AVENIR
Souffle qui m'agitez, âme, étrange assemblage Des plus contraires passions,
Cœur à qui rien ne plaît et dont rien ne soulage Le doux besoin d'effusions,
Jusqu'à quand ferez-vous que j'ignore moi-même, Parmi vos coups et vos erreurs.
Quel est l'unique objet que je cherche et que j'aime Avec cette aveugle fureur ?
Je marche, sans savoir le sort que me réserve Ma lâcheté ou mon orgueil ;
L'amour me joint les mains ; la volupté m'énerve ; Mon œil étincelle de deuil !
Où m'échouerai-je après une rude existence D'enthousiasme et de dégoût,
L'ayant traînée par une sombre inadvertance,
Comme un cauchemar, jusqu'au bout ?
Où me retrouverai-je un jour ? Quel équilibre Aurai-je à mes forces donné ?
Serai-je à terre ou triomphant, pâle, mais libre, Au désespoir abandonné ?
A quelle heure de nuit ou de vive lumière Rendrai-]' e avec un triste cri.
Sur quel sommet ou bien au fond de quelle ornière. Ce mol et violent esprit ?