‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 3 sur 47 · VISION D'AURORE · texte numérisé non relu

VISION D'AURORE

Naïs, devant la mer, d'une main délicate, Détache à son manteau la fibule d'agate. Et, sous l'ombre d'argent pâle des orangers. Elle effeuille, un par un, ses vêtements légers. L'onde à ses pieds s'allonge et lascive murmure. Naïs déroule avec lenteur sa chevelure Et, brusque, vers la mer, en poussant un cri fou, S'élance, les cheveux bondissants sur le cou. Le flot saisit Naïs, la roule et la parfume ;

Mais elle, d'un coup prompt, se lève de l'écume. Les deux bras arrondis, le corps souple et cambré. Et dresse, au clair matin, vers le soleil doré, — Vierge, vase vivant d'amour et pure amphore, - Le marbre de sa chair qui ruisselle d'aurore.

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