HISTOIRE
L'histoire est le récit des choses, fait avec art. Cicérondit que l'histoire est le témoin des temps et la messagère de l'antiquité : Testis temporum^ nuntiavetustati^, « L'histoire, dit Bossuet (1), est la maîtresse de la vie humaine et de la politique. Il est honteux à un honnête homme de Tignorer, mais surtout à un prêtre, à un prédicateur qui doit coudre ses instructions de superbes récits.»
Observons ici avec Clément XIV que « l'histoire est une lecture morte si Ton n'en connaît que les dates et les faits; et c'est un livre plein de vie si l'on y aperçoit le jeu des passions, les ressorts de l'âme, les mouvements du cœur, et surtout si l'on y découvre un Dieu qui, toujours maître des événements, les fait naître, les dirige, les
(1) Éduc. du Dauphin, à Innocent Xf.
détermine selon son bon plaisir, et pour l'accomplissement de ses sublimes desseins (1). »
Or, c'est dans la Bible que nous trouvons l'histoire : l'histoire vraie, simple, une, pleine d'aperçus providentiels et divins, et réunissant à la suprême perfection les qualités énoncées par ce grand pape.
Cicéron a dit vrai, quand il a appelé l'histoire la messagère de l'antiquité. Mais que pouvonsnous apprendre dans les auteurs les plus anciens? Que nous disent-ils sur la période antédiluvienne, qui comprend la création de î'univers, l'histoire de la première famille, le commencement de la race humaine, la vie des anciens patriarches, l'histoire de ce cataclysme immense qui a bouleversé le monde et dont l'univers porte l'impérissable empreinte ? Ils ne nous apprennent que des incohérences et souvent ne nous disent que des absurdités.
La Bible, au contraire, coulant la vérité à pleins bords pour y désaltérer les intelligences qui en ont soif, est le journal de l'humanité; tout y est, écrit. Quelle histoire que celle de Moïse, et quelle manière d'écrire l'histoire! Les écrivains bibliques ont écrit Thistoire à l'avance, sous la dictée de Dieu, et sans gêner les actes de la liberté in-
(1) Lettre Lïxiv du tome l", page 227i
dividuelle et des nations ; ils ont écrit des faits, fis les ont annoncés d'avance avec une précision mathématique. Ainsi, toute la vie de Jésus-Christ, notre divin Sauveur, es.t écrite dans les prophètes. Longtemps à l'avance, toutes les destinées de l'Eglise sont consignées dans Daniel, Ezéchiel, Isaïe, dans l'Apocalypse.
J'observe ici d'un coup d'œil hardi, mais en même temps docile et timide, que ce que Ton appelle aujourd'hui philosophie de l'histoire est une chimère, à moins qu'elle ne soit biblique et morale. En dehors de la Bible, vous ne trouvez que le fanatisme pour expliquer le monde. En dehors de la Bible, en dehors de la chute des anges, de leur action sur le monde, de la dégradation de l'homme, de la promesse d'un libérateur divin ; en dehors du catholicisme, de la croix, de l'Eglise de Jésus-Christ, vous tombez nécessairement, en matière historique, dans le fatalisme, le panthéisme, le matérialisme, et c'est l'œuvre du rationalisme, qui ne sait produire que l'erreur et le néants
Apprenez donc dans la Bible l'histoire des anges et de leur chute, l'histoire de l'homme et de sa chute, l'histoire de sa réparation ; les histoires des Juges, des Rois, de Tobie, d'Esther, de Job, des Machabées ; l'histoire de Jésus-Christ, de ses apôtres, de l'établissement du christianisme;
l'histoire de l'ordre naturel dans la création et de Tordre surnaturel dans la rédemption par la mort d'un Dieu, par sa grâce et les grands canaux des sacrements, et vous aurez Tliistoire et la philosophie de l'histoire. Pour vous, en particulier, c'est érudition complète; pour les autres, c'est science à déverser en annonçant les faits et en les environnant d'une divine philosophie.
La Bible est donc votre livre, orateurs et historiens !