CE QUI RIE MEURT PAS
A Madame Séverine.
Dans leur Appel autc Femmes^ publié dans le Siècle, quelques-unes viennent de donner un noble exemple.
Ah I pour prendre parti, elles n'ont pas attendu que les lois leur aient conféré Télectorat et l'éligibilité ; elles possèdent, au-dessus de tous les pouvoirs politiquesi^ et sous tous les régimes, un droit universel, que n'arrêtent pas les. frontières, et dont l'exercice ne leur fut jamais.contesté : la Pitié I
Le moment estéchu/où l'affaire Drey-
S68 sous LE SABRS
fus doit passionner tous les cœurs féminins : cela n'est pas compliqué. Traître ou pas, qulmporte I Jugé légalement ou iniquement, qu'importe ! Les femnies, pour s'émouvoir, n'avaient qu'à connaître ceci :
un homme agonise, que sa femme veut faire revivre ; on le lui interdit — au mépris même des lois.
Voilà l'infamie des Hanotaux et des Barthou, complices du sinistre Lebon, à qui il faut rappeler ces lignes du philosophe : « Il n'est rien qui soulève jusque dans ses profondeurs notre sentiment moral autant que la cruauté. Toute autre faute, nous pouvons la pardonner ; la cruauté, jamais. La raison en est que la cruauté est précisément le contraire de la pitié... C'est donc quand une action s'écarte extrêmement de la pitié qu'elle porte comme un stigmate le caractère d'une chose moralement condamnable, méprisable. La pitié est par excellence, le ressort de ^.a noralité. » Mais, peut-être.
sous LE SABRR 269
ces paroles sont contestables, pour nos fiers nationalistes qui ne doivent pas admettre qu'on cite TAlIemand Schopenhauer!
Il est regrettable que l'initiative de cette adresse généreuse ait été toute privée :
il n'y a donc pas à l'Elysée ou dans les ministères une femme qu'aient révoltée les barbaries de ces tortionnaires ? Il est regrettable qu'il ne se soit pas trouvé auprès des maîtres de la République une républicaine pour faire ce que firent plus d'une fois des femmes, des filles, des maîtresses de rois ou d'empereurs : crier grâce... Elles eussent évité, pour l'avenir, une souillure de sang au nom de leurs pères, de leurs maris.
Cette protestation des femmes de France a paru à son heure ; mais il était temps.
Car, Vraiment, malgré les revendications et les progrès du féminisme^ le spectacle est plutôt affligeant...
Evidemment, ce n'est pas en vingt-cinq
aiîs que se réforment les mœurs : mais quelque chose devrait luire, au moins, de l'avenir. Or, il n'apparaît pas que la condition de la femme est changé le moindrement. Misérables, en bas, futiles en haut, de haut en bas le peu d'émancipation de ces dernières années n'a guère fait d'elles toutes que des bicyclistés.
Elles ont envahi les vilains endroits où les hommes allaient seuls autrefois. Et c'a été à peu près le seul résultat de tant de campagnes pour arracher la femme au prêtre.
Oh ! il ne faut pas désespérer ! Curiosité fatale et qui se lassera. Après quelques expériences, la femme cherchera le bonheur^ et découvrira le sens de la vie ailleurs que dans le banal plaisir où elle s'égare. Elle reviendra au foyer — je ne veux pas dire sous la domination de l'homme, mais dans l'entente, dans l'égalité avec lui : aujourd'hui, la femme est Tennemie de l'homme : elle convoite ses emplois, son apparente liberté, sa fausse
indépendance : c'est la lutte, un conflit désastreux qui ne peut mener à rien...
Après des siècles et des siècles d'asservissement social, la femme libre ne pouvait se dégager d^un coup; il ne peut surgir, d'un coup, la femme neuve, débarrassée de tous les liens antiques. C'est de cela qu'elle souffre — et que l'homme souffre aussi : la femme n'est jamais seule à souffrir... !
Que se passe-t-il ? L'homme à qui la femme a déclaré la guerre on prend nettement son parti. Il se réfugie dans le passé, il épouse, le plus qu'il peut, la femme non atteinte de /emtm^mi?; il épouse .
la « petite oie blanche » — et douillard^ — de Marcel Prévo par peur des demivierges intellectuelles. À moins qu'il n'épouse personne, et qu'entre les oies ef les grues, il ne préfère la solitude.
