‹ Sous le masque de "William Shakespeare": William Stanley, VIe Comte de DerbyChapitre 41 sur 43 · Brit. Mus. press mark : K. 2, d · texte numérisé non relu

Brit. Mus. press mark : K. 2, d

William à l'égard de l'art musical». Il est probable que d'autres compositions avaient été élaborées par le comte ; celle qui nous est parvenue a dû sans doute sa publication aux instances de Pilkington. Son fils James partagea ses goûts.

Pour peu que l'on songe maintenant aux rapports si nombreux et si intéressants qui existent entre les œuvres de Shakespeare et la musique, les rapprochements que nous venons défaire s'imposeront comme singulièrement dignes de retenir l'attention. Dans ce domaine comme dans les autres, le lien qui existe entre ce théâtre et son auteur véritable apparaîtra comme très frappant. Il n'est personne, parmi les fervents de Shakespeare, qui n'ait été conduit à considérer le grand dramaturge comme un adepte de l'art musical. Désormais, les choses s'éclaireront, alors que la croyance traditionnelle les rendait si peu explicables : le grand seigneur qui a conçu le Soir des liois, le Marchand de Venise, La Tempête *, Comme il vous plaira ', Jules César,

1. Les musiciens de Chester étaient très appréciés ; ils se lirent entendre, en 1596, à Gawthorpe Hall en Lancashire, où se rendaient fréquemment, vers le même temps, les comédiens de Lord Derby (Murray, II, 391, et suiv.). Les ancêtres de ce dernier avaient entretenu des troupes de musiciens ; son beaupère, le comte d'Oxford, également : la troupe de ce dernier se fait entendre à Oxford, en 1581-1585.

2. On sait le rôle que jouent dans cette pièce la « musique solennelle », la « douce musique », la « musique céleste ».

3. Quelle aimable série que celle des chants et chansons de cette ravissante pastorale I Combien la concordance qui apparaît entre les situations et la musique qui les accompagne (se. 5 et 7, acte II, se. 2 de l'acte IV, se. 3 de l'acte V, etc.), est juste et émouvante !

298 sous LE MASQUE DE SHAKESPEARE

et Othello *, connaissait assez la musique pour être en état d'aborder la composition, et justement le morceau qui nous est venu de lui s'applique à une danse d'apparat qui se trouve citée dans Shakespeare. Par ailleurs, le même personnage prouve son active sollicitude pour la musique en encourageant de ses deniers la pratique de cet art dans la ville où il faisait sa principale résidence *.

Ainsi, vers quelque domaine que nos recherches se portent, de multiples concordances nous apparaissent, claires, probantes et décisives, entre les faits de la vie de William Stanley, sixième comte de Derby, et le théâtre publié sous le nom de William Shakespeare.

1. Est-il, dans tout le théâtre moderne, un .emploi plus juste, plus émouvant de la musique que celui que nous offre la se. 3 de l'acte IV d'Othello, avec la chanson du Saule ?

2. Les citations des pièces shakespeariennes ont été le plus souvent empruntées à l'excellente traduction d'Emile Montégut (10 vol. in-12, Paris, Hachette), avec les modifications et corrections qui nous ont été suggérées, en un certain nombre de cas, par l'étude des textes originaux.

Page 1