L'INDEPENDANCE BELGE
II pleut. Les trams sont en panne. Et Gustave Van Diest est très embêté. Il attend vainement, à l'aubette de la rue Royale, une petite dactylo dont il est amoureux. Cette panne» malencontreuse et cette « drache » persistante ont dérangé leur rendez-vous. Van Diest peste, enrage, confie à son ami Antoine son amour et sa peine, finit par accepter un apéritif de consolation. Pendant ce temps, Simone, la dactylo, survient avec son amie Zezette. Et nous aipprenons que si Gustave aime Simone, celle-ci n'aime pas du tout Gustave. Elle est mariée d'ailleurs, et elle aime son mari. Et, volontiers, elle enverrait Gustave se promener si son amie Zezette, qui aime Van Diest, ne la suppliait de ne pas éloigner le jeune homme. Pour faire plaisir à son amie, Simone feindra donc de se laisser attendrir, mais elle tâchera de décourager son poursuivant en le taquinant de toutes manières. De concert avec son mari André, déguisé en cousin du Brésil, une fausse tante campagnarde, affligée de trois monstres d'enfants et de deux chiens, elle envahira le logis du célibataire et lui donnera un tumultueuix avant-goût des joies conjugales. Son but. évidemment, est de décider Gustave à renoncer à eille et à s'^éprendre plutôt de la douce et charmante Zezette. Malheureusement, l'amour-propre empêche longtemps Van Diest de reconnaître son erreur. Et il faut recourir au poison subtil de la jalousie pour amener le pauvre garçon à reconnaître qu'il aime Zezette et pour la jeter dans ses bras.
Cette idylle bruxelloise, cet aimable marivaudage accommodé à la sauce locale, a, en dépit de certaines longueurs au premier acte et du passage trop <-< littéraire » au deuxième, vivement amusé le public qui lui a fait un succès enthousiaste. Le nom de l'auteur, M. Paul Max. proclamé par M. Libeau à la fin du spectacle, a été longuement acclamé.
L'inte'-prétation est très bonne, avec M. Libeau, dans le rôle de Van Diest, M. Libeau incarne de maîtresse façon la bonhomie bruxelloise, et cet humour si spécial qui donne tant de saveur aux propos de nos concitoiyens du bas de la vile. Sa « Vis comica » se déploie tout à l'aise dans « Sous la Drache :! ». On pourrait signaler surtout son monologue du troisième acte et ses apostrophes aux dieux ternes du Parc : il y atteint, sans effort, rien que par son naturel parfait, h l'art le plus sûr.
Il faut citer encore Mlle Primevère, très gentille en Zezette, et Mmes Charmai et Dina Valence MM. Rosy, Royet et Lamarche. Il y eut pour tous des applaudissements.