NUITS DE TRIANON
ou AMOURS DE PRINCESSES
(EXTRAITS
qu'elles rendaient instantanément. Lorsqu'elles le jugèrent à point, l'une se chatouilla l'endroit viril avec ce que lui confiait le beau seigneur. Elle en eût vite bien du plaisir, car elle retomba dans les bras du Roy en soupirant bien fort. L'autre n'attendait que ce moment pour entrer en action, assise sur le tapis, devant le monarque elle se chargea de le faire éprouver...
La première s'était ruée sur la Pompadour et toutes deux s'aimaient passionnément.
Le Roy, les sens momentanément apaisés, se renversa sur le fauteuil, les jambes écartées, vivement la fillette se pelotonna entre ses cuisses qu'elle embrassa amoureusement.
Deux cris, presque simultanés, deux râles, deux spasmes, firent se dresser Louis XV, il aperçut sa maîtresse avec une des petites filles, couchées l'une sur l'autre, lèvres contre lèvres.
— ... Ah! fit la Favorite, en se relevant, quelle délicieuse soirée ne trouvez-vous pas, monseigneur?
— Prenons un peu de Champagne, répondit son amant.
— Pour ma part, reprit la Pompadour, je voudrais que la virginité de ces petites sœurs fût un calice dans lequel je boirais toute la nuit.
Pendant qu'ils vidaient leurs coupes, les jolies chatonnes vinrent bécotter la nuque, le dos, les reins, la gorge, les seins de la maîtresse du Roy et leurs mains se rencontrèrent à l'endroit divin de la splendide marquise.
Après qu'elles eussent bu toutes les trois dans le même verre, la Favorite prenant un plateau d'argent, garni de beaux fruits mûrs, dit aux deux pucelles :
— Prenez, mes chéries, prenez ceux qui vous plaisent, écrasez-les où vous savez... je vais les déguster, je veux que le parfum de vo-
tre innocence se mélange à la saveur de ces fruits.
Les petites s'étendirent sur la nappe, parmi les fleurs, et quand elles eurent placé un fruit sur chacune d'elles, à l'endroit désiré par la Pompadour, celle-ci les croqua...
D'un élan, le Roy se leva, enserra la taille de sa maîtresse et la laissant continuer de savourer son dessert, lui donna de l'amour.
Au-dessus du corps magnifique de la marquise, activant, prodiguant ses savantes caresses aux deux petites soeurs, il pouvait voir celles-ci se baisant sur la bouche avec passion.
C'était un régal, un régal de Roy.
Un peu las, Louis s'écroula
dans un fauteuil, la Pompadour vint s'asseoir sur lui, sa tête contre la sienne.
— Mon grand amour, tu m'as rendue bien heureuse, j'ai reçu ta sève, je t'aime, quel délice de t'avoir près de moi, de sentir ta chair, de respirer ton haleine, d'écouter ton cœur battre, elle flatta ce qui, quelques minutes auparavant leur avait servi de trait d'union, mais... pour l'instant du moins, c'était peine perdue... mon trésor, pourquoi ne se montre-telle plus aussi fière?...
dis... réponds-moi, réponds à ta petite Jeanne... à ta femme... Le Roy ne bougeait pas, la Pompadour leva la tête et s'aperçut qu'il dormait.
Les petites soeurs enlacées en
faisaient autant. Sur les lèvres de leur paradis, un jus de fruit rosissait délicatement ces muqueuses adorées.
La Favorite eût envie d'y poser de nouveau sa bouche.
— Jolies petites choses, murmura-t-elle... mais je dois vaincre mon désir... cela réveillerait le Roy, et le mettrait fort en colère.
Cependant, elle se sentait inondée... ne pouvant rester dans cet état lubrique sans qu'il fusse assouvi.... elle se caressa... mais avec des précautions infinies, afin de ne point interrompre le sommeil du Roy... puis elle s'assoupit. Combien de temps demeurèrent-ils ainsi endormis, leurs corps nus éclairés faiblement par la lueur vacillante des
bougies qui se consumaient...
