BUSTE
Rien ne doit t'ébranler, rien ne peut te surprendre, Ni difficile joie, ni facile douleur, Que le rire et les pleurs se plaisent à répandre Dans ton œil fatigué de semblables couleurs î
Si le vent fait trembler le feuillage du chêne.
Si la pluie le dégrade et si l'automne vient,
Le chêne oppose-t-il une âme moins sereine
A leurs efforts qu'au printemps, qu'à l'été, qu'à rien?
Pourquoi donc insulter au moment qui s'écoule, Chérir tantôt la femme et tantôt le tombeau, Etre triste, être gai, sur cette double houle Promener une cendre allumée pour flambeau.
Quand l'Homme, digne objet du nom dont il s'honore, Dédaigneux des lauriers réservés aux martyrs Ou promis aux héros, d'un brin de sycomore Sur ses tempes unit le regret au désir !