Hélas ! l'émancipation vraie de la femme n'est pas proche. Celles que leur fortune fait libres, en somme, n'exigent pas da-
Vantage^ la plupart du temps. Le monde, les fêtes et le reste, — ça leur suffit, -^ s'il faut en croire leurs journaux, leurs romanciers et leurs auteurs dramatiques !
Voyez Figaro ! Voyez Gaulois 1 Car a la femme du monde » en est arrivée à la publicité, comme les ftUes. Entre deux échos scandaleux, s'insère le grand dîner de la veille, du faubourg Saint-Germain — et la bourgeoisie singe de son mieux Taristocratie. Tout ce que le monde nous livre de lui-même dans les journaux est bien lamentable ! Misérable tourbillon où s'engouffrent des existences qui pouvaient être admirables !
Mais les plus pures, les plus saines s'abîment dans ce vide. Lisez le poignant roman de Clemenceau, Les Plus Forts y où entre deux enseignements différents, se débat une charmante fille, d'abord résis- Lante et brave, puis entraînée, du poids de ses millions, vers la vie imbécile et vaine, « de son monde »•
Il faut bien constater que les femmes sont enchantées de lire d'elles, aux échos mondains, sur leurs épaules et leurs visages, ce qu'on lit à la page suivante, à peu près dans les mêmes termes, sur la performance d'une jument de course.
Comment toutes ces perruches empoisonnées comprendraient-elles quelque chose à l'acte sublime de M™* Dreyfus — réclamant depuis trois ans de partager la case de son mari, son supplice, à l'Ile du Diable.
Des tableaux vivants, des ventes de charité, des dîners, des bals, des gardenparties, des records de bicyclette, des promenades en mail ou en automobile, des visites aux établissements mal famés de Montmartre, etc., etc., — tout cela, oui !
Il y a donc autre chose ?
Les femmes qui ont signé la protestation du Siècle l'ont pensé.
Le Gil Blas, le Journal, le Figaro^ le
274 SCUS LE SABRB
Gaulois auront la discrétion de ne pas s'occuper de cette manifestation sévère, qui jetterait un froid dans Torgie parisienne ; il serait pourtant intéressant d'avoir Topinion de Gyp là-dessus?
11 n'y aura guère que la Fronde et ses vaillantes collaboratrices pour féliciter les
signataires de l'appel du Siècle.
Cependant, une fois de plus quelquesunes auront sauvé Thonneur de toutes, méritant l'encens du poète :
Quand tout se fait petit, l'emmes, vous restez grandes I
Et c*est à votre front qu'on voit .monter le rouge, C^est vous qui vous levez et qui vous indignez, Femmes, le sein gonflé, les yeux de pleurs baignés...
... Gloire à tous!
Oh ! oui, vous Mes bien le sexe fier et doux, Ardent au dévouement, ardent à la souffrance, Toujours prêt à la lutte, à Béthulie, en France» Dont Tâme à la hauteur des héros s'élargit, D'où s'élève Judith d*où Charlotte surgit !
Vous mêlez la bravoure à la mélancolie.
Vous êtes Porcia, vous êtes Cornélie, Vous êtes Arria qui saigne et qui sourit.
Oui, vous aveE toujours en vous ce même esprit
Qui relève et soutient les nations tombées, Qui suscite la Juive et les sept Macchabées, Qui, dans toi, Jeanne d*Arc, fait revivre Amadis, Et qui, sur le chemin des tyrans interdits, Pour les épouvanter dans leur gloire éphémère. Met, tantôt, une vierge, et tantôt, une mère t
Il y a donc des femmes, qui sont des femmes, devant qui prosterner notre admiration. Elles portent des noms dont la patrie peut être fîère. Ne les nommons pas :
elles s'appellent surtout la PITIÉ — ce qui ne meurt pas — selon le beau titre de Barbey d'Aurevilly.
Rochefort, pour qui tout ce qui touche à Dreyfus est devenu maxime de crachats et d'injures, n'a pas manqué d'insulter à la douleur sacrée : il a raillé M"' Dreyfus sur sa demande de rejoindre son mari.
