‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 31 sur 47 · CONSOLATION · texte numérisé non relu

CONSOLATION

>;Ke brûle pas tes yeux de larmes et renoue fes cheveux languissants dont se voile ta joue, entends mon pas. C'est moi qui viens. Je suis vivant Et t'aime. Bois mon souffle en l'haleine du vent, Que la nuit te soit fraîche ainsi que les mains nues Dont je couvrais ton front, le soir, dans le jardin. Je suis vivant ! Ce cri monte dans le matin Comme un jet de lumière et dissipe les nues. Il fait jour. Le soleil éclate. Ton amant Vit ! Crois-moi ! Bientôt je reviendrai simplement Comme m'ont toujours vu les hommes et les choses.

- go ~

On ouvrira la porte et j'entrerai. Des roses

Effeuilleront leur grâce en pétales légers

Sur la table d'étude où rêva ma jeunesse.

Je suis vivant ! Souris à la nature et laisse

Aux murs de la maison les verts pampres chargés

Du muscat savoureux que la guêpe dévore :

J'aime cueillir les fruits tout humides d'aurore.

Je crus mourir, c'est vrai. Mais qu'importe ! Je viens

Geins ton front du rameau des rêves anciens,

Illumine tes yeux d'un rire. Ma pensée

Au rosier de ton cœur fut toujours enlacée.

Me voici. Je te vois défaillante, et, tout bas.

Tu dis : « Est-ce bien lui, mon Aimé ? Que je touche

Son visage ! » Et la fleur ardente de ta bouche

Se tend, et ton beau corps s'écroule dans mes bras.

Hôpital de Cahleni^ Août 191 7.

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