‹ Sources de l'histoire de RoubaixChapitre 20 sur 21 · SL · texte numérisé non relu

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prétendant que le défendeur n’était pas fondé dans sa requête, et desenquètes contradictoires ayant été faites, l'affaire fut évoquée au Conseil de Flandre qui adjugea audit demandeur ses conclusions. Les défendeurs en appelèrent au Parlement de Paris.— La Cour du Parlement annulle l'évocation faite au Conseil de Flandre, décla-

F rant qu’à bon droit le demandeur a porté sa requête devant les baiïlli et hommes de fief de la Salle de Lille et fait saisir le fief du Brœucq pour avoir due solution de sa cause, et ordonnant que le payement de ladite somme de cent francs d’or ‘aurait lieu sur les revenus et produits de ladite terre. — « Pronunciatum vicesima octava novembris anno Domini M° CCCC*° LXI°. » (1)

146%, Ÿ1 mai. — Guillaume du Bos , baïlli de La seigneurie du Brœuceg: — le fief des Moulins de Wazemmos,

Inventaire des archives hospitalières de Lille; Hôpital Comtesse , 2° 659 ; capie ‘en parchemin.

Acte d’adhéritement donné par Guillaume du Bos, bailli, et par les bommes:de fief ‘de la seigneurie du Breucq , appartenant au seigneur de Roubaix :et de Her-

Gérard, chevalier de Ghistelles, l’un des fils de Jean VI, fut seigneur de Wasquehal-paroisse, du Brœucq et de Wasquehal-La Marque; il avait épousé Isabelle, dame héritière de. Mosre, dont il-eut-plusjeurs enfants. Guy de Gbhistelles, ici en cause, dit le Vieux pour le distinguer de son..fils et de son neweu du même nom, seigneur de Wasquehal-paroisse jusqu'en 1460, était le second fils de Gérard:de Ghistelles et d'Isabelle , héritière de Moere. Il avait épousé en premières noces Margusrite de Vos, héritigre d'Axelles, qui lui avait donné 10 Guy, seigneur d'Axelles , mort -en célibat en. 4476, selon. Rujkens ; 20 Jossine, dame de Wasquebal-paroïsse par retrait, en 4460., et d'Axelles après .son frère ; mariée depuis le 142 août 1445 à Pierre.de Bergues-Saint-Winoc, seigneur de: Cobem , d'Ollehain, etc,;. 32 Marguerite, alliée à Colard Vilain, chevalier, seigneur de Liedekerke. — D'epnès le dénombrement.de la.tarre de Roubaix en 1401, Guy de Ghistelles était aussi :seigneur. de Waaquahal-La. Marque, .majs,il dut pans doute céder cette seigneurie. à son frère afné Jean , car suivant le -dénombroment de 4458 oui, la .posséda et La transmit à sa fille Marguerite de Ghistelles ,-épouse de. Pierre, .epjgneur .de Roubaix. {Archives de Roubaix, AA. 2). — La procédure d'appel ici. analysée, . qui s:horme : à rappeler le jugement des hommes-de flef de la Salle de:Rille, ne donne pas l’origine-de optte :remda de:@90 ftancs d'or, mai il

se;pourrait .que ce fût le.prix.de la cession du domaine:de. Wasquehal+la:Slenpee. :t1)-D'après une copie communiquée par M. Henri Frémaux , de’ Bille.

zelles, chevalier, conseiller et chambellan de monseigneur le duc de Bouryogne, comte de Flandre , et à dame Marguerite de Ghistelle, son épouse, de tout un fief et tenement « appelé le fief des Moulins de Wazemmes, » acquis de Jean Juppin , écuyer, par Jean Le Bourgeois, dit de Houplines, moyennant ke prix principal de 2,200 livres , monnaie de Flandre, prix qui fut porté à 3,000 livres par suite d'une expertise ordonnée par le seigneur de Roubaix.

1462 (V. st), 6 avril avant Pâques. — Pierre, seigneur de Roubaix, chevalier, en procès avec lc magistrat de Lille au sujct d'une amende infligée par celui-ci à an habitant de cette ville pour avolr été boire A la brasserie du Virondel dans La paroisse de Fives, sur le domaine du Brœucq faisant partie de ln seigneuric de Roubaix. — Condnamnation dun magistrat de Lille à une amende de 60 livres, à la restitation et anx frais.

Archives nationales, Parlement de Paris, jugés et arréts, registre X. 93, fol. 57.