Et il a menti, comme toujours, s'étonnant que la femme du condamné eût mis trois ans à faire celte demande. On a publié les lettres constatant que, tout au début, et trois fois depuis, M"' Dr:yfu3 avait im-
ploré des ministres d'être autorisée à partir : V Intransigeant s'est bien gardé de reproduire le démenti à ses ignobles allégations. Il faut espérer que la verve sénile de Rochefort, réchauffée au soleil de la Turbie, va s'exercer aussi sur les femmes qui n'ont pas craint de jeter leurs noms à la foule, dans une simple question d'humanité.
Mais il est à craindre que leur appel n'ait été trop tardif...
On escompte si bien, au ministère, la mort de Dreyfus, que des caisses d'aromates ont été expédiées à File du Diable — pour embauma le corps.,.
Le tortionnaire Lebon, en faisant ramener le cadavre, veut se justifier de toute accusation de mort violente... •
Le Bourreau commence à trembler devant la menace de toutes les femmes de toutes les mères.
ÇA COllUEIVCEt
A Maurice Montégut-
Les Cannibales hurlent, ivres de joie.
Qu'ils triomphent vite: ils pourraient ne pas triompher longtemps.
Enfin, c'est fini ! éclatent-ils.
Mais ils savent si bien que ce n'est pas fini, qu'ils réclament déjà du gouvernement des lois nouvelles, des bâillons pour la presse indépendante.
Vainqueurs d'^une heure, ils sentent bien que leur succès n'est rien moins que définitif I
Fragile victoire que celle de FEtat-Major — la seule qu'il ait remportée depuis cinquante ans, comme dit excellemment Gérault-Richard !
Si nous analysons les résultats de la
campagne, pour le syndicat Esterhazy, le butin est maigre :
Zola condamné, Leblois révoqué de ses fonctions d'adjoint, Picquart évincé de Tarmée, Schéurer-Kestner dépouillé de la vice-présidence du Sénat ! c'est-à-dire, le génie et l'honnêteté frappés dans les personnes du grand écrivain, du probe avocat, de Tofficier d'avenir, de l'homme politique intègre! Et Grimaux cassé, et Chaplin suspendu ! Tout cela par quels moyens I — et contre la loi, le droit, la justice, la révolution !
Notre défaite ne va pas sans des profits considérables :
L'illégalité commise par le Conseil de guerre de 1894 est prouvée.
La production des pièces secrètes en dehors de la défense et de l'accusé est prouvée.
Voilà les éléments irréfutables qui suffisent à provoquer la révision d'un procès inique.
sous LE^ SABRB 279
Le bordereau n'est pas de Dreyfus, lés pièces secrètes sont fausses.
Voilà pour rinnocence de Dreyfus.
Et ils voudraient que ce fût fini!
On peut emprisonner Zola, on peut, s'il récidive, par des lois scélérates, le jeter sur la route de Texil.
Assises aux bornes du chemin, des ombres illustres se lèveront à son passage :
Thémistocle, Aristide, Anaxagore, Phidias, Eschine,Démosthènes,Scipion,Sylla, Marins, Cicéron, Ovide, qui expiait le long du Danube le crime « d'avoir vu quelque chose ! » ; Dante, chassé de Florence ; Camoëns, banni de Lisbonne; Descarteà, RousseçLu, Voltaire, contraints de s'éloigner ; M""' de Staël, Adam Mickiewicz, Lamennais, Victor Hugo, Elisée Reclus, tous les errants de Tidée, de la gloire ou delà foi, qui, à un moment donné, « sont de trop dans leur pays », à toutes les époques, écartés delà Patrie 1
Les Boisdeffre, le^ Esterhazy, les Pel-
280 sous l,E SABRE
lieux qui doivent nous conduire « à la prochaine boucherie » peuvent arracher de jurés terrorisés les pires verdicts : la menace du Sabre n'arrête pas le cours de ridée : les brutalités immondes, les provocations grotesques approuvées par leurs chefs, des Lannes de Montebello et des Nysseuil, ne sauraient empêcher la voix des Labori et des Clemenceau, de dépasser la salle composée des assises — où des officiers en civil simulaient la foule I
C'est qu'il y a une arme infaillible contre la force armée, « une arme qui a la légèreté du vent, et la puissance de la foudre : une plume î » Et nul canon n'est de calibre assez fort pour dispersera l'émeute des intelligences vers l'aurore ».