Soudain, on entendit un coq chanter... Son retentissant cocorico fit sursauter la marquise de Pompadour.
Elle ouvrit les yeux, frôla le satin de sa chair contre la peau mâle de son seigneur et maître qui finit par s'éveiller.
Un second coq poussa son joyeux cocorico, semblant crier à Phœbus de se lever.
— Déjà si tard, dit le Roy.
— Ou... si tôt, répliqua la Favorite, mon grand amour, nous avons dormi dans les bras l'un de l'autre comme deux amants brisés de caresses, c'est exquis, mon Roy bien-aimé, elle lui tendit ses lèvres.
Louis XV y posa les siennes.
— Je t'adore, déclara-t-elle, étreins-moi, mets tes doigts sur mes seins, mon ventre, caresse mes cuisses, ferme mes yeux d'un baiser.., je suis ton esclave...
Elle se roulait contre lui comme une chatte devant son matou.
— Tu me rendras follel... puis spontanément, elle se leva, et ouvrit la fenêtre.
Le jardin de Trianon recevait déjà les éclairs d'or pâle du soleil apparaissant lentement.
Louis XV vit sa favorite debout, lui tournant le dos, superbe de lignes :
— Tout de même, fit-il, elle est belle cette ogresse.
Dans le silence du matin, on entendait la fuite murmurante de la rivière, non loin, pareille à
un roulement de soie sous l'égratignure caressante des saules.
Cher silence, tout plein de voix muettes...
Sans bruit, le Roy s'approcha de la Pompadour et ses mains passées sous ses aisselles, emprisonna ses seins, puis, après lui avoir mordu longuement la nuque, il dit tendrement :
— Quel joli rêvel... et tous les rêves, je les ai baisés sur tes lèvres... tu es en fleur, partout et tu sais faire couler l'extase dans mon être.
— Louis.... répondit-elle simplement.
Ils se turent, pendait un moment, regardant la campagne, le gazon parsemé de pâquerettes, au cœur rouge, rouge comme la
pointe le plus sensible du corps de la femme lorsqu'elle a connu la caresse de son amant.
— J'aimerais me promener nue, à ton bras, dans ce jardin, sous ces arbres.
. . — On nous verrait...
— Qui? —
— Les domestiques.
— Ils sont partis!...
— Il y a Justin.
— Ohl... pauvre vieux, à cette heure, il dort... allons viens, viens dut la Favorite.
Elle l'entraîna, il l'arrêta.
— Non, pas par la porte, par la fenêtre...
Il sauta sur l'herbe, la Pompadour se pencha, Louis XV lui tendit les bras.
Ils étaient dans le jardin.
— Mais... les petites sœurs, demanda le Roy.
— Plongées dans le sommeil...
— De l'innocence, ajouta-t-il en riant.
— Nous les retrouverons, conclut la Favorite.
— Elles ignorent qui je suis?
— Tout à fait... sans quoi, elles seraient capables de quémander une faveur au Roy.
— Sans m'avoir accordé les leurs.
— Ingrat... cette faveur m*est réservée, monsieur...
Ils marchaient côte à côte...
— Vois donc ce banc, dit-elle soudain, te plairaît-il de me prendre... comme une nymphe se donnerait à un berger jeune et vigoureux...
Elle se coucha sur la pierre dont la fraîcheur la fit légèrement frissonner, d'un bond, elle se releva.
— Non, assieds-toi... nous serons mieux.
... elle le chevaucha.
Sur une branche, près d'eux, un couple de pigeons roucoulait, le mâle bécottait sa femelle, fit le beau en gonflant la gorge, et, sans
Os quelques pages, terriblement suggestives sont extraites du remarquable livre ultragalant intitulé « NUITS DE TRIANON ».
