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Scio, Domine, quia non est hominit via ejîis, nec viri est ut ambuletj et dirigat gressus suos.
Corripeme, Domine, verum tamen in judicio, et non in fiirore tuo, ne forte ad nihilum redigas me.
« Je sais, Seigneur, que l'homme ne connaît point sa voie, et qu'il n'est pas donné, même a l'homme extraordinaire, de marcher seul et de diriger ses pas.
(( Reprenez-moi, Seigneur, mais non dans votre jugement et dans votre fureur, de peur que vous ne me réduisiez au néant. »
(Ji^RÉMiE, X, 23, 24.)
Les prophètes inspirés de Dieu connaissaient bien l'insuffisance des lumières humaines. Ecoutons Jérémie avec une profonde attention. Il commence par manifester ses profondes convictions; il s'adresse à Dieu, témoin de ses dispositions internes, et il lui dit: Je sais, Seigneur, que l'homme ne connaît point sa voie. Comme Jérémie, il faut être bien convaincu de cette vérité, à savoir que la voie de l'homme n'est pas de lui, fût-il même un héros, car le texte sacré porte nec viri
est, elle mot vir y cu{ dire un homme extraordinaire. Efi bien ! cet homme extraordinaire ne peut pas marcher seul et il ne lui est point donné de diriger ses pas avec sagesse.
Alors Dieu arrive avec sa lumière, sa sagesse, son infaillibilité, et il reprend, et il corrige, et il met dans la voie.
Seulement le prophète le prie d'une grâce, c'est de ne pas le reprendre dans sa fureur, de crainte que le néant ne devienne son partage.
Comme l'homme est bien jugé, mes Frères! Par lui-même il ne peut rien : il lui faut donc des secours étrangers. Dieu, la société : voilà son directeur et sa directrice. Cette nécessité impérieuse de se faire diriger se fait encore bien plus sentir pour les religieux, à cause de l'importance extrême de leurs devoirs et de la hauteur sublime de leur vocation.
Mon dessein est donc dans ces conférences, de vous montrer, mes Frères : 1° l'origine de la direction ; 2° l'importance de la direction ; 3° les avantages de la direction ; 4° les matières de direction; 5° enfin, les devoirs du directeur et du dirigé.