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46 ÉTUDES PRÉLIMINAIRES Cæcum, onze espèces. Triforis, trois -especes. Fossarus. à Columbella, deux espèces.
Vitrinella. Nassa.
Adeorbis, deux espèces. Marginella.
Skenea. Ovula.
Rissoa, cinq espèces. Cerithium, quatre espèces. Turbonilla. Folinia (fig. 4) 1.
Assiminea. Balanes.
Jeffreysia. Ostracodes.
Eulima, six espèces. Foraminifères.
Turbo, deux espèces. Spongiaires.
Sigaretus. Annélides ?.
Les animaux des deux dernières classes (Spongiaires et Annélides) habitaient des perforations de leur fait; celles des Spongiaires de la famille des Vioa étaient des plus destructives.
Encouragé par M. Deshayes, qui ne nous épargnait pas ses excellents conseils, nous nous décidîimes à faire connaître une partie des espèces inédites que nous avions retirées des valves de la Méléagrine.
Parmi elles il s’en trouvait quelques-unes appartenant au genre Cæcum, qui, bien que de très petite
taille, n’en est pas moins un des plus curieux de.
tous les Gastropodes, en raison des changements qu’il opère, on peut dire, dans le test qui lui appartient. La coquille embryonnaire est d’abord hélicoïdale; en grandissant, la spire se détache du nucleus et devient tubulaire, conservant une courbure résultant du caractère initial. Lorsque le
1. Genre établi par M. Crosse d'après nos échantillons. 2. Le nombre des genres et des espèces s’est sensiblement accru depuis l’époque où ce catalogue fut dressé.
Fig. 4. — Folinia insignis, Meleagrinicole.
Iles aux Perles (Panama).
tube atteint un certain développement, le Mollusque pratique, sur un point choisi assez en arrière pour que la portion en avant puisse le contenir, une clôture, un septum; celui-ci terminé, la partie embryonnaire ou du premier Âge est détachée par une rupture et demeure abandonnée. L’animal continue sa croissance et en même temps le tube
s’allonge, toujours légèrement recourbé, un nouveau septum est formé et le test adolescent est rejeté ainsi que le fut le premier. La petite bête vit alors dans le tube définitif, qui s'agrandit jusqu'au moment où, complètement adulte, elle le termine souvent en renforçant son ouverture.
Quelques espèces montrent une ornementation … des plus élégantes.
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Remarquons combien d'enseignements nous tis rions des explorations opérées dans les valves de la : Méléagrine. Non seulement c’étaient des animaux la plupart inconnus qui nous apparaissaient, mais aussi des animaux qui nous livraient les secrets de .« leurs mœurs, de leurs habitudes dans les retraites qu'ils ont choisies et où ils sont demeurés, nous | montrant des particularités de détails que nous saisissions sans peine et qui nous échapperaient partout ailleurs.
Ainsi.en fouillant les excavations vides de Perforants, nous rencontrons des sujets de Cæcidæ représentant toutes les phases de transition et tous les âges qui caractérisent la croissance et les changements de domicile, et c'est par eux que nous pou-. vons savoir fort exactement ce que nous venons de dire sur leur compte.
Nous ne saurions trop recommander ces dragages à sec sans sortir de chez soi, à tous ceux. qui pourront se procurer des matériaux propres aux recherches de ce genre.
C'est la chasse, c’est la pêche dont on se procure ainsi les plaisirs et les émotions, avec toutes les péripéties qu’elles présentent, leurs déceptions lorsqu'un bijou de coquille se brise avant qu'on ait pu l’extraire, lorsqu'un précieux sujet ne se rencontre que mutilé; mais avec toutes ses joies quand par la persévérance et l’adresse on obtient le succès. C’est une sorte de sport intelligent, agitant celui qui s’y livre.
Puis comme résultat d’une expédition à travers toutes les perforations d’une Méléagrine, ou des coups de loupe donnés méthodiquement dans un amas de sable pris sur une plage favorable, on réunit une foule de spécimens triés, on contemple ces formes élégantes, qui brillent souvent d’un vif éclat rehaussé par des nuances harmonisées, et l’on éprouve une nouvelle jouissance.
