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ces faîtes qui s’échappent de la chaîne en remontant presque verticalement, c’est-à-dire en falaise presque à pic, on trouve une profondeur de 800 mètres, tandis que, sur le sommet du massif, qui porte le nom de Champ des Vaches, nous n'avons dragué que par 40 à 50 mètres, alors qu’au pied du point culminant il y avait infiniment plus d’eau, ainsi qu’on le voit. |
La plupart des roches qui appartiennent Ce système et qui servent de paroïs d'encaissement à la Fosse, et probablement toutes, appartiennent, suivant ce que nous avons pu juger par les échantillons rapportés en nos dragues, à une ramification de la chaîne nummulitique qui se découvre à Biarritz et sur quelques autres points voisins. Les spécimens que nous avons extraits de la Fosse nous ont fourni la preuve qu'ils étaient bien du même calcaire. Cette constatation nous a donné lieu de remarquer que ce calcaire nummulitique, abondant à Biarritz, surtout au Port Vieux, disparaît en s’affaissant sous les sables de la Chambre d'amour. On le retrouve se relevant au milieu de l’Adour; les roches balisées, les Casques, en sont composées; il reparaît encore au village du Boucau et au moulin d'Esbouc, en deux ou trois pointements, puis s'enfonce de nouveau sous les sables recouverts aujourd’hui de Pignadas, et jusqu’à présentonna plus revu de traces de la chaîne ou du massif; ce n’est que sous les eaux de l'Océan qu'il se manifeste encore pour servir de cuvette à la profonde
vallée sous-marine qu’il encaisse et dans laquelle s'accumulent les vases.
Assurément nul autre point n’était plus propre à mieux nous servir. À proximité de notre résidence, présentant jusqu'à un certain point les caractères d’un fond de grande profondeur, puisqu’elle était située bien plus bas que toutes les zones ordinairement explorées et à la connaissance desquelles on s'était borné jusqu’à l’époque des recherches que l’on commençait à opérer en eaux profondes, la Fosse de Cap-Breton devait sûrement nous offrir un champ fertile d’investisations. L'idée de l’exploiter se présentait donc fort naturellement à notre esprit; mais, pour en venir à l'exécution, il nous fallait quelques ressources pécuniaires, le nerf de la guerre, indispensable en ceci comme en toute entreprise. Fort heureusement, notre projet d'exploration fut goûté par deux hommes auxquels nous demeurons reconnaissant du soin qu’ils prirent de nous mettre en état d'opérer des recherches sous-marines dans la Fosse : M. Jegou, inspecteur général des ponts et chaussées, et M. Daguenet, ingénieur en chef, appuyèrent notre demande au ministre des tra-, * vaux publics, et une subvention de 400 francs - par an, qui fut ensuite portée à 600 francs, nous fut accordée. Bien que modique, ce fut avec cette somme que nous nous mimes en campagne.
Les pêcheurs de Cap-Breton, hardis marins, qui affrontent les mers souvent terribles de ces parages
lorsque les vents règnent de l’ouest ou du sudouest, emploient, avec un succès qu’une longue
expérience a consacré, un genre d’embarcation.
tout à fait particulier et local, que dans le pays on nomme pinasse. Elles ont des formes qui peutêtre ont inspiré celles données aux baleinières, dont les qualités sont si précieuses. Bien qu’à fond à peu près plat, elles sont stables; leurs extrémités finement resserrées et bien relevées leur permettent de s'élever facilement sur la lame, qu’elles coupent sans embarquer d’eau. Huit hommes d'équipage et un patron leur sont nécessaires, car elles marchent plus souvent à l’aviron qu’à Ja voile (fig. 7). Elles sont, il est vrai, un peu lourdes, mais la force résultant des huit avirons mis en mouvement par des bras vigoureux remédie à l'inconvénient d’un poids qui leur donne une assiette très assurée et un tirant d'eau des plus convenables.
La pêche à Cap-Breton se fait également d’une facon toute particulière. L'armement de chaque pinasse comprend un certain nombre de trémails ayant chacun au moins 100 mètres de longueur sur une hauteur d’un peu plus de 2 mètres. C'est dans la Fosse qu’on les pose à une profondeur plus ou moins grande. En les mouillant, on a le soin de les placer de façon que les courants ne puissent avoir d'actions nuisibles sur eux. Ils sont allongés sur toute leur longueur et maintenus verticalement dans le sens de leur hauteur par les plombs
qui garnissent leur ralingue inférieure. Après avoir ainsi disposé ses engins, la pinasse rentre au port, car ceux-ci doivent demeurer en pêche au moins pendant vinot-quatre heures. Le poisson qui rencontre les filets se maille dans les nappes sans les apercevoir et s’y trouve pris. Ce sont les Merlus (Merlucius vulgaris) qui se capturent en plus grand nombre et qui rendent la pêche fructueuse,