Assez, c'est fini !
Admirable, en vérité ! Parce que — par surprise — un général avocat, Trochu de Pellieux, a obtenu la condamnation de Zola, les Culs Rouges du Cherche-Midi et de TEtat-Major deviendraient inattaqua-
bles et sacrés ! 1870 serait oublié, on se tairait sur le Tonkin, la Tunisie, Madagascar ; on ne parlerait plus de Tassaut mené par le Pouvoir militaire contre nos garanties civiles et sociales.
Le coup de botte éperonnée dans la balance de la justice, on supporterait çà ?
Non...
Il n'y aura pas de loi capable d'incliner les fronts libres devant la mémoire du fou Sandherr, devant Tataxie dé du Paty de Clam, Thomme aux femmes voilées, devant le Hulan Esterhazy.
Ce n'est pas fini, tant que la République sera en butte au péril rouge, au péril noir; tant que les faiseurs du coup d'Etat et les chanteurs de Te Deum nous crieront Vive r armée !
Nous ne crierons Vivelarméel nous, que quand l'armée criera la première : Vive la République f
Pour la Croix, pour V Autorité, pour le P. Bailly et pour Paul de Cassagnac, est-ce
que : Vive F armée ! ne signifie pas A bas la République ! Ils ne s'en cachent pas d'ailleurs, eux, ce sont des adversaires de face.
Ce ne sera pas fini, tant qu'il y aura les adversaires obliques, un Sénat, une Chambre, un gouvernement, un Président dérisoire, qui font passer les intérêts électoraux avant l'intérêt supérieur de la Justice !
Lâchetés momentanées, espérons-le, de toutce qui ne veut pas risquer son siège par une opinion contraire au sentiment de la France égarée.
Toute la Chambre a voté hier pour Billot.
Boisdeffre, Pellieux, Esterhazy.
Souhaitons quil ne soit pas trop tard, lorsque radicaux et socialistes, lorsque les républicains de nom voudront secouer le joug, et devenir des républicains de fait...
Non, ce n'est pas fini, tant que Fantisémitisme, qui masque le retour offensif de l'Eglise, pourra déchaîner la guerre de religions, tant qu'on pourra désigner à la haine et à la cupidité de la populace des
citoyens français d'une autre confession, tant que des bandes innommables, conduites à Alger, par les Max Régis ; à Paris, par les Thiébaud et les Guérin, pourront piller et tuer, aux cris barbares de : Mort aux Juifs !
Non, ce n'est pas fini, tant qu'une presse, de mensonge, de délation, d'infamie continuera d'empoisonner le peuple d'erreur et de haine.
Assez, assez, crient les Barthou, de la petite classe des jeunes profiteurs, les Poincaré, les Hanotaux et les Leygues : il faut faire les élections en paix.
Assez, assez, crient les Drumond et les Rochefort, tout en lançant la tourbe antisémite contre les boutiques juives. Et Drumond s'embarque pour l'Algérie, où le déraciné de Nancy et de Neuilly, Maurice Barres, va chercher un mandat de député, africain.
Assez, assez, ciioiil Sabatier-la Gourde et le juif Pollonnais, las des regards iro-
niques et dégoûtés de toute leur rédaction à leurs décorations policières.
Assez, assez, crie, dans la Patrie, Millevoye, rhomme du nègre Norton, et du négrier Jaluzot.
Assez, assez, crie le Cornély de Périvier, il y a trois mois, le Cornély d'Arthur Meyer, de qui il s'est séparé justement à cause de Taffaire Dreyfus ; le Fiffnro s'est illustré par cette recrue indépendante, digne de Forain-la-Trouille et de Talmeyr- Pacha, l'austère moraliste qui, désormais, ne serrera plus la main de M* Labori, chez qui il dînait naguère — et chez qui il collaborait à la Revue du Palais ! Intransigeant Tâlmeyer, je vous Faî déjà dit, c'était la main de Rodays qu'il fallait refuser, quand le Figaro menait campagne pour Dreyfus — puisque cela heurtait vos susceptibilités, ô Talmeyr-la-Frousse..