« Constitutis in nostra Parlamenti curia dilecto nostro Petro, domino de Roubaix , militi, domino du Bosquiel et Martinet du Buz a dilectis nostris preposito, majore et scabinis ville de Insula appellantibus , ex una parte, et dilectis preposito et scabinis dicte ville de Insula appellatis et intimatis ex parte

Les appelants exposent que le seigneur de Roubaix, chevalier, possède plusieurs belles terres et beaux domaines entre lesquels le domaine du Brœucq près de Lille, incorporé à la seigneurie de Roubaix qu'il tient en hommage du duc de Bourgogne à cause de sa Salle de Lille, et dans laquelle il a toute justice haute, moyenne et basse, et aussi, audit Brœucq , nne brasserie appelée Le Virondel ; lequel domaine du Brœucq, situé hors de la porte Derigneau, est entièrement exempt de la juridiction de la ville de Lille, de telle sorte que le prévôt, le maïeur et les échevins de cette ville ne peuvent ni ne doivent exploiter dans ledit domaine ni prendre connaissance d'aucun cas ou délit ; que de plus ledit seigneur de Roubaix, ses gens, ses hôtes et ses sujets sont exempts des tailles, subsides et impôts qui se lèvent dans la ville ; qu'enfin lesdits prévôt, maïeur et échevins ne peuvent ni ne doivent, par lears bans ou édits, attenter aux libertés et fran-

chises des habitants de la châtellenie dont les gens , hôtes et sujets du Brœucq font partie. |

Disent encore les appelants qu'entre plusieurs hommes, sujets et hôtes, élablis dans le domaine du Brœucq, Jean du Bosquiel, y demeurant, possédait plusieurs terres et héritages tenus du seigneur de Roubaix et sur lesquels il avait depuis longtemps fait construire une brasserie où l’on vendait de la bière en gros et en détail, sans contradiction ni empêchement et sans y être soumis à l'impôt qui se lève sur les boissons dans la villé de Lille ; que néanmoins les intimés, prétendant, sous ombre de certaines lettres obtenues du duc de Bourgogne, que personne ne pouvait brasser de la bière à une demi-lieue de leur ville, avaient fait défense au sieur du Bosquiel et à son brasseur de brasser et de vendre de la bière; que contre cette défense le seigneur de Roubaix et le sieur du Bosquiel avaient appelé au Parlement de Paris; que nonobstant cet appel les intimés , sous couleur d’autres lettres obtenues du duc de Bourgogne , avaient fait publier un édit qui faisait défense à tous bourgeois et manans de Lille d'aller boire à la brasserie du Virondel et d'y acheter de la bière en pot ou autrement, sous peine d'une amende de 10 livres.

. Les intimés répondent que, pour la conservation de leurs droits et prérogatives et pour obvier aux fraudes commises par les appelants et autres, ils avaient fait, avec raison et en vertu des lettres du duc, défense aux bourgeois et justiciables de leur ville d’aller boire dans les lieux où l'on ne payait les droits d’accise ni au profit du duc ni au profit de la ville ; que bien que cette défense ne touchât pas les appelants, ceux-ci avaient , à tort, ajourné Île lieutenant du bailli de Lille devant le Parlement et incité Martinet du Bus , qui avait été condamné à l'amende de 40 livres, à appeler de cette condamnation. Les intimés concluent à ce que les appelants soient déboutés de leur anpel et condamnés aux frais, dommages et intérêts.

La Cour, par son arrêt, déclare que les intimés ont à tort publié, procédé, dénié , recusé et appointé,; qu'ils payeront une amende de 60 livres parisis à affecter au service de la première messe qui se célèbre dans la chapelle du palais ; qu'ils restitueront à Martinet du Bus l'amende qu'ils lui auraient infligée en vertu de leurs édits, et les condamne aux frais de l'appel. — Pronunciatum VI® die aprilis anno millesimo CCCC* LXIS' ante Pascha. (1)

(t) D'après une copie de grande étendue, communiquée par M. Heuri Frémaux, de Lille.

1464, 8 juillet. — Épitaphe d'Aignès de Lannoy, épouse de Jean. scigueur de Roubaix.

(Voir l’épitaphe de Jean de Roubaïx, ci-dessus , 1449, n° 298).

41464 (V. st.), 1° semaine de mars. — Pierre, seigneur de Roubaix, s'empare du châtenan de Lannoy.

Mémoires de J. Du Clercq ; édition Buchon, liv. V, chap. XXII.

