‹ Sous la drache, comédie locale en 3 actesChapitre 25 sur 28 · LA NATION BELGE · texte numérisé non relu

LA NATION BELGE

M. Paul Max s'était proposé de montrer que l'on peut, en parler bruxellois écrire une pièce émouvante. Or, son œuvre est fort amusante. N'allez pas entendre qu'il ait manqué son but. « Sous la Drache ! » contient des passages d'une émotion diKcrète et prenante. Quelques longueurs au premier acte ; quelques couplets ti-op « écrits », — (les Brusseleers font moins de phrases...) — n'empêchent pas ces trois actes d'avoir beaucoup de qualités. Leur succès a été très vif lundi soir ; et la saison d'été de l'Olympia commence sous les meilleurs auspices.

Le brave Gustave Van Diest (M. Libeau), employé au Ministère des Beaux-Arts, s'est épris d'une dactylo, Simone (Mme Channal), qu'il rencontre deux fois par jour, sur la plateforme du tram entre Schaerbeek et la rue de la Loi. Il Ifaime au point de ne pas remarquer une amie de Simone, la délicieuse Zezette (Mlle Primevère), qui n'a d'yeux que pour le bon gros Gustave. Or, Simone est mariée ; pour se débarrasser de son soupirant, pour assurer le bonheur de Zezette, elle feint, un jour de « drache » et de panne de tramways, d'agréer les hommages de Gustave.

Ellle lui fait même visite, en tout bien, tout honneur, et elle le rend très malheureux. Elle s'installe dans sa vie bouleverse ses habitudes, contrarie ses manies ; lui amène une prétendue tante, flanquée de deux toutous et de trois gamins bruyants ; lui présente son mari — déguisé, en Mexicain incandescent. Van Diest aime toujours Simone cependant, au point de demander à Zezette de plaider sa cause...

Mais Gustave fitnira par voir clair au Parc, un soir d'avril, après qu'il aura confié sa peine aux dieux ternes debout sous les arbres — après aussi que les complices lui auront joué quelques nouveaux tours, Zezette épousera Gustave ; la pièce, qui commençait comme une revue, et se poursuivait en vaudeville, se termine sur quelques scènes de bonne comédie.

Dans un rôle écrit pour lui, Libeau a triomphé. On sait avec quel naturel savoureutc, quel art de composition, quelle simplicité il campe ses personnages : Gustave Van Diest est devant nous, vivant — et quelle émotion discrète Libeau sait trouver quand il faut !

pimone, c'test Mme Berthe Charmai, qui mène l'action tambour battant, avec une alerte gaîté ; Zezette trouve en Mlle Primevère une interprète charmante, disant très juste — et devant qui, vraiment, l'aveuglement de Van Diest est ,à peine explicable. M. Rosy est très amusant en cousin de Santa Cruz. Mme Dina Valence — en tante Virginie — fait une trop courte et joyeuse apparition. MM. Royet et La Marche complètent une distribution parfaite avec de petits rôles bien tenus. Et la mise en scène agrandit l'étroit plateau de l'Olympia. J. F.

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