Et ce n’est pas tout : le classement s’opère, et
larrangement des espèces les faisant apparaître
sous un nouveau jour, on se reprend souvent à admirer ce fruit de recherches qui sont vôtres; on s’excite ainsi et on en exécute bien d’autres. C'est un peu de propagande en faveur du but proposé, que nous faisons ici, car les résultats obtenus, quels qu’ils soient, viendront sans aucun doute enrichir le trésor des documents utiles. Nous voulons également vulgariser une source de jouissances d’un genre spécial, que nous savons par expérience assez vives pour donner satisfaction à tous ceux qui les chercheront. R Bien que fort importante au.point de vue scien-
tifique, ainsi que M. Deshayes nous l’affirmait, la
découverte avait pour nous une portée bien plus orande. Elle nous révélait en effet un moyen très pratique de commencer immédiatement l'étude des mers. Son application nous présentait un champ immense dont l'exploitation, puis l'application en grand devaient nous fournir d’abondants matériaux avec lesquels il nous serait permis de faire DE FOLIN. — Sous les mers. A 2
entrer l’œuvre dans la période d'exécution effective.
En effet, si cette seule rade des îles aux Perles nous avait mis en possession d’une aussi grande quantité d'animaux, parmi lesquels beaucoup appartenaient à des espèces inconnues, on pouvait prévoir avec quelque certitude que bien d’autres points se trouvaient dans une situation identique; et, s’il s’en présentait qui n’offrissent pas un égal intérêt et les mêmes charmes de découvertes à faire, ils n’en seraient pas moins dignes d’être soumis à l’observation. Il était nécessaire de les connaître aussi bien que tous autres; n’y eût-il pas de catalogue à dresser, il était utile encore de pouvoir le proclamer.
La solution du problème, que nous trouvions si difficile à résoudre quelques mois auparavant, était entre nos mains; elle s’était dévoilée dans la situation si étrange des valves de la Méléagrine; il ne nous restait plus qu’à nous en servir, à nous procurer sans retard des spécimens. des fonds de toutes les mers. Nous eûmes bientôt la preuve que cette partie de l’exécution n'était pas chose bien difficile.
IV. — Comment furent obtenus les premiers échantillons du fond des mers.
Chaque jour en relation avec les capitaines du port de Bordeaux et avec ceux qui le fréquentaient, j'obtins d’eux ce que nous désirions; ils se montrèrent tous d’une obligeance qui les honore et dont.
nous demeurons profondément reconnaissants.
La tâche au reste pouvait aisément être remplie; en l’accomplissant, ils devenaient coopérateurs de l’œuvre et ils comprirent que, utile à tous, elle mé-
ritait que tous la servissent. D’anciens camarades -accueillirent de même avec faveur les requêtes que
nousleur adressämes ; des résidents en quelquesports devinrent également de fervents correspondants.
Notre programme était du reste fort simple à remplir. Nous disions :
« Lorsque vous allez à terre, prenez le long d’un môle ou sur le rivage, ou faites prendre par un de vos canotiers, quelques poignées du fond, sable ou vase, que vous étiquèterez du nom de sa provenance.
« Ayez soin, lorsque vous lèverez vos ancres, de conserver une partie de la vase que leurs pattes ramènent du fond; au nom de la rade ajoutez sut votre étiquette la profondeur de l’eau à l’endroit
de votre mouillage.
« Si vous avez l’occasion de sonder, fixez suf votre plomb de sonde, à 1 mètre ou 2 de dis-
tance, au moyen d’une patte d’oie en bitord, uné
boîte de conserve vide; en traïînant surf le fond elle se remplira, et le sable ou la vase qu’elle vous raméënera sera pour nous un échantillon fort précieux. Ayez bien soin d'indiquer la latitude et la longitude du point où il sera pris et la profondeut donnée par la sonde.
« Enfin si, en certains jours, sur certaines rades,
vous n'avez rien à faire, avec une ‘embarcation,
usez de votre plomb de sonde ainsi armé et vous
pourrez draguer le fond; la boite défoncée et garnie d’une manche en toile fera l'office d’une excellente petite drague. »
La plupart des marins auxquels nous remimes
ces instructions les remplirent, et nous eûmes
bientôt entre les mains des centaines de spécimens de fond pris sur presque tous les points du globe. La méthode était donc bonne, nous pourrions dire
excellente ; elle est adoptée aujourd’hui par une foule de naturalistes qui s’en servent sans en con-.
naître l’origine, elle s’est propagée de l’un à l’autre comme une tradition, mais on peut en retrouver la source en consultant notre publication : les Fonds de la mer.
Une fois entre nos mains, les échantillons furent
immédiatement utilisés. Quelques parties en étaient préalablement détachées pour être analysées par M. Périer. |
Ce prélèvement fait, s'ils se composaient de sable, ils subissaient le triage. Environ la valeur d’une cuillerée du spécimen était placée sur une plaque de verre ayant 1 décimètre carré et garnie sur ses quatre faces d’un rebord haut de 7 à 8 millimètres. En agitant, le sable s’épanche sur toute la surface transparente, et à l’aide d'une loupe on
peut en extraire aisément tous les animaux, tous.
les tests, tous les végétaux et tous les débris utiles, mème les plus petits.
