‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 27 sur 99 · LA FOSSE DE CAP-BRETON ; LA CÔTE DES BASSES- PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

LA FOSSE DE CAP-BRETON ; LA CÔTE DES BASSES- PYRÉNÉES

Ayant été nommé capitaine de port à Bayonne, je cessai d’entretenir des rapports journaliers avec “les nombreux marins de Bordeaux, ce qui me fit perdre une bonne partie de mes moyens d’action, et je dus craindre de voir s’épuiser les sources auxquelles s’alimentait notre publication, les Fonds de la mer, laquelle poursuivait son œuvre presque uniquement à l’aide des échantillons de fonds qui m’étaient rapportés. Ce fut en effet ce qui se produisit. Ces ressources diminuant et notre entreprise pouvant en souffrir, il fallait de toute néces-

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sité se tourner vers un autre côté et trouver un nouveau moyen de poursuivre l’œuvre sans qu’elle

perdit rien de sa valeur.

En arrivant à mon nouveau poste, voulant me rendre bien compte de cette situation de l’embouchure de l’Adour qui avait la réputation d’être d’un accès difficile, je pris une carte du golfe de Gascogne pour maider à étudier cette question.

Presque immédiatement j'étais frappé par les profondeurs indiquées sur quelques points rapprochés les uns des autres; je remarquais en même temps qu'ils appartenaient à cette curieuse et profonde dépression dénommée Fosse de Cap-Breion et que dans le pays on appelle le Gouff (Gouffre), et l’idée me vint que c'était dans ses eaux qu’il fallait chercher les matériaux nécessaires à la continuation de l’œuvre. |

Disons quelques mots de ce point étrange et de la côte sur laquelle il est situé.

Jusqu’à Biarritz c’est le sable des Landes qui

constitue la côte, et c’est par les plantations de pins

. maritimes qu'on est parvenu à en fixer les dunes

que le vent bouleversait autrefois. Cet état explique

. peut-être les modifications subies par l’Adour dans P P

son cours inférieur, et les trois bouches successives par lesquelles ce fleuve s’est déversé dans

» l'Océan. Rien de stable en effet dans ces sables » jusqu’au moment où la main de l’homme est

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venue fixer l'embouchure actuelle. Ce sont eux qui, depuis embouchure de la Gironde jusqu’à

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Biarritz, forment les rivages, et souvent ils pénè- «

trent fort loin au sein des terres, de même qu'ils s'étendent au large recouverts par les eaux. C'est ainsi que le littoral de la Vendée, du Poitou, de la Saintonge, de la Gironde et des Landes ne descend que lentement vers les grandes profondeurs. Un plan incliné en terrasse succède à la terre ferme et se prolonge d’abord assez loin vers la haute mer. Il se resserre à mesure qu’il descend vers le sud, et, mesurant environ 300 milles à la sortie de la Loire, il n’en a plus guère que 30 ou 40 lorsqu'il arrive vis-à-vis d'Arcachon.

A l'embouchure de l’Adour on peut le dire disparu, car à moins d’un demi-mille dé terre on se trouve par 50 mètres de fond, et à une distance de 10 à 15 milles la sonde accuse plus de 1000 mètres. Cependant la queue du plateau

subsiste encore, bien que très rétrécie, vis-à-vis du.

village de pêcheurs de Cap-Breton, et c’est en plein dans le sein de cette lisière que commence à se creuser tout à coup à moins d’un demi-mille du rivage une fosse, puisqu'on l'appelle ainsi, qui, d'abord légèrement sinueuse et étroite, s’élargit presque régulièrement en courant vers l’ouest et en s’évasant brusquement du côté du nord. C’est dans un massif rocheux que cette déchirure s’est produite, ceci est indiqué par quelques-uns de ses points culminants qui semblent des jalons montrant les limites de la dépression s’enfonçant jusqu’à près de 1000 mètres. Au pied de l’un de

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