‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 27 sur 47 · CARPE DIEM · texte numérisé non relu

CARPE DIEM

La brume se déchire et l'argent du matin

En vives flammes court sur la colline nue.

La saison de lumière aimable est revenue.

Levons-nous et tendons vers l'astre encor lointain

La palme de nos corps que l'hiver a flétrie.

Il est bon d'oublier qu'on est homme et, parfois.

De vivre comme l'herbe au flanc de la prairie.

La tranchée est un cloître aux promenoirs étroits

Où l'esprit se macère et la chair agonise :

Nous sommes le ciment d'une nouvelle éghse

Et nous n'attendons plus des hommes et des dieux

Qu'une rapide mort qui nous ferme les yeux.

Cueillons le jour ! L'aurore à l'horizon flamboie, Un arbre, lourd d'oiseaux, chante un hymne de joie. Levons-nous, levons-nous et, les deux bras ouverts Comme si nous voulions étreindre l'Univers, Laissons monter en nous de l'antique Cybèle L'âme végétative et la force étemelle.

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