant Pierre de Marchenelles, baïlli de haut , puissant et redoubté seigneur, Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, Antoine du Bos, Henri de Buisnes, Gillart de le Tombe, dit Gontier, Gilbert du Pont, échevins, Pierrart des Pollets déclare avoir vendu à dame Isabeau de Roubaix, dame de Richebourg, au prix principal de 248 livres, monnaie de Flandre, 26 cents de jardin sis à Roubaix, tenant à la ruelle qui mène de la Chaussée à Grimbrie, et au chemin qui mêhe de Roubaix aüx Moulins. — Une main plus récente a marqué au dos de l'acte : 26 cents au Dieu flagellé.
41494, 31. mai. — Sœnr Jeanne de Roubaix, fille illégitime de Picrre de Roubaix, religieuse converse au monastere d'Argenton.
Inventaire des archives hospitalières de Lille; Hôpital Comiesse, n° 777; — Original en papier. |
Frère Jean de Clermes, « procureur, solliciteur et entremetteur des négoces, besongnes et affaires de l'église et monastère d'Argenton, » déclare avoir reçu de frère Éloi de Faches, maître de l'hôpital Comtesse, à Lille, la somme de 78 mailles du Rhin, de quarante gros, monnaie de Flandre, la pièce, pour le rachat d'une rente viagère due annuellement à sœur Jeanne de Roubaix, religieuse converse, professe audit monastère; laquelle rente avait été donnée par monseigneur de Roubaix à ladite Jeanne, sa fille (illégitime), et que ledit hôpital était chargé de payer à cause de l'amortissement qui lui avait été accordé par ledit seigneur de Roubaix pour les moulins de Wazemmes. (Voir le n° 337).
1495, 17 oc‘obre. — Épitaphe de Marguerite de Ghistelles, épouse de Pierre, scigneur de Roubaix.
(Voir ci-après l'épitaphe de Pierre de Roubaix, 1498, n° 357).
1496, 4 juin. — Jean de Langlée, écuyer, baïlli de la selgncurie du Brœucqg; — le fief des Monlins de Wazemmes.
Inventaire des archives hospitalières de Lille; Hôpital Comtesse, n° 781 ; — Original en parchemin, scellé.
Jean de Langlée, écuyer, bailll de madame Isabeau de Roubaix, veuve de Jacques de Luxembourg, chevalier, seigneur de Richebourg, de Cuinchy et de Sainghin, dame de la seigneurie du Breucq, déclare avoir reçu le dénombrement par lequel les maitre, prieure, frères et sœurs de l'hôpital Notre-Dame, dit Comtesse, à Lille, reconnaissent tenir en fief, de ladite seigneurie du Breucq, les deux moulins à eau de Wazemmes, et avoir nommé Jean Herencq, notaire apostolique et impérial, à Lille, pour responsable dudit fief.
4497, 24 juin — 1498, 23 juin. — Compte de la Table des pauvres. Archives de Roubaix, GG. 233, n° 4. Cahier in-folio.
« Comptes que font et rendent Piere Soriis et Anthoines du Bos, recepveurs et menistres de la table des povres............ pour ung an entier commenchant au jour S' Jehan Baptiste inclus lan M III: HIT” dixsiept et finant au jour S'Jehan Baptiste exclus lan M III INIT* XVIII, ches présens comptes en monnoye de Flandres XX gros pour la livre et 42 deniers pour le gros, ainsy qu'il sensieut :
« Et prumiers les arierages......... XXXIX liv. VI s. III d. II parts.
« Aultre recepte faite par lesd. menistres touchant les rentes deues à lad. table des povres » et assignées sur des terres situées « au rieu de le Moustrie, au Hustin, sur la voie qui maisne à Frommés, au lieu et au triez de le Huspière, (4) au lieu de le Wassenie, sur le chemin allant du Favril vers le Primpont, à le Grimbrie, tenant à le terre du Busquet, à le Tumasserie, (2) près de la terre de la capielle de Favreulles, à la Verde Rue, à l'Arondiel près des terres du Pret, au Fourquiet Pire, près du chemin qui maisne au Frasnoit, au ponchel de le Gasenie, (3) etc., XV liv. IX d. II parts. /
« Aultre recepte faite par lesd. menistres des terres apartenant à lad. table des povres données à cense.
«- VII: de frans aloeus gissant à Lers à l'issue du Pret, tenans de III sens à le terre Rollant de Quartes.
« Xe (et demi quartron) de terre gissant à Lers, au lieu que on dist au Reng de Saus (des Saux).
« Xe de terre tenans au Quasne Quatier.
« VIII de terre gissant devant le Pret.
(1) Huppière, Hupière, en 1502.
(2) Tomasserie, en 1504.
(3) Garsenie, en 1502; Gasegnie, en 1509.
« IlITe et les deux pars d'un C de terre tenue de Favreulles, (emprès le Triesson dans le compte de 4504). (4)
« Ie et demy de terre gissant au Pire (tenus de le Vassenie dans le compte de 45084 fol. XIII). (2)
« Somme XIX liv. I d. |
« Aultre receple faite par lesd. menistres en pluiseurs choses comme de dons de testamens et de pourcas fais avant l’église.
