COMBAT DES BONS ANGES AVEC LES MAUVAIS
C'est un grand plaisir pour moi de terminer les beautés bibliques par le plus grand et le plus admirable spectacle que l'on puisse mettre sous les yeux du lecteur. Reposons-nous un peu en montant au ciel et en y contemplant le plus fameux combat qui ait jamais été. Ecoutez :
Et factiim est prœlium magniin in cœlo : Michael et angeli ejus ijrœUahantur mm dracone, et draco pngnabat, et angeli ejus (5).
Et non valuerunt, neqite ïocus inventiis est eoriim amplms in cœlo (6).
Et Project us est draco ille magnus, serpens anti-
(i) Rom., 1, 16.-- (2) PhiL, i, 21. — (3) Rom.yXii, 21.— (4) Ps. Lxxvi, 11. — (o) Apoc, xii, 7. — (6) Ihid., 8.
qiius qui vocatiir Diaholus (calomniateur) et Salarias (adversaire) qui seducit universum orbem : et projectus est in terram, et angeli ejus ciim illo missi simt (1).
Voilà le combat décrit et décrit avec une divine et surhumaine simplicité. Tous les caractères sont donnés, l'échec est complet ; ils ont été impuissants... nonvaluerimt... Les belles réflexions viennent après : Proptereà lœtamini, cœli, et qui habitatis in eis (2). Lisez , lisez, lisez !
Voilà donc les beautés de la Bible : beautés d'harmonie, beautés de genre et d'espèce, beautés de détails. La Bible est évidemment le plus beau des livres. Or, si la beauté est un bien de Dieu, comme l'avance saint Augustin , la Bible est le plus grand bien : et, si la beauté est de nature à séduire ses sectateurs, comme elle dit encore, la Bible est séductrice; laissons-nous donc séduire et entraîner par cette beauté qui est le rayonnement divin, et dont l'étude, et surtout l'étude approfondie, nous embellira, nous élèvera, nous glorifiera.
(1) Apoc, xii, 9. — (2) Ibid., 12.
Nous n'avons point pour lâche de prouver Texcellencc des Ecritures par leur divine inspiration, ni parce qu'elles sont écrites avec le vénérable style de l'esprit de Dieu, comme dit saint Augustin, ni môme parce que Dieu nous parle quand nous les lisons. Ces raisons, que je vous insinue, méritent cependant d'être méditées. Veuillez les recueillir et y revenir.
La Bible est un meuble précieux, dit un saint, dont une maison chrétienne ne doit jamais manquer et qui doit faire le premier ornement d'une bibliothèque presbytérale et curiale. C'est un instrument qui sert à former le christianisme dans les âmes, et à faire de vrais enfants de Dieu. Nous regardons surtout, avec saint Augustin, le livre de l'Evangile comme le supplément de la
présence sensible de Jésus-Christ parmi nous ; avec ce livre , nous entendons Jésus, nous voyons Jésus. Jésus-Christ est avec vous par l'Evangile : in Evangelio Christus teciim est : nous louchons Jésus, si nous tenons l'Evangile; nous recevons le baiser de sa bouche sacrée, quand nous baisons ce divin livre. Quand nous l'ouvrons, c'est cette bouche adorable qui s'ouvre pour nous instruire, et c'est elle qui nous parle quand nous le lisons. 11 en est de môme pour tous les autres livres de la Bible. La Bible est la lumière du ciel; la Bible est la grâce multiforme qui sait s'insinuer dans toutes les âmes, tantôt comme un doux zéphyr qui souffle doucement el les allèche , tantôt comme une brise plus forte et plus rafraîchissante ; tantôt comme un coup de tonnerre qui terrasse et abat, et plus encore comme un grand soleil qui l'illumine pleinement jusqu'à l'éblouir et la plonge dans les clartés de Dieu.
0 Dieu ! le bon livre ! et y en a-t-il un pareil ? Mille fois non.
Il y a quatorze siècles qu'un jour,' un des plus grands hommes dont puisse s'honorer le christianisme s'arrêta, regarda le ciel, et ditàDieu : Que je vous connaisse et que je me connaisse : Noverim te, noverm me. Par ces deux mots il a résumé toute la philosophie et toute la théologie; il a résumé tout; car la connaissance de Dieu et
LA BIBLE EST LE MKILLECU DES LIVRES 16a
Ja connaissance de l'homme, c'est toute science, c'est toute connaissance. Or c'est dans la Bible et ce n'est que dans la Bible que nous apprenons à connaître parfaitement Dieu et F homme; donc la Bible est le meilleur des livres.
En lisant c^tte partie de notre ouvrage, le prêtre, le prédicateur^ déjà trouvera non-seulement les principes les plus lumineux pour lui, sa conduite et sa propre direction, mais encore des jnatériaux infinis pour composer des discours sur le dogme et la morale.
La connaissance de Dien apprise dans la Bible ; la connaissance de l'homme aussi apprise dans la Bible, voilà deux sections de cette partie.