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A Larnay
Parmi ceux qui connnaissent la renommée universe d'Helen Keller, qui ont lu et admiré son a | combien croient encore (comme je l'ai cru pendant. mon enfance !) que son cas est unique au monde! .
HSE su Cette maison, installée dans une belle propriété d d
l'égide des sœurs de la Sagesse, plus de 300 so muettes de tout âge — depuis les petites” écolières quelles on apprend simultanément à lire et à D Jequ aux ouvrières adultes occupées à l'ouvroir à
bonnes vieilles « grand'mères » qui utilisent A de forces à faire un peu de tricot ou de ménage . .
le , ily a toujours eu quelques infortunées frappées de cité en avançant en âge. La première éducation d’enfant urde-aveugle entreprise à l’Institution est celle de Marthe brecht, — une petite Alsacienne que les frayeurs de la uerre de 1870 avaient privée à la fois de l’ouie et de la
e à l’âge de trois ans, et qu'on avait mise en chemin
Linay sans même les te . . . Elles virent dans tte pauvre masse inérte un trésor qne le ciel leur confiait, à force de soins, de prières, d'amour, obtinrent des ultats bien encourageants. Marthe Obrecht, aujourd’hui e des doyennes du couvent, sait lire, écrire en Braille,
s'exprimer en signes, travailler manuellement ; elle a conspense de sa destinée immortelle ; c'est une preuve vivante
SE . la aie « Shitbpde » de Larnay, si on peut parler ainsi, Commence le 1° mars 1895. Ce jour-là deux pauvres 24 un tonnelier breton des environs de Nantes et sa
s ur horreur une ne au doux visage, une etonne elle aussi, ouvrit tout grands ses bras maternels . .. désormais le nom béni de Sœur Sainte-Marguerite reste indissolublement associé à celui de son élève, de sa fille | tuelle Marie Heurtin.
rie avait dix ans alors. Sourde-muette et aveugle de sance (ce qui est un cas relativement rare) elle avait …. vécu jusque-là dans l’horreur de sa situation sans issue, NE lébattant sauvagement dans de tels accès de désespoir de rage qu’on la croyait folle furieuse . . . Les premiers noie son ours PRE furent une tragédie. Elle se
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lui tombait sous la main, mordait, frappait les personnes qu’elle pouvait atteindre . . . Deux mois entiers s'écou: ” lèrent avant que Sœur Sainte-Marguerite, penchée, attentive et compatissante, sur la malheureuse enfant, arrivat à fixer cette attention en délire. Marie avait un petit canif à lame inoffensive qu’elle aimait beaucoup. Sa maîtresse le lui prit, et bientôt le lui rendit, croisant en même temps les deux mains de son élève l’une sur l’autre pour faire le signe des sourds-muets qui signifie «couteau.» Puis à ni nouveau elle le prit. La fillette entra dans un de ses”
paroxysmes de fureur, criant, hurlant, saccageant tout pour 3 ' trouver son couteau . . . Tout à coup elle s’avisa d'ellemême de refaire le signe qui venait de lui être enseigné, et immédiatement Sœur Marguerite, qui suivait ses mouve- 4 ments avec anxiété, lui rendit son jouet . .. Comme
Helen Keller près du puits de chévrefeuille, Marie : Heurtin venait d'apprendre son premier mot, sa premiére k pensée! . . M -
Le second pas en avant vers la libération fut «œuf». Elle aimait l’œuf que chaque jour à son déjeuner ses a tâtonnantes cherchaient avidement sur la table. On lui ap=«
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prit le signe pour le désigner . .. puis on attendit pour en placer un autre devant elle qu ‘elle lé dermandât! Ce fut en suite le tour des assiettes, des plats, des couverts d’un mi nuscule ménage de poupée qu'on lui apprit à nommer : =" Et, divin miracle! à mesure que la pauvre âme captive prenait conscience d'elle-même, que le chaos s’éclaircissait autour d'elle, la bête furieuse qui terrifiait les petites élèves de Larnay se calmait, se faisait douce, docile, caressante La transformation se poursuivait, la sourde-muette-aveugle devenait peu à peu une créature humaine, une enfant pareille aux autres, et bientôt une enfant qui dépassait toutes les autres par son charme pathétique et poignant, par la æ lumière diaphane qui émanait de son visage délicat, de ses s admirables yeux bruns sans regard . .. -
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