‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 12 sur 47 · AUX FEMMES DE FRANCE · texte numérisé non relu

AUX FEMMES DE FRANCE

Femme, que la douleur ne t'accable jamais Comme un pesant fardeau des épaules trop frêles ; La mort sur ton amant peut refermer ses ailes ; Il est vêtu de gloire et d'immortelle paix.

Tu l'avais vu pareil au blé dans la prairie

Et pareil au sachet qui parfume le corps.

Heureux l'encens qui brûle, heureux les soldats morts.

Heureux le pur froment qui nourrit la Patrie.

Sois fière de souffrir et ne te plains qu'à Dieu. Bien qu'elle soit mortelle et qu'elle te consume. Au-dessus de ton front, femme, sans amertume^ Elève ta douleur comme un vase de feu.

TI

Gardez pieusement leur mémoire fleurie

Et, prêtresses de gloire, au marbre des tombeaux

Tressez du laurier vert les flexibles rameaux :

Les dieux, les jeunes dieux sont morts pour la Patrie.

Ils ont of ert pour nous la beauté de leurs corps, La flamme de leurs yeux vers le sol s'est tournée. Et nous ne verrons plus le printemps de l'année... Femmes de mon pays, les jeunes dieux sont morts.

Vous les aviez connus, votre douleur éclate ; Ils sont amants pour vous avant d'être des dieux. Et, tout humainement, vous laissez de vos yeux Les larmes d'or mouiller leur linceul écarlate.

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