Si, au lieu de sable, on avait à examiner une
masse de vase qui arrivait toujours sèche et compacte, il fallait d’abord la dissoudre en la plongeant dans une cuvette pleine d’eau; lorsqu'elle était bien délayée, on tamisait la solution, et les résidus demeurant sur les tamis fins, aussitôt resséchés, étaient traités de la même façon que les sables. Ce sont les mêmes procédés, les mêmes systèmes d'opérations qui, un peu plus tard, furent appliqués en grand à bord des navires explorateurs.
De véritables richesses zoologiques, de nombreux documents chimiques et physiques, minéralogiques et géologiques se trouvèrent ainsi réunis après quelques mois de recherches. Le moment était donc venu de proclamer l’œuvre en cours d'exécution, en faisant connaître les succès obtenus par la mise en pratique du système adopté et les perspectives qu’ils faisaient naître. Ce fut M. Périer qui se chargea plus particulièrement des soins de la publication. Il obtint d’abord de la Société de pharmacie de Bordeaux qu’elle accueiïllerait nos premières pages dans son Bulletin; elle le fit chaleureusement, vaillamment. Nous lui en conservons une vive reconnaissance.
Cependant la multiplicité des découvertes intéressantes, résultat de nos recherches dans les échantillons de fond qui nous arrivaient de toutes provenances, devenait une source d’exigences et nous créait des obligations auxquelles il fallait répondre. IL était indispensable d'obtenir, pour la continuation de l’œuvre, le concours de bien des spécia-
listes. En conséquence nous soumettions nos vues, nos plans, nos résultats déjà obtenus, nos espérances, à des savants de toutes les nations. Tous répondirent à nos sollicitations avec la plus grande bienveillance, par leur empressement:; ils prouvèrent qu’ils nous comprenaient et qu'ils avaient foi en cette grande entreprise.
Aussitôt que l’idée conçue avait pris une forme très saisissable, nous l’avions soumise à l’illustre professeur L. Agassiz; par de bonnes paroles il nous encourageait à poursuivre l’œuvre commencée et nous assurait de son concours.
Le D' Baird, du British Museum, accueillait également favorablement les ouvertures que nous lui faisions et nous donnait des preuves de son bon vouloir en nous mettant bientôt en rapport avec le D' G. Brady, qui se chargea de la détermination de nos Ostracodes et de la description des espèces
nouvelles ; indépendamment de la compétence
qu’il possédait en cette matière, la rare habileté avec laquelle il dessine donne à ses figures une énorme valeur.
Nous reçûmes les mêmes preuves de considération sympathique pour l’idée d’une étude des mers, méthodique et coordonnée, de la part du professeur M' Sars, qui déjà avait reconnu l’existence de la vie animale dans les grandes profondeurs.
Un peu plus tard nous enregistrions comme
adhérents :
Aux États-Unis, MM. Anthony et de Poéreles :
En Angleterre, Hanley, H. Brady, Gwyn-Jeffreys, A. Norman, Boog Watson, Davidson;
En Croatie, le professeur Brusina;
En Espagne, M. Hidalgo; En Portugal, M. Barboza du Boccage, les officiers de marine Sampayo et de Capello;
En Italie, la marquise Paulucci, le marquis de Monterosato, MM. Issel.
En France, — nous réservions cette liste comme nous étant plus particulièrement chère.
Ce sont en effet des souvenirs pleins de charmes
qui se rattachent à nos premières relations avec
ces bienveillants savants, dont les conseils et l’aide furent si précieux pour nous. Souvenirs de respectueuse admiration, souvenirs de cœur et de chaleureuse reconnaissance de la part d’un sim-
. ple, mais ardent chercheur qu’ils ont consenti à
guider: C’est à Deshayes, à Henri Milne-Edwards que nous payons ce tribut d’admiration et de gratitude, en réservant une part au président de la Société linnéenne de Bordeaux, Ch. des Moulins, cet aimable savant qui nous encouragea si souvent avec tant de oracieuse courtoisie; souvenons-nous qu'il caractérisait notre préface des Fonds de la mer par ces mots : jolie, modeste et pleine.
Enfin citons, comme de sympathiques amis, ces collaborateurs de la première heure, MM. Alph.
Milne-Edwards, Léon Vaillant, Paul Fischer,
Crosse, et profitons de l’occasion pour les remercier encore. - i