EN MARGE DE LONGUS
Chloé, jeune bergère ancienne, vous êtes
L'image du printemps que couronne l'amour
Et vos yeux ont l'éclat sombre des violettes.
Les arbres au zéphyr jettent des fleurs, le jour
Nimbe d'or lumineux votre tête d'ivoire,
Mais vous pleurez, hélas ! et les nymphes des bois
Écoutent le plaintif appel de votre voix :
« Que ne suis -je, ô Daphnis, ta chevelure noire
« Pour couvrir ton épaule et parfumer ton corps,
« La flûte qui reçoit du baiser de ta bouche
« Une haleine chantante en de touchants accords,
« Et la paille menue où ta beauté se couche.
« Que ne suis- je, Daphnis, le fruit mûr que tu mords ! »