‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 40 sur 99 · CAMPAGNE DE 1873 A · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 1873 A

furent exécutés et donnèrent lieu à la décou-

verte de quelque nouvel organisme. C’est à cette époque qu ayant réuni un grand nombre de spécimens d’Alcyonaires de la Fosse, nous en avons publié le Catalogue, grâce à l’obligeance de M. Marion, professeur à la Faculté des sciences

. de Marseille.

C’est aussi pendant cette même période que nous découvrimes dans la Fosse un petit corps de l'aspect le plus singulier. Il paraissait formé par de la vase concrétée, et ses diverses branches acuminées, rayonnant du même point, lui donnaient parfaitement la forme d’une petite griffe d’asperge. Nous en recueillimes plusieurs exemplaires. Quelques-uns furent adressés aux spécialistes, nos correspondants pour les Foraminifères; ils ne purent se décider à se prononcer sur les sujets, qu’ils examinèrent pourtant avec grande attention.

Ce ne fut que plus tard, alors que familiarisé avec les formes de Rhizopodes de la tribu des Vaseux, les explorations du Travailleur et du Talisman nous en ayant procuré un très grand nombre, que nous reconnûmes que nos organismes de Cap-Breton en faisaient partie. Et en effet, traités par l’acide azotique, de même que tous les autres sujets de la tribu, ils montrent, une fois la vase éliminée, l’animal sarcodique dégagé

de son enveloppe. Nous avons dès lors nommé

ce Rhizopode : Rhizopela irregularis (fig. 10). Nous avons tout dernièrement découvert une seconde

‘espèce de ce genre, dans un dragage exécuté sur la côte non loin de Biarritz. |

Nous ne pouvons analyser en détail toute la série des dragages de 1874 à 1880 : les résultats que nous avons obtenus sont consignés dans « les Fonds de la mer » par les soins de MM. A: Milne- Edwards, P. Fischer et Marion, pour les Crustacés; Marion, pour les Vers; Gwyn-Jeffreys, P. Fischer et nous, pour les Mollusques; P. Fischer, pour les Bryozoaires; G. Brady, pour les Ostracodes; P. Fischer, Henri Brady, Van den Broœck et nous, pour les Foraminifères et les Rhizopodes; M. L. Périer, pour les analyses des fonds.

Avec un outillage et des moyens d’action plus puissants, nul doute que nous serions arrivés à obtenir une connaissance parfaite de la Fosse. La zoologie aussi bien que la géologie n’auraient plus rien à y chercher. Nous aurions pu en effet draguer la surface entière du fond de cette cuvette, arracher, aux massifs de roches, des spécimens de leurs pentes raides et rapides, même de leurs parois parfois verticales, quelques fragments des aspérités qui les accidentent, et quelques-uns des animaux qui y vivent fixés.

Cette dépression si intéressante et qui, en raison de ses limites restreintes, pouvait voir se terminer assez rapidement l’étude qui la concerne, mérite sous ce rapport que l’on prenne en considération ce que l'on en sait déjà et qu’on se soucie de la complèter.

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