‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 58 sur 99 · A PE PI D D · texte numérisé non relu

A PE PI D D

Ve PORN LU L]

ne parvenons à trouver que des Ptéropodes qui, après leur mort, ont été précipités, puis se sont déposés, et cela en si grande quantité que les couches qu'ils forment sont d’une incroyable épaisseur.

Le lendemain nous avions en vue les côtes de la Corse; les profondeurs sondées étaient les mêmes que celles de la veille et les récoltes également nulles. Ce fut alors que, pour la première fois, nous entendimes dire que les Anglais avaient émis cette opinion qu’il était probable que la vie ne se rencontrait pas dans les grandes profondeurs de la Méditerranée. Nous avions lieu de commencer à croire qu'en cffet elles étaient inhabitées ou à peu près et de méditer sur cette proposition.

Le fait devint pour nous à peu près certain, quand, à une douzaine de milles de terre, en vue du mont Cinto, dont les sommets montrant quelques places recouvertes de neige atteignent 2400 mètres de hauteur, et par des profondeurs à peu près égales à cette altitude, nous éprouvions les mêmes insuccès. Nos dragues ne nous rapportaient que des débris provenant des rivages, charriés jusqu’en ces lieux par les courants. Dans la soirée du même jour, nous atteignons les îles Sanguinaires, que nous doublons, et, pénétrant dans le beau golfe d’Ajaccio, nous venons mouiller devant cette ville, pour y renouveler notre charbon.

Le 1$, revenant à la mer, nous poursuivons les recherches jusqu'aux bouches de Bonifacio, dans lesquelles nous pénétrons le 16 au matin, après

avoir doublé le cap Feno, la tour d'Olmetto et les montagnes de la Trinité.

Vers huit heures, nous avions la ville de Boni facio par bäbord, et par tribord nous apercevions le cap de la Testa et le golfe de Longogardo sur la côte de Sardaigne, et en arrière-plan les montagnes de l'ile. Pas plus heureux dans ces parages que nous ne l’avions été les jours précédents, n'ayant exécuté que d’infructueux dragages qui ne nous montrent que des restes d'animaux habitant la surface des eaux, entassés dans les profon-

deurs un peu considérables, nous renonçons à

continuer les recherches en ces lieux.

Rebroussant donc chemin en nous écartant de terre, afin de ne point nous retrouver sur la route suivie la veille, nous reprenons la direction du nord. Et pour avoir la conscience en repos nous draguons encore dès que nous trouvons plus de 1000 mètres de profondeur. N’espérant rien, nous n'éprouvons aucune déception en ne ramenant aucun être vivant; mais nous sentons mieux que jamais la nécessité de poursuivre cette tâche ingrate et de multiplier autant que possible le nombre des opérations frappées d’avance de nullité, pénétrés de l'idée qu’il est utile d’établir d’une façon à peu près indiscutable l'exactitude du fait en renouvelant les opérations sur une série de points assez distants les uns des autres. Nous espérons en outre qu’elles pourront nous fournir l’occasion de découvrir quelques faits dont l'observation pourra peut-être aider

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