CARPE DIEM
La brume se déchire et l'argent du matin
En vives flammes court sur la colline nue.
La saison de lumière aimable est revenue.
Levons-nous et tendons vers l'astre encor lointain
La palme de nos corps que l'hiver a flétrie.
Il est bon d'oublier qu'on est homme et, parfois.
De vivre comme l'herbe au flanc de la prairie.
La tranchée est un cloître aux promenoirs étroits
Où l'esprit se macère et la chair agonise :
Nous sommes le ciment d'une nouvelle éghse
Et nous n'attendons plus des hommes et des dieux
Qu'une rapide mort qui nous ferme les yeux.
Cueillons le jour ! L'aurore à l'horizon flamboie, Un arbre, lourd d'oiseaux, chante un hymne de joie. Levons-nous, levons-nous et, les deux bras ouverts Comme si nous voulions étreindre l'Univers, Laissons monter en nous de l'antique Cybèle L'âme végétative et la force étemelle.