Sous le manteau
,ox ;mii Orlando, peintre du plus grand mérite, voulut un jour prendre un bain. Ce désir n'avait rien d'exorbitant. — Demeurant dans le quartier de la Madeleine, il fit choix du premier établissement qui lui sauta aux }eux.
Une dame, installée au comptoir, lui demanda s'il désirait un bain complet.
— Complet, oui... Qu'est-ce que c'est? demanda Orlando.
— Avec un fond de bain... et un son, répondit la dame.
sous LE MAXTUAU
— Comme vous voudrez.
La dame dit :
— Conduisez Monsieur au premier.
Pourquoi conduisait-on Orlando au premier? C'est ce dont il ne s'inquiéta guère.
Cependant il y avait un motif. Le premier étage était réservé aux dames en temps ordinaire. C'était le Côte des dames. Mais ce jour-là tombait un samedi, et le samedi, à ce qu'il paraît, on se baigne plus que les autres jours. Pourquoi ? Je n'en sais rien. On m'a dit que certaines femmes de modeste extraction tenaient à se tenir plus propres pour le dimanche. C'est un mvstère que je laisse à éclaircir aux naturalistes.
Mon ami Orlando n'y voyait pas tant de malice et se laissa conduire au premier étage.
Lorsque son bain eut été préparé, le garçon qui l'avait conduit lui dit :
— Monsieur voudra bien sonner pour son linge. Que faut-il à Monsieur ?
— Un peignoir et deux serviettes.
— C'est bien.
Et la porte se referma.
Pendant qu'il se déshabillait, Orlando entendit, dans le cabinet à côté, un duo de voix argentines et rieuses qui lui révélèrent qu'il