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Il fut cependant on ne peut plus facile de reconnaître la faune qui les peuple, et d’abord de remarquer les effets étonnants de ce que l’on a appelé le mimétisme. Si la lutte pour l'existence entraine
Fig. 45. — Antennarius marmoratus debout.
Mer des Sargasses.
forcément à la destruction, par une admirable prévoyance le Créateur, pour en atténuer les effets, a voulu que le faible pût en partie échapper au fort, en donnant au premier le moyen de se dérober à
l’investigation de l'œil ennemi. Par une appropriation de la couleur du milieu qu’ils habitent, les animaux qui doivent être protégés, en partie se confondent avec ce milieu et, n’étant que diffci-
lement aperçus, ne sont pas tous victimes. C’est
surtout de la part des oiseaux de mer que les habitants des sargasses ont à craindre les déprédations, mais nulle autre part ailleurs les effets de cette adaptation ne sont aussi frappants qu'ici : la similitude de coloration est si remarquable que parfois, quelque attentive que soit la recherche du naturaliste dans une touffe de sargasse, il n’aperçoit pas tous les êtres qu’elle renferme.
Le nombre des espèces est assez considérable ; citons d’abord l’Antennarius marmoratus, fort singulier poisson qu’on dirait pourvu de bras et de mains, une sorte de clown, lorsque, placé dans une cuvette, appuyant ses mains sur le fond, la tête en bas, la queue en l’air, il semble en jouer le rôle (fig. 43). Ce n'est point la seule particularité qui le rend intéressant; on n’éprouve pas moins de surprise lorsqu'on découvte son nid formé d'un amas de sargasses solidement réunies par des fils que la femelle sécrète. Les autres poissons qui se rencontrent dans les raisins des tropiques sont le Diodon hystrix, le Singnathus œquoreus et des Castagnoles.
Les Crustacés sont les hôtes les plus nombreux : des Palémons, des Nautilosrapsus, des Hypolites, puis des Mollusques, les Lithiopia bombyx et Mela-
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nostoma; sur presque toutes les feuilles, solidement appliqués, des Sprrorbis. Enfin des Aciinies, des Anatifes, des Planaires, et une foule de petits organismes, quelques-uns microscopiques.
6 août, très beau temps; la pêche des sargasses se continue, soit du bord avec des filets emmanchés sur des gaffes, ou bien avec une des embarcations qui est amenée à cet effet. On en met partout à sécher, et on les étudie avec archarnement.
Le 7 août, observé de nombreux bolides pendant la nuit. À 8 h. 50, arrivés au point qui était indiqué comme présentant une profondeur de 1000 mètres, on en trouve 3540 par un sondage parfaitement exécuté et au moyen d’un instrument excellent. Comment donc ont été tracées les courbes d’égal niveau de la carte allemande ‘?
Il est cependant décidé qu’un dragage sera tenté, malgré la profondeur un peu grande, en ne filant que 4000 mètres et en gardant l’épissure en vue, de manière à la surveiller. L’opération réussit fort bien. Le chalut ramenait une assez grande quantité de pierre ponce en petits morceaux; le fond semblait donc être de nature volcanique; ils étaient mêlés à de la vase blanche, à des débris de roches, et, bien que l'instrument fût tordu, il contenait cependant des Calveria, des Opbhiures, des Pagures, des Eponges et, parmi les Mollusques, des Leda.
8 août, temps à grains, de 1 heure à 1 h. 30,
1. Deutsche Seewarte Atlantischer Ocean herausgegeben von Direktion. Hamburg, 1582.
grosse pluie. Dragué par 312$ mètres, sur un fond analogue à celui d'hier. Le filet contient des Caryo-
phyllies, des débris d’éponges, des Mollusques,
des Rhizopodes, etc.
9 août, temps couvert, éclairs et tonnerre; …
aperçu un trois-mâts courant au plus près bäbord amures. Dragué par 3432 mètres, même fond. Le chalut rapporte une grande quantité de pierres ponces, quelques Holothuries de couleur violette, des Psychropotes portant en arrière un appendice relevé et fort développé (fig. 44), des Mollusques, des Rhizopodes.