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CARESSES
(EXTRAITS
Mais je sens maintenant que les exigences de ma chair sont plus grandes que les mouvements, cependant désordonnés de mon cœur.
Peu importe, si je comprends qu'il y a là beaucoup plus du libertinage que de l'amour! Je n'y tiens plus; tout mon être est tendu vers lui, et tout lui crie :
Prends-moi!
J'ai aujourd'hui dix-neuf ans.
Je l'ai dit à François entre deux baisers, et je lui ai fait comprendre ce que je désirais pour mon anniversaire.
Alors, j'ai bien senti que c'était aujourd'hui le grand jour, et c'est toute jo^'Cuse que je me suis rendu dans la salle d'études.
Je me suis déshabillée pour être plus à l'aise, et nous nous sommes étendus sur le sopha. Je remarque que François est beaucoup plus grave que les autres jours. Il n'a pas pour m'enlacer sa mine souriante, mais ses yeux brillent d'un plus vif éclat de désir.
Et cependant que je reste allon-
gée, immobile, dans l'attente, il me couvre de chauds baisers, parcourt de ses lèvres tout mon jeune corps frémissant sous l'humidité de la caresse.
Soudain, il passe une main sous mes reins et se couche sur moi.
Et cependant, que ses lèvres couvrent les miennes, je sens Francinet qui se fraye un passage entre les cuisses, et qui cherche l'entrée très étroite, mais mouillée par le désir.
Ah!... J'ai poussé un grand cri et je ressens une vive douleur.
Mais peu importe! Elle est mêlée de tant de jouissance. Françinet frétille en moi et follement se livre à un rapide mouvement de va et vient. La douleur redouble, cuisante; mais la jouissance est
telle, qu'elle l'emporte enfin, et que mes cris sont maintenant tout de plaisir.
Mon François lui aussi, gémit.
Je lui reprends les lèvres cependant qu'un immense bonheur m'inonde, et dans une joie folle, je balbutie :
— Chéri, Chéri, je t'aime, ah!
m'amouri
C'est un grand cri cette fois que je pousse, en me détendant toute.
Je sens Francinet introduit jusqu'au fond de mon être, et qui libère en de fortes saccades le baume dont je me devine intérieurement inondée.
Lui aussi, mon François, gémit fortement. Et nous nous retrouvons inertes, les yeux mi-clos, cependant qu'une tache de sang que
je puis voir, témoigne devant les portraits sévères encadrés d'ébène, que je suis maintenant une femme...
Mais qui donc m'a dit que l'amour était très fatigant? — Je ne m'en suis pas aperçue. Je suis au contraire, pleine de courage...
et de nouveau désir.
A quand la prochaine fois, mon bien-aimé, à quand?... Demain, dis?...
Cette fois-ci, je crois bien que ma bonne tante a deviné. Au dîner, elle nous a regardé avec un air pétillant de malice, et j'ai bien lu dans ses yeux indulgents, qu'elle venait de découvrir notre secret.
Aussi bien, faisions-nous, François et moi, une drôle de mine!
Je n'en doutai plus, quand mon miroir me montra mon visage, mes yeux alanguis dans lesquels se lisaient encore la joie ressentie.
Toute ma physionomie était comme changée, et tout en moi criait indiscrètement, mais avec fierté, ce que je venais de perdre!...
Même ma démarche était transformée! Je m'en rendis compte en passant devant les grandes glaces du vestibule, quand nous sortîmes pour la promenade dans le parc.
D'un geste plus hardi, mon François me prit par le bras.
Quand nous passâmes devant la Léda, je pensais que je n'avais plus rien à lui envier, à part toutefois le bec du cygne! Mais n'avais-je pas pour l'assouvisse-
ment de mes plus voluptueux désirs, les lèvres et la langue de mon bien-aimé!
Et toujours prêt à satisfaire mes caprices, un Francinet grandissant sous la caresse, se raidissant pour ma jouissance, bien plus heureuse en cela que la déesse, qui n'avait du cygne, que le bec.
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