‹ Souris l'arpèteChapitre 9 sur 16 · LE MARCASSIN EST MORT — VIVE LE VIEUX MONSIEUR · texte numérisé non relu

LE MARCASSIN EST MORT — VIVE LE VIEUX MONSIEUR

A la porte du restaurant, dans un cadre de feuillages, le marcassin est suspendu par les pattes, tête en bas, le ventre ouvert. Son groin est maculé de sang. De temps en temps une goutte tombe et fait une étoile rouge dans la sciure de bois qu’on a jeté sur le

SOURIS l’arpète

trottoir. L’animal porte son péritoine tendu sur ses pattes de devant et le restaurateur très artiste, au centre de cette membrane transparente et veinée comme un papier chinois a piqué une rose bleue en étoffe. Il y a encore une autre rose, toute blanche celle-là avec des feuilles d’or, plantée droite dans le derrière du marcassin. De cette rose s’échappent deux cascades de guirlandes qui coulent sur les flancs de ranimai, s’enroulent autour des pattes, vont se rejoindre derrière la tête pour glisser réunies jusqu’au sol.

C’est étrange. Souris ne fut pas émue tout à l’heure en apercevant, aussi ingénieusement décorée, la car-

casse béante du marcassin. Cet animal enguirlandé de feuillages est si différent de Tautre, celui qu’elle a vu reniflant avec désespoir le bois de sa caisse.

Une voix, tout près de son oreille susurre : a Vous aimez la côtelette de marcassin ? »

Interloquée, Souris virevolte.

Un vieux monsieur, tout souriant, attend la réponse.

— Je ne sais pas, m’sieu !

— C’est très bon, vous savez petite, très fin, très délicat, très goûté, très...

Souris s’éloigne. Cette conversation doit cacher quelque piège. Le vieux monsieur est derrière elle. Alors Sou-

SOURIS l’arpète

ris pénètre dans les magasins du Louvre afin d'échapper à ses discours culi-

naires.

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