Le 10 août, temps orageux, quelques grains de pluie à 3 h. 45. Dragué par 3175 mètres, sur un fond de même nature que ceux des jours précédents. Les produits de la pêche consistent en
Crustacés, Holothuries, un Céphalopode d’espèce .
nouvelle, Mollusques (Fuseaux, Pleurotomes, Limopsis, Discina). Rhizopodes dans les tamis.
Le 11 août, temps couvert, mer un peu houleuse; trois dragages au sud des Açores.
Le 1°, par 219$ à 2792 mètres, fond de sable et de roches. Le chalut rapporte un magnifique Crustacé d'espèce nouvelle (Gratophausia Goliath), de taille énorme pour le genre, capture d’autant plus importante qu’il sera plus facile de vérifier
sur cet échantillon cette curieuse particularité du genre portant des yeux sur les mâchoires. Enfin
deux poissons, dont un inconnu.
Le 2°, 2921 mètres; la brise est fraîche, la
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mer creuse. Est-ce à ces circonstances qu'est due la pauvreté du dragage, ou bien cela tient-il au fond ? toujours est-il que nous n’obtenons que quelques petits crustacés et trois petits poissons.
Le 3°,:2878 mètres. Le chalut rentre vide, sans que quoi que ce soit puisse indiquer qu'il a touché le fond ; la brise était très fraîche et la dérive trop rapide ; il a été entraîné sans arriver à sa destination.
Le 12 août, temps couvert, vent d'ouest, mer -houleuse; vers 2 heures du matin, un navire en vue courant au N.-E. Deux dragages.
L'un, par 1442 mètres, sur vase grise, donne, maloré un très fort roulis, des poissons, de beaux Crustacés, un assez grand nombre d'Holothuries, des Éponges, des Mollusques (Dentales, Cassidaria, Scaphander).
L'autre, par 1440, sur vase grise, ramène à peu près les mêmes animaux et une grande quantité de pierres ponces, fait du reste fort commun depuis le 7 août. Ces opérations ont eu lieu à environ 60 milles dans le sud des Açores.
Le 13 août, beau temps; à 2 heures du matin, la terre est signalée : nous avons en vue l'ile de Fayal, qui tire son nom d’une espèce de hêtre peu élevé qui couvrait l’île lors de sa découverte. À 5 h. 30, relevé la pointe Comprida et le cap Guia. Dragué par 500 mètres, sur sable et gravier; malgré un très fort roulis, nous avons obtenu : Poissons divers, Crustacés, Éponges, Mollusques, Bryozoaires, Foraminifères.
Par 626 mètres, sable et roches; la houle est très
forte, les coups de roulis très violents; le chalut
rentre à vide, mais les fauberts rapportent quelques
Éponges et des Echinociamus (Oursins) de couleur
verte.
Pendant que nous nous livrons à la pêche au chalut, un baleinier américain louvoie pour gagner … le mouillage de Horta; en même temps une embarcation sortie de Guia se met à la poursuite de.
Cachalots qui ont été aperçus du côté de Pico. Ces animaux, à certaines époques de l’année, se montrent en grand nombre dans ces parages; c’est ce qui y attire les pêcheurs américains, dont il se trouve toujours quelques-uns dans larchipel. Ils poursui-
vent leurs campagnes de pêche jusqu'aux Canaries.
Dans le canal entre la Horta (Fayal) et Pico, par
8o à 115 mètres, l'engin rapporte beaucoup de sable noir, probablement de la fayalite, comme celle qui nous fut envoyée par M. Guerra, notre consul à Fayal, et dont il a été question dans Les Fonds de la mer ; des Poissons, des Mollusques, etc.
À 4 h. 2, mouillé devant la Horta, chef-lieu de l’île de Fayal.
14 août. Séjour à la Horta.
Les Açores, qui tirent leur nom du mot portu-
gais Açor (oiseau de proie, épervièr), groupe de
neuf îles, doivent, par leur latitude, leur proximité Be