« Prumiers de Gilbert du Pont, recheveur de Roubaix, (et du receveur du Brœucy } à cause des obiis. fondés de par hault et puissant segneur monsgr Piere de Roubaix et de madame Magerilte de Ghistielles, sespeuses, lesquelz on fait en la craissine de chacune des fiestes de Nre-Dame, (XXV liv.) (3)
« Item rechut des pourcas le jour de Saint Jehan Baptiste, de le candaille, de la Visitation Nre Dame, de la Translation Saint Martin, de Nre Dame de son Asension, de la Procession de Roubaix, de la Nativité de Nre Dame, de le Toussain et du jour des âmes, de Saint Martin , del Conception Nre Dame, de la Nativité de Nre Segneur et du jour de Saint Estienne, de la Circoncision Nre Segneur, le jour des Rois qui est la parision Nre Segneur, de la Purification Nre Dame, del Aonontialion Nre Dame, de Pasques flories, du bon Vendredy Saint, de la Resurextion Nre Segneur el le lundy ensievant, de Pasques closes, de lasension Nre Sgr, de Saint Wrbain, de le Pentecouste et le [undy ensievant, de la Trenité, du Saint Sacrement, (XIX liv. XIX s. II d.)
« Item rechut pour la donne de testament de hault, puissant segr monsgr Piere de Roubaix, (XV liv.)
« Somme LIX liv. XIX s. III d.
« Toute somme de laditte recepte, ensamble lesd. arierages, monte à la somme de VE* XIHI liv. VI s. VIII d. parisis.
« Sensieut la mise et paie faite par lesd. menistres sur et à lencontre de lad. recepte tant mains et en deduction d'icelle :
A messire Jacques de Camp, vice curé de Roubaix , au clerc, aux ministres de l'église pour la célébration des obils ; — à messire Jacques Wery pour « l'ostelaige
(1) Achetés par les ministres des pauvres, vers 1367. (Voir le no 177). (2) Achetés par les ministres des pauvres en 1395. (Voir le no 183). (3) Voir l'acte du 2 décembre 1483, n° 331.
de mess'* de capitre de Tournay, XXXVI s. » Au doyen de Helchin pour son droit de visitation. — Rentes dues pour les terres des pauvres. — « Item païiet pour l'obiit Oste de Croix dit de Durmes (4) quil a ordonnet et fondet de nouviel, XXXI s. » — Distributions aux pauvres : pois, viande, vêtements, souliers, bois, argent, etc. — Dépenses de bouche à l'audition du compte, XIII s. — « Ariérages deus à lad. table des povres tant des vies comptes passés comme de ches présens comptes, XXVI liv. XII s. II d. »
« Ensamble la paiie avoecq les arierages porte IILL* XIII liv. VE s. VIII d.
« Ainsy apert que la recepte sourmonte lad. paiie et quil est deut par lesd. menistres, XXXVI liv. XIII s. VI d. parisis.
« Ches présens comptes furent rendus , clos et passés le XXV*° jour d’aoust l'an IT XVIII présens mess. Jacques Descamps, vice curé; mess. Mah. Odent, clercq ; Jehan de Langlée, bailli de Roubaix, et eschevins tels que Jehan Bourguet, Henri de Buisnes, Miquiel Catoire, Guillebert du Pont et autres tesmoings. »
4497, 1er août. — Don par dame Isabeau de Roubaix, à l'hôpital Sainte- Élisabeth, de 26 cents de jardin tenant a la ruclle de Grimbrie ct au chemin des Moulins.
Archives de l’Hospice de Roubaix, n° 4*, Original en parchemin.
Par-devant Jean de Langlée, écuyer, bailli de Roubaix, Antoine du Bos , Guillebert du Pont, Jean Loquifier, dit Fournier, et Pierrart Soris, échevins, Isabeau de Roubaix , dame de Richebourg, de Ruminghem et de Sainghin , veuve de Mgr Jacques de Luxembourg , déclare donner à l'hôpital qu’elle vient de fonder en la ville de Roubaix, pour l'entretien des sœurs et des pauvres chartrières, 26 cents de jardin acquis à celte fin et désignés dans l'acte du 31 décembre 1493. (Voir le n° 347).
(4) Seigneur de Wasquehal , mort à marier en 14481, laissant plusieurs bâtards. Gist aux Cordeliers à Lille, en la chapelle de Saint-François (Généalogie de Croix).
1497, 14 décembre. — Achat, par dame Isabeau de Roubaix, d'un lieu manoir avec 9 cents de terre sur le chemin de l’église au Moulin de Roubaix (rue Neuve).
Archives de l'Hospice de Roubaix, n° 5', Original en parchemin.
Pol Wauquet et Béatrix Pollet, sa femme, déclarent avoir vendu à dame Isabeau de Roubaix , au prix de 400 livres 40 sous, monnaie de Flandre, tout un lieu manoir, MmaisOn , grange, « portes marescauchies, esquais » et autres édifices comprenant 9 cents d'hérilage gisant à Roubaix , aboutissant d'une part au chemin qui mêne de l’église de Roubaix au moulin dudit lieu, d'autre part au bois du Trisson, et des deux autres sens aux héritages de ladite dame.
41497 (v. st.), février. — Picrre, scigneur de Roubaix et de Herzelles, chambellan de Philippe-lc-Bcau; amortissement de biens pour ses fondations piceuses.
Archives du Nord, Æegistre des chartes de l'Audience, B. 41709, f° 65 v°.
