‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 75 sur 99 · ML EN · texte numérisé non relu

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breux Crustacés, des Astéries parmi lesquelles se présentent de belles Calveria, des Holothuries, de magnifiques Hollenia, de fort belles Dentales, des Pleuroiomes et autres Mollusques. Il était plus de

huit heures lorsque le chalut rentrait à bord pour

la quatrième fois; la nuit était faite, mais nous avions les lampes Edison pour suppléer au jour.

17 juin. Nous nous trouvons encore dans les mêmes parages, ayant fait peu de route pour nous maintenir sur ces fonds riches en animaux. Encore une série de quatre dragages exécutés.

Le premier, par 1590 mètres, sur un fond de vase grasse, donne en poissons : Neoscopelus, Bathypterois, Bathygadus, des Astéries, des Holiemia, quelques Mollusques. Dans les tamis, des Rhizopodes de la tribu des Vaseux.

Le deuxième, 1350 mètres, vase rougeitre :

mêmes poissons que ceux pris au dernier coup, en plus d'énormes Alepocephalus; des Crustacés fort remarquables, des Echinodermes (Salenia, Calveria), des Astéries, et, parmi elles, bon nombre d'Ophiures, et des Pentagonaster, des Pentacrines,

des Mopsea, des Caryophylles, des Aphrocalistes, des

Holtenia, des Mollusques, parmi ceux-ci encore de belles Dentales.

Le troisième, de 836 à 1350 mètres : pas mal de poissons, d'énormes Alepocephalus entre autres, et des Neoscopelus, des Calveria, des Brissopsis, des Pteraster, des Pentagonaster, quatre genres d’Asteries fort intéressants, enfin des Holienia, une belle

éponge du genre Rosalia, des Mollusques, etc. Mais la tringle du chalut a été tordue sur le fond;

il faut en employer un autre et réparer l’avarie. Remarquons ce que l'examen des résidus nous a appris par la suite : c’est que ce fond se montre identique à quelques-uns de ceux du golfe de Gascogne explorés en 1880. C’est le même amas d'Orbulines au milieu desquelles on rencontre exactement les mêmes petits Mollusques, les mêmes Rhizopodes Vaseux, Arénacés, Globigérinacés, Spiculacés, les mêmes Foraminifères. Si l’on met ces résidus en présence les uns des autres, il est impossible d’établir entre eux la moindre différence.

Le quatrième, par 1123 mètres, vase rouge : le chalut rapporte des poissons, des Comatules, des Holtenia.

Dans la matinée, la baleinière 2 avait été armée pour .opérer une pêche de surface; elle fut peu fructueuse. Deux ou trois espèces seulement d’animaux furent capturées, mais aucun Foraminifère ne fut rencontré.

18 juin, les vents sont frais, la mer grosse.

Par 1048 mètres, deux bouteilles à eau sont immergées : l’une est descendue à 1000 mètres, l’autre à $00, afin de mesurer la densité de l’eau à ces profondeurs.

Nous nous trouvons à quelque distance au nord de Mogador.

19 juin, beau temps, bonne brise de N.-E. A

7 h. 55 la terre devant nous: en nous en appro-

chant, reconnu le Gebel-Hadid, ou montagnes de fer. Changé de route pour longer la côte. À 9 heures, par leur travers, on distingue fort bien au sommet

de la plus élevée le tombeau de Sidi Wasman, :

marabout vénéré dans cette partie du Maroc. A 10 heures nous avons par bâbord les dunes de Botof se détachant en mamelons élevés de couleur blanchâtre sur un fond de montagnes lointaines; on commence à apercevoir Mogador à grande distance.

Des troupeaux de Marsouins, de Dauphins et autres se montrent autour du Talisiman dans toutes les directions. Ces bandes sont si nombreuses qu’il est impossible de les compter; elles sont en pêche, et il faut que le poisson fourmille sur cette côte pour que la destruction totale ne suive pas les chasses exécutées par tant de milliers de chasseurs. Ces grands animaux, qui marchent par groupes, évoluent avec un ensemble et une rapidité étonnante ; l’espèce de bond qu’ils font à chaque élan en avant et tous en même temps, donne à chaque troupe quelque ressemblance, comme mouvement,

avec un escadron de cavalerie lancé au galop. Ils

arrivent ainsi jusqu’à toucher la muraille du navire, dont ils ne s’effrayent nullement, puis plongent subitement, passent sous sa quille et reparaissent de l’autre bord, virant souvent pour renouveler le plongeon, comme s'ils désiraient prendre une connaissance plus approfondie et se familiariser avec la carène du bâtiment.

Presque aussi nombreux, des oiseaux de mer de

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