« En ceste propre semaine aussi (environ le commenchement de mars l'an dessusdit soixante-quatre, en la propre semaine que le duc fust troublé à son fils), Pierre, seigneur de Roubais , chevallier, et autres chevalliers et escuyers de la bastellerie de Lille, avecq eux plusieurs gens de guerre, par le commandement du comte de Charollois, allèrent et prindrent la ville et chastel de Lannoy, y cuidant trouver le seigneur de Lannoy, chevallier, gouverneur de Lille et bailli d'Amiens , nepveu du seigneur de Croy; lesquels faillirent de le trouver, car il fust de leur venue adverti; si s'en partit lui, sa femme et ses enfants, et emporta son or, son argent et ses bonnes bagues, dont il avoit largement ; et s'en alla à Tournay, qui est à deux lieues près dudit Lannoy. Icelluy estoit gouverneur de Hollande, et estoit moult riche. (4)

(1) Suivant une ancienne tradition du pays , les seigneurs de Roubaix et de Lannoy se faisaient fréquemment ja guerre. D'immenses souterrains joignaient, dit-on, les deux villes et devenaient le théâtre de luttes terribles que la haine mutuelle de ces seigneurs ensanglantait chaque jour. Évidemment cette tradition prend sa source dans les discussions intestines qui divisaïent la cour du vieux duc Philippe, fruits de l'astuce du monarque français, et auxquelles Pierre de Roubaix et Jean de Lannoy se trouvèrent mélés.

Les séductions de Louis XI s'étaient ménagé des intelligences à la cour du duc Philippe-le-Bon, et

€ ...... ....... Le comte de Charollois donna à Jacques de Sainct-Pol , (4) la ville et chastel de Lannoy. On trouva dedans le chastel de six à sept vingt pourchaux sallés et moult de farine moulue avecq planté de bled et d'avoine, et ung mollin à moudre bled tout nœuf dedans le chastel. »

1465, juillet. — Le seigneur de Roubaix après la bataille de Montihéry.

Mémoires de J. Du Clercq ; édition Buchon, livre V, chap. XLII et XLIV.

e « Après la rencontre du Mont-le-Héry, ceux qui s’enffuirent, non sçachants comment la journée avoit prins fin, aucuns passèrent la rivière d'Oyse, qui disoient que le comte de Charrollois avoit esté desconfit ;............. et ne sçavoit-on

lui avaient gagné Antoine de Croy, en qui le duc avait placé toute sa confiance. Son mariage avec Jeanne de Roubaix, (fille de Jean et sœur de Pierre) avait été la source première de sa fortune. « Et l'avons veu croistre et monter au throsne, prendre la fille de Robais, sourgon de son bien. » (Chronique de Georges Chastellain, édition Buchon, chap. CCIIT). Marié depuis à une fille de Lorraine qui lui avait aussi apporté de grands biens, son orgueil et son faste passait toute mesure. Son frère Jean, sire de Chimay, gouverneur de Luxembourg et de Namur, était encore plus rempli d’orgueil et de hauteur.

Le sire de Lannoy, fils d’une sœur de MM. de Croy, était devenu, dit M. de Barante, un grand personnage et fort envié. Il s'était merveilleusement enrichi dans son gouvernement de Hollande et de sa seigneurie de Lannoy, où l'on ne voyait jadis qu'un pauvre village et une vieille tourelle, il avait fait une bonne ville close et fortifiée. Du reste, 1l était le bras droit de son oncle Antoine, et grand ami du roi de France, sachant leurs secrets et allant sans cesse de l’un à l’autre, chargé de messages et d’ambassades en Angleterre. Cela n'excitait pas peu les méfiances et les murmures du comte de Charolais, qui ne pouvait voir sans chagrin et sans alarmes son père tombé en de telles mains.

Jean de Lannoy, alors gouverneur de Lille, ayant donné au duc Philippe le conseil de rendre à Louis XI les villes qu'il tenait sur la Somme, s'était fait un ennemi implacable du comte de Charolais qui pour se venger, avait montré à son pére les lettres que le Monarque écrivait à ce gouverneur pour l’exciter à se séparer du duc. Forcé de quitter son gouvernement, Jean était venu s'enfermer dans son château de Lannoy, mais il n'avait pu y braver la colère du comte.

(1) Jacques de Luxembourg , seigneur de Richebourg , gendre du seigneur de Roubaix dont il avait épousé la fille unique, Isabeau de Roubaix.