Philippe-le-Beau, archiduc d'Autriche, comte de Flandre, à la requête de Pierre, seigneur de Roubaix et de Herzelles, son chambellan, lequel « a, tout son temps, servy feux noz très chiers seigneurs ayeul et grand père Îo duc Philippe et Charles de Bourgoigne, que Dieu absoille, tant en leur hostel comme en leurs guerres, voyaiges et armées à grand coinpagnie de gens de guerre tant au siège de Calais, comme ès guerres de France, Flandres, Liège et en pluseurs autres lieux et places » lui accorde l'amortissement de biens jusqu'à cent livres que ledit seigneur a l'intention d'affecter à des fondations pieuses, afin de décharger sa conscience des excès qui ont pu être commis par lui et ses gens durant lesdiles guerres, « où souvent est advenue grande effusion de sang el autres dommaiges sur autruy et autre raison. »
1497 (V. st), 8 avril, avant Pâques. — Achat par dame Isabeau de Roubaix, d'un lieu manoir avec 3 cents de terre sur le chemin de
l'église à la chapelle Saint-Georges.
Archives de l’Hospice de Roubaix, n° 5°, Original en parchemin.
Per-devant Jean de Langlée, bailli, Antoine du Bos, Jean Boucquet, Jean Fournier, Michel Catoire , Pierre Soris, Henri de Buisnes et Guilbert du Pont, échevins, Olivier de Courchelles , de Néchin, déclare avoir vendu à dame Isabeau de Roubaix, au prix de 460 livres, tout un lieu manoir contenant 3 cents d'héritage, maison et autres édifices, tenant au chemin qui mène de l'église de Roubaix à la chapelle Saint-Georges , d'autre part au bien de Pol Wauquet et par derrière à la pature du seigneur de Roubaix.
1498, 9 mai. — Information relative à la quote-part de Roubaix dans
l'aide accordée au Souverain.
Archives du Nord, Chambre des Comptes, Registre D, 293, fol. 48 v°. — Extrait collationné aux archives de Roubaix, CC. 4 (addition).
« Information sur la faculté des habilans du plat pays de la chastellenie de Lille, Douay et Orchies faicte et commencée en avril III: HI et dix huit, faite en vertu de lettres de l'archiduc d'Autriche en date du 19 mars précédent.
« Pour le village de RouBaix comparurent sire Jacques Descamps, prebstre, vice-curêé, Willemme Agache, lieutenant du baiïlly, Guillcbert du Pont, receveur, Jehan Boucquet, Anthoine du Bos, Guillaume Brughois, Bynet de le Becque, collecteur, Pierrart Soris, Jehan Huchon, Hoste de le Cambre et Jehan de Lescluze, lesquelz, interroghiez sur le contenu ësdites lettres’ patentes affirmant : assavoir ledit sire Jacques in terbo sacerdotis et les autres par le serment de leurs corps que en ladite paroisse de Roubaix y a deux cens soixante feux dont les soixante prennent les biens de la carité des povres entre lesquelz une grant partie vont
demandant l’aumosne de maison en maison et le demourant sont gens labouriers et le plus part manouvriers gaignans leurs vies au mieulx qu'ilz pevent.
« Dient, sur ce interroghiez, que en ladite parroisse sont environ quinze à seize paires de chevaulx dont les treize servent à labourer les terres et les autres à voiturer pour autruy bois et autre chose.
« Interroghiez sur l’augmentacion ou dépopulation dudit lieu en gens et bestail, dient que en tant qu'il touche le nombre des gens il est plus grant qu'il n'estoit lors (1494) ; mais en ce lieu y ont perdu plusieurs gens de bien et puissans qui sont retirez ès lieux voisins tant à Watrelos que ailleurs et au regard du nombre du bestail 11z le tiennent moindre qu'il n’estoit en ladite année IIIF"* et XI.
« Dient qu'ilz ont paié et furny ceste année expirant à le Saint-Jehan prochain venant pour lous aides la somme de deux cens XXXIX livres de XL groz.
« Cette information a esté faite le IX° du mois de may III IT" et dix huict, en la ville de Lille. »
1498, 7 juin ct 1495,17 octobre. — Épitaphe de Pierre, scigneur de Roubaix , et de Margucrite de Ghistelles , son épouse.
Recueil d'épitaphes avec blasons coloriés ; manuscrit du XVI° siècle.
« À l’opposite de ces sépultures, au côté dextre de la nef, en la chappelle de S'-Croix, (4) est escript :« Ceste capel fist faire Pierre, s' de Roubais et de Herzelles, à l'honneur de Dieu, et madame Marguerite, fame et espeuse, et fondé à ses propres deniers, dont il a été pelerin, (2) et y esleu sa sépulture. » [celluy Pierre est en armes, et derrière luy deux fils tous à genoulz, en casacquins bien courts, (3) et Marguerite de Ghistelles chez luy. »
(1) La chapelle Sainte-Croix était au nord, à l’opposite, par conséquent , des chapelles de Saint-Jean- Baptiste et de Saint-Pierre où se trouvaient les sépultures déjà décrites.
(2) [1 manque sans doute quelque chose à cette transcription ?
