VICTOIRE DE SAMOTHRACE
Je regarde la gloire avec tranquillité, Comme une plage voit la marée qui commence. Je me tais, car je sens jusques en sa présence Les jours de ma sombre jeunesse m'échapper.
Que m'importent les cris d'une tourbe inhumaine. Si le chœur des héros n'entoure plus mon char, Si les statues des Dieux sont pour moi sans regard^ Si l'applaudissement fait un bruit qui me gêne !
Mais, Gloire, à tes clairons je me fusse vendu, Si par là j'eusse fait — ô douceur vengeresse ! Battre de désespoir le cœur de ma maîtresse, Et son beau front pâlir de m'avoir méconnu !