‹ Sous la drache, comédie locale en 3 actesChapitre 22 sur 28 · LE SOIR · texte numérisé non relu

LE SOIR

Voilà un titre bien approprié pour l'inauguration dfune saison d'été dans un théâtre bruxellois. Rien de tel pour donner à une pièce belge sa cou'eur locale que de mettre à la scène notre bonne drache nationale, qui, ces jours derniers, nous a particulièrement inondés de ses faveurs.

Et la drache de M. Paul Max. l'auteur de l'amusante comédie dont l'Olympia nous a offert hier la primeur, n'est pas une drache de fantaisie, mais bien une drache véritable. C'est sous des parapluies ruisselants d'eau que se déroule une grande partie du premier acte.

Sous un de ces parapluies s'abrite le brave Gustave Van Diest, fonctionnaire au Ministère des beaux-arts, incarné par M. Libeau. Van Diest affronte héroïqviement l'ondée devant l'aubette du Parc. Il est amoureux et l'amour est plus fort que tout, plus fort même que la drache. L'objet de sa flamme est ure gente dactylo. Simone, pour les beaux yeux de lar quelle il fait deux fois par jour un long trajet en tram. Une panne prolongée, agrémentée d'une averse, lui fournit l'occasion de déclarer son amour.

Hélas ! toujours les incompatibilités. Simone n'aimera pas Van Diest. En revanche, son amie, la gentille Zezette, s'éprendra follement de lui.

Simone, pour faire le bonheur de Zezette et orienter vers elle les sentiments de son soupirant, s'évertuera à faire sentir à ce dernier combien il serait malheureux avec elle.

Et elle s'y entend, la mâtine. Elle fait passer le pauvre Gustave par les pires tribulations, bouleverse son existence, lui joue les tours les plus pendables, tant et si bien que, finalement, désillusionné, meurtri, Van Diest s'aperçoit que Zezette est délicieuse et qu'elle l'adore. La pièce a commencé par la drache. Elle finira par un mariage. La drache mène à tout.

Même au succès, car c'est un vrai succès que le public a fait à l'œuvre de M. Paul Max. Succès mérité, car cette « comédie locale », comme l'intitule son auteur, a de très sérieuses qualités. Il y a de l'esprit, du sentiment délicat et de la gaîté.

M. Paul Max a aussi la bonne fortune d'avoir comme interprète principal M. Libeau. C'est pour lui qut'il a écrit le rôle de Van Diest, et l'excellent artiste a fait du personnage une création absolument typique.

Mme Berthe Charmai, une Simone pétulante et endiablée, Mlle Primevère, une Zezette délicate et gracieuse, Mme Dina Valence, MM. Rosy et Royet ont contribué à mener à bonne fin la pièce de M. Paul Max, qui inaugure, sous les pl/us heureuK aspices, la campagne théâtrale de M. Léon Coeckelberg.

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