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» à pénétrer la cause de cette absence de vie, cause
qu’il est important de connaître.
Passant successivement devant la tour de Senetose, les curieuses découpures de la Cava, le golfe de Valinco, Propriano, la pointe de Campo Moro, la haute montagne de Boduretta, dont les étages descendent graduellement en variant de teintes jusqu'au bord de la mer, nous arrivons vers 4 heures du soir en vue du Monte de Oro, au pied duquel on aperçoit la ville d’Ajaccio se détachant vaguement sur le fond grisàtre des der-
niers contreforts de la montagn®. En passant, nous
y prenons notre courrier, puis nous nous remettons en route pour Marseille, laissant derrière nous les rudes profils du Bastelica, les îles Sanguinaires, la tour de Parata, Saint-Antoine, Pozzo di Borgo, qui commencent à se noyer dans les premières teintes obscures de la nuit. Nous n’avons plus bientôt que les étoiles qui brillent au ciel pour attirer nos regards, car en beau temps c’est une des distractions que se donne le marin, contempler aux heures de quart les constellations qui scintillent, admirer les splendeurs de la voûte céleste, quand l’air est bien pur et qu’on peut penser.
Le 17, nous revoyons les terres de la Provence, les îles d'Hyères, le cap Sicié, les montagnes de la Sainte-Baume, et le 18 au matin c’est Planier, ou plutôt son phare que nous apercevons. À 10 heures, le Travailleur se trouvait de nouveau mouillé à Marseille.
Ce qu'avait appris cette première période d’ex-
ploration motivait parfaitement une modification du plan de campagne. Il fut en effet décidé que nous retournerions à Rochefort avec le bâtiment, que sur notre route nous continuerions à visiter | les fonds de la Méditerranée, ceux de la côte de Portugal, et que nous terminerions la campagne en draguant dans la partie ouest du golfe de Gascogne, que nous n'avions pas explorée en 1880.
La journée du 19 fut employée à compléter notre charbon, et le 20 au matin nous étions prêts à partir. Une dépèche arrivée ce jour même enjoionaît au commandant de passer par Oran et par Tanger, pour montrer notre pavillon sur ce dernier point. Après être sorti du port et avoir laissé dans la brume du soir Marseille s’effacer sur le fond des hautes collines de ses environs, nous faisons route vers l’ouest.
Le 21, nous draguions en vue du cap Saint-Sébastien; le 22, beaucoup plus au large, et par 1697 mètres nous opérions encore, tandis que, le 23 au matin, sous le cap San-Antonio, que dominait assez au loin le mont Mango, la sonde ne donnait plus que 160 mètres. Malgré le temps un peu brumeux, vers 11 heures, nous apercevions les montagnes de Puig Campana, hautes de près de 2000 mètres. Au sommet de l’une d'elles, la plus ouest, apparaissait cette remarquable brèche découpée à pic sur son profl et que l’on nomme Cuchl-
lado de Roldan, en français le Coup de sabre de Ro-