‹ Sous le vocable du chêneChapitre 34 sur 57 · RICTUS · texte numérisé non relu

RICTUS

Toi qui saignes par chaque fleur, Crainte d'une mort fût-ce exquise, Et par qui jusque dans mon cœur Le plaisir de vivre agonise,

Je te presse avec volupté Entre ma nuque et mes vertèbres Et, l'œil clos, le col renversé, Je me roule dans tes ténèbres !

— Ah ! tout ce que peut contenir De tendresse une ombre effrayante, Et la pensée qu'on va mourir De délicieuse épouvante !

AFFREUX MEDAILLON

Je songe au fat charmant, au dandy respectable Qui joue du lorgon d'or ou d'un flexible jonc Et qui sait respirer d'un air fashionable L'œillet de Chine avec la rose de Dijon.

Quand, pris à l'hameçon de son propre sourire, Il mirait mollement les cernes de ses yeux. Sa mèche sur la tempe et le tendre délire De son teint soutenu d'un invisible feu,

Allait-il supposer qu'une mort dérisoire

Dans cet œil de satin répandrait tant d'efïroi,

De sa poigne d'acier tordrait ce col d'ivoire,

Et qu'un soir cette chair n'aurait plus même froid !

Pour un (( lion », que c'est une horrible posture I — Et toujours il regrette, étendu sur le dos Dans ses os dispersés et dans sa pourriture, Le plaisir ravissant de sentir qu'on est beau !

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