(3) L'auteur se trompe : Pierre de Roubaix ne laissait qu'une fille unique, Isabeau de Roubaix, veuve alors de Jacques de Luxembourg, seigneur de Richebourg, qui lui-même n'avait laissé que des filles, ses fils étant morts jeunes. Les deux personnages « en casacquins bien courts, » ne sont pas des fils, légitimes du moins, de Pierre de Roubaix.
Écu de Roubaix : d'Hermines au chef de gueules ; heaume : couronné de gueules ; timbre : deux grèves ou jambières de sable ; hachements : d’hermines, repliés de gueules. — Autre écu en losange parti de Roubaix et de Ghistelles qui est de gueules au chevron d'hermines.
« L'épitaphe est telle :
« Chy gist noble et puissant chevalier Pierre , sgr de Roubais et de Herzelles, quy trespassa le VIT jour de juing l'an mil HII° III" XVII.
« Chy gist noble et puissante dame madame Marguerite de Ghistelles en son vivant feme et espeuse dud. sgr de Roubais, quy trespassa le XVIT° j. doctobre . l'an anil IIS HIT XV.
« Au devant de lautel en une lame de cuyvre : #
« Ha mort! de la quelle n’est chose plus certaine, et moins certaine que la vie, par vraye devotion fut faicle ceste chapelle en l'honneur et reverence de la S. Croix, où gist à present en pasture de vers le corps de noble et puissant chevalier et baron, qui ceste chapelle fit faire à ses propres deniers, qui en son temps fut conseiller et chambellan de Philippes duc de Bourgoigne et de Brabant, et de duc Charles son seul filz, princes et seigneurs desdicts lieux, et depuis de très-excellent et très-puissant roi des Romains et de Hongrie, qui eut espouse la la seulle fille du duc Charles, qui d'elle eut un seul filz appellé Philippes archiduc d'Austrice , duc de Bourg. de Brabant, comte de Flandre, et lequel seigneur en son temps de Roubais fut pelerin , et visila luy unxiesme de gens à ses despens les saincts lieux de Jerusalem, si comme le mont Calvaire, le S. Sepulchre, auquel leu il fut fait chevalier ; et le mont de Sinay, et plusieurs autres et saints lieux. Et en retournant dudict voyage, passa par le royaume de Cypre, de l'isle de Rhodes, auquel lieu luy fust monstré par le grand maistre de Rhodes la S. espine, qui flourit tous les bons vendredis de l'an. Et de là s'en alla par mer au pays du prince de Tarente, qui est en Pulle ; et de là se partist au royaume de Naple, là où il visita le roy en sa royalle majesté, qui alors portoit l'ordre du Toison. (1)
(1) n’y eut de rois de Naples parmi les chevaliers de ja Toison-d'Or qu'à partir de 1452, car de ce temps seulement date le règne, à Naples d’Alphonse V d'Aragon. D'un autre côté, Pierre de Roubaix dit plus haut qu’il fut armé chevalier à Jérusalem ; or il est qualifié chevalier depuis le 17 mars 1456 (n. st.) Le pélerinage s'est donc accompli dans les années 1453 à 1455.
Et de là s’en alla à S. Pierre et S. Pol à Rome là où il visita nostre S. Père et plusieurs saints lieux audict Rome. Et fut hors pour faire son voyage ung an revolu. Pourquoi en son temps passa périls mortels lant sur mer, comme en batailles, qui du temps furent faicts du duc Philippe et du duc Charles son fils cy dessus mentionnez. Lequel seigneur de Roubaix en recognoissant les graces que Dieu le créateur luy avoit faict de l'avoir retiré de tant de perils, il fonda et fit faire , en l'honneur de la douloureuse passion de nostre Sauveur et pour la rémission de ses pechez , la chapelle du S. Sepulchre audict lieu de Roubaix, à ses propres deniers, et fut dediée par Monsieur l'evesque de Tournay, abbé de S. Bertin. Et si fonda en ladite chapelle et amortist chacun jour de l'an perpetuellement une messe à estre celebrée par un chapelain tel qu'il plaira audict seigneur dudict lieu ou dame dudict Roubaix et non à autre. Et si fonda aussi à ladicte chapelle, tous les premiers vendredis des mois de l'an, messe solennelle à diacre et soubsdiacre avec procession, jouant des orgues à ladite messe. Et si fonda aussi en ladite chapelle , tous les vendredis de l'an , une louange qui se chantera à l'heure du soleil couchant, comme tout est contenu ëès lettres de ladicte fondation. Et si fut faicte en son temps , et de ses deniers la chapelle de S. George et de S. Sebastien audict lieu de Roubaix. (1) Et donna avec les reli-
(4) Ce vocable collectif établit que la compagnie des archers de Saint-Sébastien existait alors et que son origine est au moins contemporaine de l'institution en compagnie de plaisance des arbalétriers de Saint-Georges , qui eut lieu, comme on l'a vu, en 4494. (Voir le n° 344). Le compte de 1779 est le premier qui donne la date de l'institution de la compagnie des archers de Saint-Sébastien, « érigée audit Roubaix dès l'an 4400, par les anciens seigneurs dudit lieu. » Or, en 1779, il n'y avait pas trente ans que, conformément à l'ordonnance du lieutenant général de la Gouvernance et Souverain Bailiage de Lille, du 41 juin 1750, les archers de Saint-Sébastien avaient fait enregistrer les lettres d'institution ; lettres aujourd'hui perdues , mais que devaient connaître les comptables rt anciens confrères d'alors. D'un autre côté, on peut penser, d'aprés maints exemples, que, sous la plume des comptables, cette expression dès l'an 1400, signifiait dès le siècle 1400, c'est-à-dire dès le XVe siècle. Quoi qu'il en soit, la chapelle de S.-Georges et de S.-Sébastien resta le patrimoine de l’une comme de l’autre confrérie jusqu'en 1711. Le compte des arbalétriers, pour cette année, porte en recelte 142 liv. 4 s. 6 d., pour leur part dans la vente du fonds, et 90 liv. 2 s., pour autre moitié dans la vente des matériaux de la chapelle qui a été démolie. (Archives de Roubaix, EE. 9).
