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diverses espèces suivent toutes les manœuvres de ces Cétacés : ils guettent ie pauvre fretin poursuivi, qui dans sa fuite monte et descend, court de droite et de gauche et qui souvent s'approche inconsciencieusement beaucoup trop près de la surface, puis aussi quelques débris de proie qui échappent aux voraces, coupant parfois en deux d’un coup de mâchoire mal calculé l’objet de leur convoitise.
Et nous aussi, nous nous mêlons à ces scènes de destruction; un marsouin est harponné, mais c’est un robuste animal, la ligne du harpon ne peut résister à la force qu’il déploie : elle se rompt, et il fuit en emportant l'instrument.
À midi, nous ne sommes plus qu'à $ milles de Mogador, dont on relève le plus grand des minarets au S.-S.-E. La ville se détache en ombre sur le fond des collines de sable qui s'élèvent derrière elle et par-dessus lesquelles on aperçoit les cimes des premiers contreforts sud de l’Atlas. Du côté du nord des roches très foncées dessinent le rivage. À midi 30, mouillé devant Mogador. Quelques instants après, un pilote se présente et assure au commandant que le Talisman peut sans danger entrer dans la baie; l’ancre est levée avec difficulté, en raison de la houle, qui est très forte en pleine côte, ainsi que nous sommes. À 3 h. 30, mouillé de nouveau par 11 mètres de profondeur en dedans de la pointe de récifs et de l’île de Mogador, qui abritent la rade.
21 juin, appareillé à $ h. 55; une heure après,
on se dispose déjà à draguer par 912 mètres; vase rouge; le chalut rapporte de nombreux poissons, des Astéries (Calveria, Pentagonaster, Archaster, etc.),
des Mollusques, des Holtenia, des Siephanotrochus,
ces beaux polypiers en forme de couronne.
Un second dragage par 1050 mètres produit de nombreux cailloux, un jeune Eurypharinx, des Ophiures et autres Astéries, des Cidaris, des Mollusques.
22 juin, au large d'Agadir, dragué par 2525 mètres; mer houleuse, mouvements du navire très fatigants pour les appareils; le chalut rentre à vide. Peut-être ce fond est-il peu habité.
23 juin, dans les mêmes parages, par 2200 mètres, coup magnifique:grandnombre de poissons, des Calveria, des Oursins verts, des Comatules, des Holothuries, des Astéries de diverses espèces, de beaux Crustacés, un assez grand nombre de N Mollusques se trouvent dans Fig. 37. — Paracypris le filet. De plus, un Ostra-
PUS AN den remarquable, espèce nouvelle, le Paracypris galeata (fig. 37).
Sur le même fond, le chalut retourne travailler et ramène encore d'assez nombreux poissons, dont deux espèces paraissent inédites, puis une anguille à trompe, des Holothuries rampantes, des Calueria,
…'- at uote. édit ni
en des Flabellum et des Mollusques. Le dragage par 2200 mètres avait produit une assez grande quantité de vase présentant une apparence grasse; lavée et tamisée, la masse du résidu était principalement composée de Ptéropodes de beaucoup d'espèces. Les Anglais ont donné le nom de Globigerine-00xe, vase à Globigérines, à celle où ces Foraminifères dominaient; il nous semble donc utile de noter de même le caractère de ce fond et de le désigner comme étant tapissé par de la vase formée par des Piéropodes, en leur imposant cette dénomination : Fond de vase à Ptéropodes, Vase à Ptéropodes.
24 juin. Nos-récoltes du 23 nous maintiennent dans les mêmes lieux à quelques milles près. Une première opération par 2212 mètres produit des poissons, des Calveria, de petits Oursins verts, des Comatules, un petit Crinoide, des Astéries (Hymenaster, etc.), des Mollusques. Une petite drague fixée sur le chalut fonctionne bien. Une seconde fois les engins sont envoyés par 221$ mètres; ils ramènent les mêmes animaux que ceux du dragage précédent. Un faubert a été placé au fond de la poche du chalut : il retient une certaine quantité de vase et beaucoup de petits animaux; décidément il rend de bons services et on le maintiendra en cette place. Nous avons reconnu, dans les tamis, des Rhizopodes, arénacés et vaseux.
25 juin. À peu près dans les mêmes parages, trois dragages ont été exécutés.
Le premier, par 2104 mètres; malgré la mer
houleuse, le chalut rapporte des animaux nombreux et variés de la même faune.
Le second, 2075 mètres : mêmes résultats.
Le troisième, 2083 mètres : la faune se montre la même : débris de Democrinus et de Bathycrinus. La violence des coups de roulis fait casser l’estrope de la chape de la pantoire du mât de charge.
26 juin. Le chemin fait nous a rapprochés des Canaries, et nous nous trouvons entre la côte du Maroc et l’île de Lanzarote.