Assez, assez, crient les Simond A^VEcho de Pains — qui n'en pensent pas un mot d'ailleurs. Jugez, s'ils sont à leur affaire,
pour rinstant. Ih suppriment leur rédaction littéraire — très coûteuse, pour là remplacer par les scribes de la rue Saint- Dominique et de la Préfecture : tout bénéfice, pour la tribu de la rue Taitbout.
Assez, assez, crient les Judet, les Marinoni, les Dupuy.
Assez, assez crie Fernand Xau, à la res4 cousse dans le Gil Blas et le Journal^ Fernand Xau, qui, d'abord, sollicita d'Emile Zola, en les payant, les articles que l'auteur de Paris donnait pour rien, au Figarol Le ruban de Sabatier-la-Gourde, fait loucher Xau, qui ne réfléchit pas, que, décoré,' il ne pourra plus porter à sa boutonnière la touffe de fleurs, bien plus jolie, qu'il à coutume d'y accrocher. C'est bien : Xau sera décoré en juillet: nous aurons la promotion Xau Delegorgue-Vert-Voort: et nos collaborateurs off'riront un banquet à Xau ; toute la maison Letellier y sera et il y aura de la platitude à en revendre, de nos meilleurs écrivains servant le patron.
Et, puis, cela ne fera pas que rien soil fini...
Ni la coalition du sabre et du goupillon, ni des lois forcenées, ni des Chambres affaissées, ni même la majorité de la na-!
tîon affolée par les journaux du syndicat Esterhazy^ ni surtout l'imbécile et coupable antisémitisme, rien ne fera que ce soit fini.
Zola n'est pas seul.
Qu'on raille les intellectuels, il les a avec lui.
Il a avec lui les hommes de pensée contre les hommes de pouvoir.
Tmis les regards qui ne sont pas déviés par les bas intérêts de la politique et du fanatisme militaire ou religieux sont tournés vers l'île du Diable, vers un rocher où agonise un homme, jeté là, au mépris des lois et du droit le plus élémentaire.
C'est un défi à la civilisation, à l'Humanité tout entière.
Ce nom de Dreyfus, contre qui se sont
rassemblés tous les corps licenciés de la Boulange pour la guerre à la République, nous le répéterons sans trêve '
Tibère, à Texil, ajoutait Toubli : défense de prononcer le nom de l'exilé.
Votez une loi pareille.
Mais le flot, de cent mille lieues, viendrait vous le crier encore, ce nom de remords.
i< Dans les assemblées, ivres de leur triomphe et de leur pouvoir^ les minorités étant les trouble-fête, senties souffre dou* leurs.
« C'est dur de rouler cet inexorable rocher de Sisyphe, le Droit ; on le monte, il retombe. C'est là Teffort des minorités... Huer, avant de proscrire, c'est le pi^océdé des majorités furieuses... 11 y a des saisons sociales, il y a pour la civilisation des traversées climatérîques, qu'importe notre fatigue dans Touragan ! La prospérité ma»
térielle n'est pas la félicité morale, Tétour* dissement n'est pas la guérisoni l'oubli
288 sous LE SÀBBE
u'estpas le paiement. Aidons, protégeons, secourons, avouons la faute publique et réparons-la. Tout ce qui souffre et accuse, tout ce qui pleure dans Tindividu, saigne dans la société ; personne n'est tout seul, toutes les fibres vivantes tressaillent ensemble et se confondent ».
Du Victor Hugo, qui pourrait être médité par les Lockroy et les Pelletan.
C'est fini, assez, c'est fini ?
Non.
Ça commence... *
1 Au moment où je corrige les épreuves de cet article la Cour de cassation annule Tarrêt de la Cour d'ctssUe* dans le procès Zola.
On a décidé d'intenter de nouvelles poursuites — à Versailles.
Les hardis militaires de l*Etat-Major préfèrent la ville du Sabre, la ville des répressions, à la ville des révolutions.
Ils préfèrent Satory à Montmartre... Ces puériles et grossières stratégies n'arrêteront pas « la vérité eu marche ».