quaires et joyaux, et livres, et Lout ce qui appartient à la messe. Et fit faire en son temps la maison et chastel dudict lieu, (4) et clorre la bassecourt de murs, et si fit clorre le boureg dudict Roubaix de fossés, de hayes, et amasser de maisons, comme l'on peut veoir. (2) Et tout ce que dict est, le fit de son vivant en entière cognoissance de soû créateur et redempteur Jesus. Lequel füt né et baptizé à Herselles le premier jour d'aoust l'an de grace mil quatre cent quinze, et fina ses jours en attendant la miséricorde de Dieu l'an de grace mil quatre cents nonante huict, le septiesme jour de juin. » (3)
« Et-soubz ceste chappelle de S'° Croix gist aussy le corps de noble et puissante dame madame Marguerite de Ghistelle, dame de Roubais et du Breucq en son temps co{m)paigne et espeuse dud. Pierre sgr de Roubais, quy fut née et baptisée le 44° jour d'octobre l'an de grace 4415, et fina ses jours en attendant la miséri-
corde de Dieu l’an de grace 4495, le 47% jo(u)r d'octobre. En priant po(u)r eulx, en disant Pater noster. »
(1) Le château de Roubaix contenait dans son enclos, « parmi donjon, basse court, amassé de granges, escuries et estables , porte et plusieurs autres édifices enthourez d’eauwes , jardin de plaisance et aussi pour la cuisine, deux bonniers d'héritage. « (Archives de Roubaix, Cahier du Vingtième de Roubaix, renouvelé et corrige l'an 1633, CC. 1). |
Le donjon s'élevait au milieu d'une nappe d'eau ; une enceinte extérieure de fossés entourait la bassecour, le parc et les petagers, et communiquait avec la nappe en un point formant un angle rentrant résultat d'un détournement des fossés, opéré vers 1488, pour ménager un jardin convenable à l'Hôpital Sainte-Élisabeth. L'avenue aboutissait à la Place.— Le Musée de Roubaix possède une vue peu artistique, mais fidèle, des ruines de ce château, faite de mémoire en 1838. Sanderus, dans son 3e volume inédit de la Flandria illustrata, a aussi dessiné le plan en relief du château de Roubaix.
(2) Il est probable que Pierre de Roubaix intervint pour une large part dans la construction de la tour actuelle de l’église Saint-Martin, qui est de son temps et porte le millésime 1471.
(3) Texte emprunté à Buzelin, Gallo-Flandria, p. 84.
1499, 7 avril. — Cession aux ministres des pauvres d'une terre pour l’obit de Mgr Pierre de Roubaix, — Chapelle du Saint-Sépulcre.
Archives de Roubaix, Cartulaire des pauvres, GG. 226, { & vw.
Pardevant Jean de Langlée, écuyer, bailli de noble dame madame Isabeau de Roubaix, et les échevins dudit Roubaix, tels que Jean Boucquet, Jean Fournier, Michel Catoire et Henry de Buisnes, Guillebert du Pont, (receveur de Roubaix), déclare que l’acquêt de dix -cents et trois quarterons de terre, gisant en la paroisse de Néchin, a été fait des deniers de feu monseigneur Pierre de Roubaix, pour l’obit qu'il a fondé en l’église de Roubaix, dans la chapells’ Sainte-Croix où son corps gît, et qu'à celte fin Antoine du Bos et Pierre Sorÿs , ministres des pauvres, doivent en être adhérités, ce qui a lieu à charge par ceux-ci où leurs successeurs, à toujours, de faire chaque arnée, le cinquième jour de jun, dans l'après diner, chanter vigiles à neuf psaumes et neuf leçons et le lendemain, 6 juin, messe solennelle à notes, en ladite chapelle de Sainte-Croix, et de payer au curé, pour cet obit, 9 gros; au diacre, 2 gros; au sous-diacre, 2 gros ; au clerc, y compris le sonnage, 4 gros; à deux enfants de chœur, chacun 142 deniers; la valeur de % gros de cire pour aller à l'offertoire; à sept pauvres, chacun 12 deniers; à l’église, pour pain et luminaire, 6 gros; à la carité des pauvres, 10 gros; aux ministres, pour leur salaire, chaque année 3 gros ; ce qui fait ensemble &7 gros ; le surplus du revenu annnel de cet héritage revenant « aux gouverneurs ou proviseurs de la chapielle du Sepulchre aud. lieu de Roubaix, pour par lui en aceter une rasière de feves et une rasière de poipon pour autant que Île d. sourplus se pora estendre, pour sustenter de potage les povres qui se logeront en lade chappielle en temps de quaresme, et ainsi que plus ad plain le contient lordonnance dudict feu ; »à charge encore de tenir ledit héritage de la seigneurie. de Roubaix à huit deniers de rente et au double de cette rente pour le relief qui sera dù à la mort de Pierre Sorys et de ceux qui seront responsibles après lui.
