‹ Sous le vocable du chêneChapitre 26 sur 57 · AVENIR · texte numérisé non relu

AVENIR

Souffle qui m'agitez, âme, étrange assemblage Des plus contraires passions,

Cœur à qui rien ne plaît et dont rien ne soulage Le doux besoin d'effusions,

Jusqu'à quand ferez-vous que j'ignore moi-même, Parmi vos coups et vos erreurs.

Quel est l'unique objet que je cherche et que j'aime Avec cette aveugle fureur ?

Je marche, sans savoir le sort que me réserve Ma lâcheté ou mon orgueil ;

L'amour me joint les mains ; la volupté m'énerve ; Mon œil étincelle de deuil !

Où m'échouerai-je après une rude existence D'enthousiasme et de dégoût,

L'ayant traînée par une sombre inadvertance,

Comme un cauchemar, jusqu'au bout ?

Où me retrouverai-je un jour ? Quel équilibre Aurai-je à mes forces donné ?

Serai-je à terre ou triomphant, pâle, mais libre, Au désespoir abandonné ?

A quelle heure de nuit ou de vive lumière Rendrai-]' e avec un triste cri.

Sur quel sommet ou bien au fond de quelle ornière. Ce mol et violent esprit ?

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