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Quatre dragages pendant cette journée, d’abord
ar 123$ mètres : nombreux poissons, Crustacés:
(Aristées, Pasiphaës et autres), Scalpellum, magni-
fiques Calveria, Astéries, Holtenia, Caryophyllies,
Mollusques.
Par 1220 mètres, Bathypteroïs, Brissinga en pièces, Mollusques.
Puis par 1163 mètres, Mora mediterranca et au-
tres poissons, Crustacés, Holothuries, Astéries (Calveria, etc.), Mollusques, dont une Seprola. Rhizopodes dans les tamis.
. Enfin par 1180, Mora, Colliodus, Bathygadus, Coryphenoïdes et autres poissons, Brissinga, Comatules, Astéries, Holothuries rampantes, Éponges, Polypiers, Mollusques, dont quelques Brachiopodes. Rhizopodes dans les tamis.
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27 juin, à 4 h. 45 du matin, aperçu la terre par bâbord. Ce sont les Canaries que nous avons en vue; nous nous trouvons en effet dans les parages de ces îles. À 6 h. 20, la vigie signale un navire faisant la même route que nous.
Cinq dragages sont exécutés en cette journée.
865 mètres, vase jaune : Poissons (Alepocephalus, Scorpène, etc.), Crustacés, dont une espèce des Antilles, voisine des Galathées ; Comatules, Polypiers, Mollusques nombreux, dont une Sepiola et des Brachiopodes. Des Rhizopodes dans les tamis.
975 m., vase à Ptéropodes : mêmes animaux.
Dansles tamis, des Biloculina, Lingulina, Amphiexis, Rhabdamnima, etc.
1238 m. : Poissons, Calveria, Ophiures, Comatules, Mollusques, Rhizopodes.
905 m., cailloux et roches. Bien que défoncé, le filet du chalut rapporte quelques pierres; l’une d'elles pèse 102 kilogrammes.
28 juin. À 8 heures environ, /e Talisman donne dans le détroit de la Bocayna; huit coups de drague y sont donnés par des profondeurs variant entre 259 et 30 mètres; pris de nombreux Oursins du genre Diadema, des Holothuries, des Polypiers, des Crustacés, des Mollusques et des Bryozoaires.
À 10 heures, nous voici par le travers de la tour Aquila; elle nous reste à tribord, tandis que les terres de Fuertaventura se trouvent à bâbord, l’île Lobos s’en détachant vers le N.-E. À une heure, dépassé le mont Roja, et, peu après, doublé la
pointe Pechiguera; son feu est relevé au N. 48° 0.
Enfin, à $ heures, la pointe Rossa est en vue au - N. 35° E., à une distance de 18 milles, Nous nous trouvons hors du détroit. de
29 juin. Très beau temps. Au jour, la Grande Canarie par bâbord; à 6 h. 10, aperçu Ténériffe devant nous; à 11 h. 40, mouillé sur rade de. Santa-Cruz par 40 mètres de fond.
Dans la soirée, essayé d’une pêche à la lumière électrique. Les lampes Edison, immergées à une certaine profondeur, produisent un charmant spectacle. C’est à travers un milieu cristallin bleuâtre que l’on aperçoit une multitude de poissons de diverses tailles, s’agitant et dont les mouvements rapides parfois produisent des traces brillantes, stell£es sur leurs bords et dessinant la ligne suivie par l'animal : elle demeure lumineuse pendant quelques instants.
Un déprédateur s’avance lentement, en sournois;
il compte sur une proie, mais la lumière des lampes le décèle, toute la troupe s'enfuit, il s’élance alors avec toute la vitesse qu’il peut déployer, et la sphère éclairée devient solitaire pour quelques moments. Puis elle s’anime de nouveau, et les mèmes scènes se renouvellent.
Après un séjour de quelques jours, pendant lesquels des excursions dans diverses parties de l’île ont eu lieu, ainsi qu'une ascension au pic de TFeide, nous nous trouvons mieux disposés que ‘jamais à reprendre la mer et à continuer les opéra-
À . Lis APE
tions de l'exploration. En conséquence, le $ juillet nous appareillons vers huit heures du matin.