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES
Pagai
Marchands d*opini&Qs i
f.es valets de Popinion 11
f.es complices 23
Le clown Rochefort 33
Le « Neveux » de Leygues 35
Les deux Muurîce 49
Le trottoir 63
Vive Zola , . . 73
Allez-y 85
Les généraux de la République 97
Pas de sabre 107
^e dernier refuge Jl"^
SijVHais -,.,,. 129
292 TABLE DES MATIÈRES
Rienuevapliu 141
La bête noire 153
Hommage à Zola ........... 163
Jeux de cartes 179
Le bon Lebon. . 189
Rodomontades SiOl
UJl - .... 211
Les mauvais Juifs 220
Le conseil du désordre 233
L* Agonie d'une chambre 248
L'Ennemi du Peuple 259
Ce qui ne meurt paa 267
Ça commence! •••...••... 277
INDEX ALPHAi^iniQUE DES NOMS GITES
A^dam (Paul).
Ajalbert.
Allais (Alphonse).
Anastay.
Anaxagore.
Andrade.
Arc (Jeanne d').
Arène (Emmanuel).
Aristide.
Armée française {V).
Auffray.
Auffray (Jules).
Autorité {V).
Auriol (Georges).
Aurore («').
Bailly (R. P.)
Balzao.
Barbey d'Aurevilly.
Barbes.
Barboux.
Barrés.
Barthélémy.
Bartholomé.
Barthou.
Bataille (Alb.)
Baûer (Henry).
Beaumarchais.
Bergerat.
Bergouignan.
Bernard.
Bernard (Tristan).
Bertrand.
Billot.
Bizet.
Blanc.
Blanqui.
Boîsdeffre (Général de).
Boissonnet i Commandant).
Bonnamour.
Boucher 'Maurice).
Boulancy (Madame de).
Boulanger.
Bourgeois.
Bourget (Paul).
Bréal (Michel).
Brémçire (Paul de la).
Brieux.
Briey.
Bruck (Mademoiselle).
Bnigère.
Branetière.
Galas.
Calmelte (G.) Gamoëns.
Ganivet.
Caran d^Ache.
Carnot.
Carrière.
Case (Jules).
Cassagnae (Paul de).
Cavalgnac.
Cazet.
Géard.
Gh&leaubTiand.
Choudlen.
Cicéron.
Clairin.
Clemenceau (6).
Clemenceau (M*.)
Qoutier.
Cochon.
Coraminge (Mlle de).
Conte (Ed.)
Cook.
Corday ^Michel).
Coméîy (J.)
Coste iMgr).
Cri de Paris {U),
Croix (la).
Courot.
Courtoline.
Cousin.
Couyba.
Dante (le).
Daudet.
Débats (J. des),
Degas.
Delahaye
Delegorgue.
Démange.
Démosthène.
Dépêche de Toulouse {la),
Déroulède.
Descartes.
Descaves.
DeschaneU
Descubes.
Desplats.
Desprez (Colonel).
Donnay.
Dosloieskl.
Doumer.
Dreyfus.
Droits de V homme (les).
Drouhant
Drumont,
Du Buit. '
Dudaux.
Dufayel.
DumouHez.
Dupuy (Jean.)
Durand.
Eclair (l\
Echo de PaHs {V).
Esebino.
Esparbès (Georges d*).
Esterbazy.
Fabre de IHérauU.
Pages (Vabbéi.
Fanre (FélixV Pigaro (le).
Forain.
Forlior Maire.
Kouquier France ^Anatole) FranclielU Frollo (Jean).
Fronde ijid)
Galle.
GtUli.
Gast (Edm.)
Gaulois (le)»
Gavaait.
Gelfpoy.
Gerault -Richard. .
GerviLle-Réache.
GU Blas {le).
UoDiet.
Godillot.
Gohier (Urbïdn).
Concourt.
Conse (Général)
Gouvion StrCyr.
Grimaux.
Guénn.
Léandre.
Guitry.
Lebas.
Gnizot.
Leblanc (Maurice).
Guyot ..Yves),
Leblois.
Gyp.
Leblond.
Lebon.
Halévy.