1499, 1er noût. — Isabeau, dame de Roubaix et de Herzelles, donne aux religieuses de l'hôpital Sainte-Élisaheth le fonds et les édifices dudit hôpital, une masure et deux pièces de terres.
Archives de l’Hospice de Roubaix, n° 2. Original en parchemin.
Isabeau, dame de Roubaix et de Herzelles, veuve de monsgr Jacques de Luxembourg, en son vivant seigneur de Richebourg, de Ruminghem et de Sainghin en Weppe, rappelle que du vivant et du consentement de Pierre de Roubaix, son seigneur et père, elle a fait construire et édifier l'hôpital Sainte-Élisabeth, et pour que les sœurset pauvres dudit hôpital y demeurent en sûreté, et aussi pour que les administrateurs de cet établissement soient tenus de distribuer perpétuellement à trente pauvres, deux fois par mois, une rasière de blé convertie en trente pains, elle cède par don seigneurial, audit hôpital, la propriété du fonds et des édifices tels qu'ils sont assis sur cinq cents de terre aboutissant par devant au front du chemin contre le cimetière de l'église paroissiale, par derrière aux fossés de la basse cour du château de Roubaix, du côté de la Halle et lieu plaidoyable à l'issue dudit château, et de l'autre côté à l'héritage qu'elle a acquis de Pol Wauquet, au moyen duquel acquêt le chemin qui allait le long de l'héritage dudit hôpital est aboli. Elle y ajoute les parties ci-après : :
4° Une masure aboutissant au chemin qui mène de l'église de Roubaik à la chapelle Saint-Georges, tenant d’une part au jardin des Arbalétriers, par derrière au bois du Triesson, et d'autre côté à l'héritage acquis de Paul Wauquet et à l'héritage acquis de Olivier de Courcelles; — 2° 3 bonniers 1943 verges. de terre à labour tenant d’une part à l'héritage de Pierrart Carette, d'autre part aux haies allant jusqu'au Grand Chemin devant ladite chapelle Saint-Georges, et à la terre d'Olivier de Courchelles; — 3°9 cents de terre aboutissant au chemin . menant de Saint-Georges au Pret, d'autre part à l'héritage d'Olivier de Courchelles; de troisième sens aux héritages tenus en cens par Ruffin Maton; — à charge par ledit hôpital de payer chaque année aux seigneurs ou dames de Rou-
baix, en rente seigneuriale, une rasière de froment au jour de Saint-Remi, à la Noël un chapon, et au terme de mars une rasière d'avoine ; à charge aussi par l'hôpital de livrer homme vivant et mourant à la mort duquel sera dû le double de ladite rente, pour le relief. « En tesmoing desquelles choses nous avons ces présentes fait seeller de nostre seel armoyé de nos armes et signé par nostre main de nostre nom pour plus grande approbation de vérité, qui furent faites et données le premier jour d'aoust mil quatre cens quatre-vingt et dix-neuf, » — Signature d'Isabeau de Roubaix ; le scel manque.
1499, 16 août. — Isabeau, dame de Roubaix, donne a l'hôpital Sainte- Élisabeth trois maisons sur la Place, devant le puits.
Archives de l'Hospice de Roubaix, n° 3. Original en parchemin.
Isabeau, dame de Roubaix, déclare céder en don seigneurial, à l'hôpital Sainte- Élisabeth, trois maisons situées sur la Place de Roubaix, devant le puits, tenant d’une part à la maison où se fait la boucherie de la ville, et par derrière au jardin du château, à charge d'entretenir dans lesdites maisons une chambre, comme on a coutume de le faire, pour y loger les religieux qui viennent prêcher à Roubaix, de munir cette chambre de linges et ustenciles, et de donner aux religieux, chaque jour, deux faisceaux de bois, un fagot et une paire de chandelles. — Signature d'Isabeau.
1499, 13 novembre. — Isabeau, dame de Roubaix, donne a l'hôpital Sainte-Élisabeth cent livres de rente nssignées sur la seigneurie du Fresne, à Croix.
Archives de l’Hospice de Roubaix. n° 4. Original en parchemin.
Lettres de main assise de cent livres parisis données par Isabeau, dame de Roubaix, aux religieuses de l'hôpital Sainte-Élisabeth, sur le fief et seigneurie du Fresne, à Croix, consistant en un lieu manoir, maison, grange, four et autres édifices, comprenant 4° 43 bonniers 10 cent et 5 verges de jardin, prés, patures, chaingles et terre à labour ; 2° un bosquet de 24 cents ; 3° un autre bois nommé le bois du Fresne de 44 cents ; 4° des rentes dues chaque année par les tenanciers, savoir : 26 chapons à la Noël, 5 rasières d'avoine au terme de mars, et 40 sous 3 deniers à la Noël et à la Saint-Jean ; le tout tenu de la seigneurie du Brœucq, appartenant à ladite dame Isabeau el où se tiennent les plaids de ladite seigneurie du Fresne.