si le comte de Charrollois estoit prins, ou s'il estoit quelque part sauvé. (4)....... Lors furent touts ceux du pays du duc fort simples et dollents ; et ne vous sçaurois dire la pitié que c’estoit el le dolleur que chacun menoit ; et ne avoit hommes, chevalliers, ni autres, qui euist couraige de deffendre le pays du duc de Bourgogne, fors seullement le sieur de Saveuses, nommé Philippe, anchien chevallier de soixante-douze ans, ou plus,.......... .. lequel se partist de la ville de Corbie, tantost que il sceut les nouvelles ; et passa du lez Bray et manda au seigneur de Reubare (Roubaix) et ceux de la garnison que le comte de Charrollois y avoit laissié, qu'ils gardassent bien Bray........ geo. Ce temps pendant, le duc de Bourgogne envoya audit seigneur de Saveuses ung mandement par lequel il le commectoit capitaine-général d'Artois ; et manda aux bonnes villes , chastelleries d'Artois et de Lille, que on meist sups des gens de guerre au plus grand nombre que on polroit, et allassent devers le seigneur de Saveuses ; lesquels y envoyérent tellement qu'ils se trouvèrent en dedans quinze jours devers le seigneur de Saveuses deux mille combaitants et plus, de pied : le seigneur de Roubaix, riche de dix mille florins de rente ou plus, grand terrien ; Jehan de Montmorency, chevallier, seigneur de Nivelles en Flandres, riche et grand terrien ; le seigneur de Beaufremont, chevallier, et environ trois cents compagnons de guerre, lesquels le comte de Charrollois avoit laissié à Bray-sur-Somme, pour garder la ville. ss. ....... Quant il (le seigneur de Saveuses) fust parti de Bapalmes, il trouva ledit de Roubaix , qui l'attendoit moult desconforté, disant qu'il lui desplaisoit de ce qu'il avoit fallu qu'il abandonnast la ville de Bray, et que ce n'estoit pas par lui, mais que c’estoit par les gens du seigneur de Nivelle, qui estuient Flamengs, lesquels ne se y volloit plus tenir. Le seigneur de Saveuses fust courrouchié de leur partement, et leur conseilla de y retourner, mais ils estoient touts espars. Ce que voyant, par le conseil du seigneur de Saveuses, le seigneur de

(1; Une ligue, depuis longtemps préparée par le comte de Charolais , s'était organisée et avait pris le nom de Ligue du bien public. Elle comprenait tous les grands vassaux de la couronne , que le roi avait mécontentés et dont il s'était attiré la haine par ses manières offensantes et tyranniques, ses discours railleurs et son penchant à s’entourer d'hommes de bas étage. Le comte de Charolais, chef de cette alliance, avait réuni au Quesnoy les plus nobles chevaliers de Flandre, de Hainaut, de Brabant et de Hollande , s'était avancé jusques sous les murs de la capitale et avait établi son quartier général à Montlhéry. Le 16 juillet 1865, les Bourguignons avaient attaqué l’armée royale dans la plaine de Long- Pont. Après une mélée confuse où les deux partis se croyaient vainqueurs, le comte de Charolais , blessé au cou, était campé parmi les morts sur le champ de bataille.

Roubaix rassembla , huïct ou dix jours après ce qu'il peut de gens et retourna à Bray.

« Les choses dessusdites faites, combien que touts les passages de la rivière d'Oyse, de Saine et d’ailleurs par toute Franche , feussent de si près gardés que nul n'y passoit,........... toutes fois aucuns jacobins, carmes, frères mineurs et autres gens en pauvre habit, passèrent toutes les rivières et vindrent dire les nouvelles de la bataille, et comment le comte de Charollois avoit eu la victoire de la bataille de Mont-le-Héry, et que par sa valliance il avoit demouré sur le champ et estoit cause de la victoire. »

1465, 8 octobre. — Le seigneur de Roubaix a Ia prise de Péronne. Mémoires de J. Du Clercq ; édition Buchon, livre V, chap. L.

« Le troisième jour d'Octobre en suivant, l'an dessus inil quatre cent soixante cinq, un gentil-homme natif de Bourgogne, nommé Arcquembault, lequel, ung mois paravant, avoit esté plusieurs fois à Péronne, devers le come de Nevers, . par le moyen du seigneur de Saveuse, et puis, par sauf-conduit du roy, avoit esté en Franche devers le comte de Charollois, et retourné devers le duc son père, et disoit-on que c'estoit pour trouver le traictié du comte, et que le comte devoit rendre Péronne. Iceluy Arcquembault, en la compagnie du seigneur de Roubaix, du seigneur de Fourmelles, et autres, jusques au nombre de cinq à six cents combattants, environ quatre heures du matin, vindrent devant Péronne ; et quant ils approchèrent de la ville, ledit Arcquembauit, lui douziesme à pied, avecq les autres, alla au boullevert, devant le chastel, et monta dedans par eschelles et prist ledit boullevert et ceux dedans, par le moyen desquels il entra incontinant dedans la tour du chastel, où il trouva le comte de Nevers, le seigneur de Bailly, et autres en leurs lits, lesquels il prist prisonniers; et ce fait, environ le point du jour, le comte el ses gens jettérent cris au prendre, tellement que ceux de la ville l’oyrent; lesquels vindrent en armes devant le chastel , auxquels estoient jà entrés soixante à quatre-vingts hommes des gens du duc de Bourgogne, qui vindrent sur les murs monstrer à ceux de la ville comment ils estoient au duc de Bourgogne, et qu'il se rendissent à lui. Lesquels

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