Lebon (Maurice).
Hanotaux.
Lebrun-Renaud.
Havet.
Lecomte (Georges).
Heine (Ilenri).
Legrand (Th.)
Henri (colonel).
Léouzon le Duc.
Herbinger.
LepelleUer
Hermann PauL
Le Provost de Launay.
Hermant.
Le Roux (Hugues).
Hervieu.
Leroy Beaulieu.
Homère.
Le Senne.
Houcliard*
LeteUier.
Humbert.
Levasseur.
Huret.
Leygues
Libre Parole {la).
Ibels.
Lintilhac.
Ibsen.
Lockroy.
Innocenll.
Intransigeant (V),
Lockroy (Madame).
Lucas.
Jaluzot.
Jaurès.
Mackau (Baron de).
JolUvet
Maeterlinck.
Jour (le)
Magnard.
Jourdan.
Maizeroy.
Journal (Zd)«
Mallarmé.
Judet.
Marat.
Marguerite (P. et V.)
Kerst.
Mariani.
Eléber.
Marin ^ug.)
Kock (Paul de).
. Marinoni.
Marni (J.)
Labori.
Malin 'le).
La Jeunesse.
Marins.
Lallemand.
Masséna.
Lamartine.
Meîsi^onnier.
Lannes de Montebello.
Mercure de France (le),
Lauze
Méline.
Lavodan. .
Mendelsohn.
Lavisse.
Mendès.
Mercier.
MerUn de Thionville.
Meyer (Arthur).
Micholet.
Mickiewici.
MiUaud.
Millerand.
Millevoye.
BAirbeau.
Monet (Claude).
Montaigue.
Mores.
Napoléon.
Négrier.
Neveux.
Norton.
Nysselt (de).
Officiel (Jouvnat).
Ohnet (Georges).
Orléans (prince d').
Ormescheviile (d*).
Ovide.
Par&s (Colonel).
Pasteur.
Patrie (la),
Patry (colonel).
Paty de Clam (du).
Pauffln de St-Morel,
Périer (Casimir).
Périvier.
Pelletan (Camille).
Pellieux (Général de).
Petit Journal {le).
Petit Parisien (lé).
Petite Réjpublique (la).
Phidias.
Pichon.
Picquart (colonel).
rio V.
PI<:savo.
PoincarÔ.
Pollonnais.
Prado.
Pranzini.
Prévost.
Psst {le),
Quesnay de Beaurepalre.
Quinet.
Rambaud.
Rameau (Jean).
Ranc.
Rappel (le),
Ratisbonne.
Ratisbonne (Louis).
Ravary.
Reclus Elisée).
Régis (Max).
Régnier (Henry de).
Reinach.
Renan.
Renan f Ary) ;
Renard (Jules).
RévUle.
Revue Blanche {la).
Revue des deux Mondes
(la).
Revue de Paris {la).
Revue hebdomadaire (Za).
Rewbell.
Richepin.
Richet.
Rire (le), Robespierro.
Rochefort.
Rod (Ed).
Rodays (de). Rodenbach.
Rodin.
Rosny.
Rothschild.
Rouanet.
Roujon.
Rousseau.
Sahallcr.
Sainte Marie.
Saint-Jnst.
INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS tlITÉS 297
Sandberr.
Scheurer-Kestner.
Schopenhauer.
Scipion.
Sée (général). '
Séverine.
Shakespeare.
Siècle (Le).
Sifflet {le).
Silvestre (Armand).
Simond.
Soir (lé).
Spinoza.
Staël (Madame de).
Stendhal.
SUegler (Q.)
Sylla.
Tadte.
Talmeyr.
Temps (le),
Thémystocde.
Theuriet.
Thévenet.
Thiébaud.
Thomsen (Mlle).
Tibère.
Tissot.
Tolstoï.
Trarieux;
Trochu.
YaiUant.
Yan GasMi.
Vaquez.
Verlaine.
Vervoort.
Victor Hugo.
Tiélé Griffin.
Vigny (Alf. dej.
Villiers de l'Iale Viviani. Voltaire.
Xau (Fer .
Zola ^Imlle).
RETURN CIRCULATION DEPARTMENT TOi-N^ 202 Main Library