1499 (v. st.), 18 avril avant Paques. — Isnbeau, dame de Roubaix, donne à l'hôpital Sainte-Élisabeth une maison avec 9 cents de terre sur le chemin de l'église au Moulin de Roubaix, et une maison avec 3 cents de terre sur le chemin de l’église à la chapelle Saint-Georges.
Archives de l'Hospice de Roubaix, n° 5°. Original en parchemin.
Isabeau, dame de Roubaix, de Herzelles, du Brœucq, etc., en présence de Jean de Langlée, bailli, Guillebert du Pont, Jean Locquifier, dit Féurnier, Michel Catoire et Jean Boucquet, échevins, déclare céder par pur don seigneurial à l'hôpital Sainte-Élisabeth, pour l'entretien du service divin qu'elle y a institué, et la nourriture des pauvres chartrières et des sœurs qui y sont établies : {° l'héritage acquis d'Olivier de Courchelles, contenant 3 cents de terre (voir l'acte du 3 avril 4497 (v. st.); 2° l'héritage acquis de Pol Wauquet, contenant 9 cents de
terre. (Voir l'acte du 44 décembre 1497.)
1500, 4 mai. — Isabenu, dame de Roubaix, donne à l'hôpital Saiatce- Élisabeth % bonnicrs 15 verges de terre sur le chemin de la Crot-
sette du Pret,
Archives de l'Hospice de Roubaix, n° 6. Original en parchemin.
Isabeau, dame de Roubaix, considérant que les rentes dont sont chargés les héritages par elles donnés à l'hôpital Sainte-Élisabeth, sont assez considérables pour diminuer de beaucoup les revenus de celte maison, et voulant satisfaire pleinement à ses ‘intentions et tranquilliser sa conscience, de son propre mouvement et comme indemnité, donne audit hôpital : 4° 22 cents de terre aboutissant au chemin de la Croisette du Pret et tenant à la terre des pauvres (4); — 2 415 verges de terre aboutissant aussi au chemin de la Croisette du Pret, tenant aux 22 cents et à la terre de la cure de Roubaix (2) ; — 3° 43 cents de terre tenant au jardin de Pierart Gonticr et à la terre de la cure de Roubaix ; — 4° 9 cents de terre tenant aux 22 cents, à la terre de Robinet du Pret'et à la terre de Jean de le Becque ; le tout chargé de dime à la onzième gerbe, sauf les 9 cents qui dîiment à la 30° gerbe; faisant ensemble 3 bonniers 45 verges pris entre les 9 bonniers qui constituent le fief du Pret, ci-devant acquis par monseigneur Pierre de Roubaix. A charge par l'hôpital de payer chaque année, en rente seigneuriale, 42 deniers parisis de chaque bonnier et de livrer homme responsable à la mort duquel double rente sera due pour le relief. Nicolas de Werchin, Sénéchal de Hainaut, seigneur de Walincourt de Cysoing, ber de Flandre, et demoiselle Yolente de Luxembourg, son épouse, promettent de tenir et entretenir inviolablement et à toujours ladite donation qui est passée à loi par Jean de Langlée, bailli, Charles de Croix, écuyer, seigneur du Mez, Raphael de Drua, Guillebert du Pont, Antoine du Bos, Jean de Walles ct Jean Boucquet, hommes de fief de la seigneurie de Roubaix, le quatrième jour de may l'an de grace mil cincq cens.
: (1) Suivant une déclaration faite vers 1670 (Archives de l'Hospice, no 19), les 22 cents de terre aboutissaient au chemin de la Croisette du Pret vers le moulin du Fresnoy et tenaient d'un sens au nouveau cimetière des pesliférés (l'Épidem) et aux terres des pauvres, et de l’autre sens à la carrière des terres de l'Hôpital.
(2) Suivant la même déclaration les 415 verges tenaient à ladite carriere des terres de l'hôpital, à la terre de la cure de Roubaix, au chemin de la Croisette du Pret à Blanchemaille et aux terres de
l'hôpital.
1501, août et 26 septembre. — Amortisscment de 800 livres de rente à assigner au profit de l'hôpital Saiaute-Élisabeth par Isabeau, dame . de Roubaix, sur Ina seigneurie du Brœucq. |
Archives de l'Hospice de Roubaix, n°7'**. Originauz en parchemin. — Archives du Nord, B. 4642, Dix-septième registre des Chartes , fes 129 et 130.
Philippe, archiduc d'Autriche , duc de Bourgogne et comte de Flandre, à la requête d'Isabeau de Roubaix, dame de Richebourg, contenant que ladite dame, mue de dévotion, a naguère fait édifier un hôpital à Roubaix où elle est en volonté de fonder les heures canoniales et autre service divin, avec un certain nombre de religieuses pour faire célébrer ledit service divin, servir et alimenter douze pauvres femmes chartrières ; que pour satisfaire à ces charges elle a l'intention de donner audit hôpital jusqu'a la somme de 450 livres à assigner et hypothéquer sur la terre et seigneurie du Brœucq qui peut valoir 800 livres par an ou environ, l'archiduc, tout considéré, consent à l'amortissement demandé jusqu'à la somme de 300 livres parisis. « Donné en nostre ville de Bruxelles l’an de grâce mil cincq cens et un. »
Jean Ruffaut, clerc ordinaire en la chambre des Comptes , commis à la recette des finances procédant des amortissements, reconnaît avoir reçu de dame Isabeau de Roubaix la somme de 600 livres de 40 gros pour la finance des lettres d’amorlissement par elle obtenues de la somme de 300 livres parisis par an, à assigner au profit de l'hôpital Sainte-Élisabeth, sur la seigneurie du Brœucq. « Tesmoing mon seing manuel ici mis le vingt sixiesme jour de septembre l'an mil cincq cens ctun. »
p'avons peu admortir que trois cens livres de rente sur la terre du Brœucq, nous donnons à l'hospital Sainte-Élisabeth à Roubais les cent et cincquante livres de rente héritière à rachat que nous doivent chacun an los villes et chastellenies du West pays de Flandres, (1) et se lad. rente se rachetoit nous voulons que les deniers soient employés en achat d'aultre rente au prouffit dudit hospital. En tesmoing de ce nous avons à ces présentes lettres fait metre le seel aux causes de ladite ville, le XIIe jour d'aoust l'an mil Ve et deux. »
1502, 25 mani. — Épitaphe de dame Isabeau de Roubaix. Recueil d'épitaphes avec blasons coloriés, manuscrit de la fin du XVI: siècle.
