MIDI ATTIQUE
Néère offre à Paies une amphore de vin.
« Prends, dit-elle. Midi ne brûle pas en vain,
Et ma boisson pour tes lèvres sera plus fraîche
Que la chair de la figue ou le jus de la pêche. »
L'éphèbe nonchalant qui daigne s'apaiser
Goûte au vin de Néère et demande un baiser.
Néère de nouveau lui tend l'amphore pleine :
« Les ruisseaux sont taris, le jour n'a plus d'haleine,.
Mon Bien- Aimé, voici le breuvage des dieux.
Bois à même. » Il refuse alors, ferme les yeux :
« Je n'ai plus soif, va-t'en. » Soumise bien que lasse,
Néère aux seins puissants sur son épaule place L'amphore et, vers les monts où chante la forêt. En un balancement s'éloigne et disparaît. Le jour brûle. Paies entr 'ouvre la paupière. Il étire ses bras transparents de lumière Et mûrit, dans la plus exquise volupté, La grappe de son corps au soleil de l'été.