LE LIVRE INUTILE
Elle relit un livre et ne peut le comprendre.
C'est juillet. Le jardin voluptueux et tendre
Palpite à son réveil comme un être vivant,
Et le soleil tiédit la caresse du vent.
Elle clôt dans ses mains le livre. Sous les branches
Dorment des vases bleus et des nudités blanches ;
Elle sourit à l'heure et sent, avec douceur.
L'arôme des rosiers qui parfume son cœur.
Ses seins sont soulevés d'un trouble vague ; en elle
L'été fécond dépose une flamme nouvelle,
Son front penche, ses bras s'alanguissent d'amour,
Et le livre, à ses pieds, choit comme un fruit trop lourd.