« A l'hospital dudict Roubais , au costé dextre du cœur dessoubz une arcure est un mort couchié sur terre eslevé, et est la représentation d’une dame accoustrée d’une robe noire fourée d'hermynnes, ung grand cœuvre chief dessus la teste, à larges manches. Son chief, mains et viaire sont d’ allebastre. Les armes et épitaphes sont tels : »
Trois écussons : Roubaix, — Luxembourg et Roubaix, — Ghistelles.
« Chy gist attendant le dernier jugement de toute nature humaine, le corps de noble et puissante dame , Madame Isabeau de Roubaix, vesve de fen hault et puissant seigneur Monsieur Jacques de Luxembourg, en son vivant chevalier, seigneur de Richebourg, de Ruminghien, de Sainghin , baron de Montmiral, d'Aniche et de la Bazochegonet, douaigière desdicts lieux , dame de Roubaix, de Herselles et de Cannebourg ; (2) lequel seigneur de Richebourg termina vie par mort au chasteau de Mante sur Seine le vingtième jour d'aoust l'an mil quatre cents quatre vingt et sept, et gist son corps à l'abbaye de Chercamp lez S.-Pol avec les corps de bonne mémoire haut et puissant prince monss. Pierre, comte de S.-Pol
(1) Les villes de Bourbourg, Bergues, Nieuport, Dunkerque, Furnes et Dixmude, (Archives de l'Hospice de Roubaix, no 12, acte d'amortissement).
(2) Mauvaise lecture sans doute. Cette localité m'est absolûment inconnue et ne figure ni avant ni après 1502 parmi les possessions de la maison de Roubaix.
et de très illustre princesse madame Marguerite des Baux, ses père et mère. Icelle dame de Roubaix seulle fille et héritière de noble et puissant monss. Pierre de Roubaix, seigneur de Roubaix et de Herselles, chevalier, et de madame Marguerite de Ghistelles, dame du Brœucq et.de Wasquehal , sépulturez en l'église paroissialle de Roubaix, laquelle par affeclueuse et ardante dévotion a faict cest hospital, et fondé de ses propres deniers à l'honneur de Madame S. Élisabeth, et en iceluy lieu a ordonné et institué sept heures canoniales estre chantées perpéluellement et à tousjours : et y fut la première pierre par icelle dame fondateresse mise et assize le 24° jour de mars l'an 4888. Et y vindrent les noires sœurs faire leur résidence pour administrer et servir aux douze pauvres femmes chartrières , débiles et languissantes l'an 4494. Le tout selon l'ordonnance de ladicte dame, comme plus à plain peult apparoir par lettres de la fondation sur ce faictes. Laquelle verlueuse dame , après avoir faict plusieurs autres œuvres méritoires et charitables, en l'eage de soixante-huict ans, plaine de vertus, rendist le dernier soupir l'an de grace 4502 , le 25° jour du mois de may. Priez Dieu pour son âme. » (1)
(1) Texte de Buzelin, Gallo-Flandria, p. 85. — Outre François de Luxembourg, mort jeune , (Voir son épitaphe, 1472) Isabeau de Roubaix avait eu de son union avec Jacques de Luxembourg, trois filles :
10 Isabeau de Luxembourg, dame héritière de Richebourg, de Ruminghien, de Wingles et du Brœucg;, mariée par contrat du 148 mars 1485, ({nventaire des titres de la maison d'Épinoy, fo CXXXI) à Jean de Melun, comte d'Épinoy, connétable de Flandre, baron d'Antoing, de Boubers, etc., qui mourut le 29 juillet 1504. Elle-même mourut le 22 février 1519 et fut inhumée à Béthune, dans l'église des Annonciades où l'on voyait son épitaphe.
20 Yolente de Luxembourg, dame héritière de Roubaix, de Herzelles, de Wasquehal, épouse de Nicolas de Werchin.
30 Louise de Luxembourg à qui sa mère fit une rente de 1400 livres en 1497. (Invenfaire des titres de lu maison d'Épinoy, fo XXXII) Elle épousa en premières noces Jean de Ghistelles, seigneur de Dudzelles, et en secondes noces Antoine de Croy, seigneur de Sempy, chevalier de la Toison d'Or, second fils de Philippe, comte de Chimay. Elle est morte le 18 avril 1518.