MIDI
La dlélicieuse pièce que celle-ci. « Sous la Drache ! » a connu hier un gros succès et, diisons-le, les applaudissements du public qui fêtèrent le baisser du rideau et saluèrent le nom de M. Paul Max, étaient tout à fait mérités. La comédie bruxelloise dont l'Olympia nous a donné hier soir la primeur, fera, pendant une longue série de représentations, La joie d'un nombreux public.
« Sous la Drache ! » est une comédie délicieuse, originale et pimpante. Habilement charpentée, elle est écrite avec un rare agrément, un souci de psychologie toujours vraie, une recherche du mot juste, bien de chez nous, avec des troufvailles qui ont eu le don de mettre la saille en joie. La comédie de M. Paul Max — et ceci ne gâte rien — ne se contente pas uniquement d'"être drôle, elle est aussi délicieusement sentimentale. Je vous jure que les plus vieux routiers du théâtre s'y sont laissés prendre et qu'ils eurent un instant une petite larme au coin de l'œil. « Sous la Drache ! » a encqre un autre mérite que les pères de famille apprécie'ront : la pièce peut être entendue par tout le monde.
Voulez-vous qu'on vous conte la pièce ?
C'est simple.
Il pleut, comme il sait p-leuvoir chez nous, il drache. Gustave fait la connaissance de deux dactylos, Simone et Zezette. Il séprend de Simone et c'est Zezette qui l'aime. Zezette, qui a toutes les qualités, qui a ses goûts, ses aspirations, qui aime le coin du feu, la vie journalière, les pantoufles, les petits plats fins ; Gustave est un grand niquedouiljie qui ne sait pas voir clair dans son cœur. Il faudra que Simone, bonne fille, a.vec l'aide de son mari qu'elle adore, fasse comprendre à Gustave oii est son bonheu". Tout finit, naturellement, très bien.
« Sous la Dracihe ! » est joué à la perfection par Libeau d'abord, comédien inégalable, et qui s'est surpassé dans une suite de scène en demiteinte, bien filées et d'une savante concentration. Le succès de l'excellent artiste a été considérable et, disons-Ile, mérité. M. Max a trouvé là, pour défendre son œuvre, un artiste d'une compréhension et d'un émotivité rares. Il y a aussi Mme Charmai et Mme Primevère, qu'il convient d'associer à l'heureuse réussite de cette exceptionnelle soirée, eilles furent toutes deux adorables. Il y a encore Mme Dinah Valence, qui ne fait que passer. Pourquoi Mme Valence, qui a de si extraordinaires dons de pittorestjue, ne fait-elle plus que de si rares apparitions sur la scène ? Il est permis de le regTetter.
Citons encore M. Rosy, Royet et Lamarche, qui, dans des rôles accessoires, furent, du reste, excellents. D.