Aussitôt en marche, nous faisons route sur la Grande Canarie. Par suite de la direction que nous suivons, les pentes raides et vigoureusement accidentées qui s’élèvent en avant du pic se sont défilées, et nous avons pu saisir facilement les détails qui les caractérisent. Ce que nous remarquons surtout, c’est que le pic, qui pourtant est de beaucoup plus élevé que les points culminants des sommets en avant, parait à peine les dépasser; cependant la distance qui le sépare de ces lignes de faîte est bien peu de chose, quelques kilomètres seulement. À 11 heures, nous apercevons la partie S.-O. de la Grande Canarie. Les terres se découpent en sommets aussi dentelés qu'à Teénériffle; elles se présentent à l’œil comme un décor de théâtre, les diverses parties superposées les unes sur les autres et se terminant par des caps et des pointes qui viennent, en s’abaissant, se noyer dans les eaux bleues . de la mer. Il est un point cependant, le cap Sardina, nous restant le plus au sud, qui demeure haut et presque vertical, malgré sa grande élévation. En nous retournant, nous voyons encore le pic de Teide : les terres d’en avant paraissent comme abais- sées, tandis qu’il se montre avec plus d’élévation. À 1 heure 47, à la hauteur du mont Cardones et de la bourgade du même nom, sondé par 2420 mètres. À 2 heures, on peut apercevoir Guia et Galdar, pittoresquement situées sur le flanc d’élé-
vations dont les accidents indiquent combien ces terres ont été affreusement bouleversées. À 3 heures, c’est Isleta qui se montre distinctement : nous n’en sommes plus qu’à 9 milles; à 6 heures nous mouillons par 12 mètres de fond dans le port de la Luz, à peu de distance de las Palmas, dont le mouillage n’est point sûr. La Luz, où s’exécutent de grands
travaux d’abri, est destinée à devenir le port de
l’île; les navires y seront fort bien et en sûreté.
Le lendemain 6, nous nous rendons en voiture à las Palmas; nous y visitons le musée, dans lequel M. À. Milne-Edwards découvre quelques sujets de Crustacés qui lui permettent de faire d’assez importantes constatations.
La côte de l’île est excessivement poissonneuse, nous nous en apercevons, car à chaque pas nous rencontrons des marchandes portant sur la tête des charges de poisson. Celui qui paraît être le plus abondant, la sardine, ou plutôt un petit poisson qui lui ressemble, se prend avec un filet à mailles de laiton.
Aussitôt rentrés à bord, vers 7 h. 15, levé l'ancre; 7 h. 20, mis en marche; 11 h. 45, perdu de vue le feu de la Isleta.
Le 7 juillet au jour, aperçu les terres sud de Fuertaventura; exécuté quatre dragages dans ces parages.
Le premier, 201$ mètres. Le chalut rapporte des Poissons (Macrurus, Synaphobranchus entre autres), des Calveria, des Holothuries, des Ophiures, des
Mopsea, des Mollusques, parmi eux le Dentalium ergasticum, des Rhizopodes réticulaires, etc.
Le second, 2013 mètres : de nombreux Halosaurus, des Archaster, des Holothuries. Rhizopodes aperçus après le lavage de la vase.
Le troisième, 1975 mètres : nous procure un grand nombre d'Holothuries, quelques Mollusques, des Rhizopodes.
Le quatrième, 1918 mètres : des Holothuries, des Calveria, des Mollusques, Fuseaux, Pleurotor mes, Dentales.
8 juillet, fait route pendant la nuit pour nous rapprocher du littoral africain. À midi 30, nous avons en vue les côtes du Soudan, le cap Bojador et les terres qui l’avoisinent.
Sept, opérations de dragage s'exécutent pendant cette journée, la première par 782 mètres, fond de sable, coquilles, coraux. Elle produit des poissons (Scorpènes, Macrures, Hoplostetus, quelques espèces de la Méditerranée et autres), des Arisiées et des Pendales, parmi les Crustacés; des Brisinga, des Calveria de grande taille, des Brissopsis, pas mal de Mollusques, des Rhizopodes.
Le second, 646 mètres, même nature de fond que le précédent dragage; il rapporte des Holothuries, de nombreux mollusques (Ranella, Dolium, Turbo, Fissurella, Trochus, Lima et Waldheimia), des Rhizopodes.
Le troisième, 345 mètres; le fond est le même; le chalut ramène une quantité énorme de Comatules, des tubes d’Annélides, d'Hyalinæcia, qui ressemblent à sy méprendre à des tuyaux de
plumes d’oie, des coraux, des Pecien, Mitres et.
KRanelles, Rhizopodes.
Le quatrième, 250 mètres, toujours même nature
de fond. La récolte consiste en poissons divers, un énorme Poulpe, de grands oursins (Echinus
acutus), des Comatules; en Mollusques, des Car-
dita, Xenophora, Cytherea, Pecten; des Foramini- «
fères.
Le cinquième, 175 mètres, même fond, même faune.
Le sixième, 130 mètres, même fond; nous obtenons un grand nombre d’Astéries (des Ophiures entre autres), des Comatules, des Cidaris (Cidaris hystrix), des Éponges, des Mollusques.
Le septième, 102 mètres; le fond n’a pas varié de nature; le filet rapporte six grands Poulpes, des Octopus, des Mollusques (Venus, Ranella, Pectunculus, Arca, Pecten).
Le 9 juillet, beau temps, ciel nuageux, mer belle, six dragages.
Le premier, 410 mètres, sable vasard. Coraux. La pèche consiste en nombreux poissons (Macrurus,
Caprosaper, Oplostetus, Dorades, etc.), des crustacés.
et en particulier une grande Galathée, des Comatules, de belles éponges du genre Askonema ayant
la forme d'énormes chapeaux feutrés de spicules
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