LA LAMPE D'AMITIÉ
La lampe d'amitié que ta main frêle pose,
Parmi les fleurs d'avril et les livres ouverts,
Sur ma table, où j'ai lu pour toi mes derniers vers.
Est un bijou de vieil argent et d'onyx rose.
L'orgueil du jour's'étend sur la ville. Tes yeux
Brillent, pleins de jeunesse et de fine indulgence,
Tes discours ont des mots tendres et lumineux.
Et je nourris mon cœur à ton intelligence.
Mais' la nuit vient. Tu pars. L'ombre envahit la cour.
Un dernier angélus s'alanguit sur la viUe.
O femme ! l'amitié s'éteint avec le jour.
Et je lève, en pleurant de tristesse et d'amour,
Mes yeux inconsolés vers ta lampe inutile.