‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 80 sur 99 · PEL · texte numérisé non relu

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Le 4°, de 400 à 480 mètres, même fond. Encore -un très grand nombre de Malacocephalus, des Macrures, des Pendales, des Aristées, et d’autres Crustacés, le même Pentagonaster, les mêmes Mollusques, les mêmes Rhizopodes. |

À 7 heures du soir, nous nous trouvons devant la pointe Tarrafal, derrière laquelle se trouve la baie du même nom, un des mouillages de San- Antonio.

30 juillet. Nous sommes demeurés dans les mêmes parages avec l’espoir de faire d’aussi bonnes pêches que celles de la journée d'hier. Aussi, à 7 heures du matin, le chalut était à l’eau, sous un brasseyage de 347 à 405 mètres; il ne rapporte que quelques poissons pris dans les mailles du filet, qui a été coupé par les roches dans lesquelles il a croche.

À 10 heures, par 550 à 760 mètres, le câble s’est capelé sur le filet; le coup n'est pas brillant : il n'y a qu’un poisson de pris; mais nous, en particulier, nous nous réjouissons, car, malgré tout, il reste dans la poche du chalut quelques résidus, parmi lesquéls nous découvrons un très grand nombre de Rhizopodes.

Le 3° dragage, par 618 mètres, sur sable vasard. Poissons (Dibranchus, etc.), des Crustacés, des Pentagonaster ; parmi les Coraux, des Cariophyllus ; des Mollusques.

Le 4°, par 623 mètres, procure des Ophiures au disque grisâtre et aux bras de couleur orangée,

des Cidaris, de nombreux Gorgoniens, des sis entre autres, du corail blanc à tige rosée, des Bryozoaires, des Mollusques, quelques Rhizopodes.

Le s', au nord de Saint-Antoine, par 4115 mètres, vase jaune. Dans un coup de roulis la pantoire du mât de charge se rompt, ce qui entraîne la rupture du câble de dragage, dont 4600 mètres sont perdus, ainsi que le chalut.

Cet événement causa une certaine consternation à bord; le cäble n’était peut-être pas assez fort pour les opérations dans les grandes profondeurs, et c’étaient surtout celles-là qui restaient à explorer. Cependant on put reconnaître que la rupture n’était due qu’à la violence de la secousse : la fune métallique avait été coupée net, comme avec un instrument tranchant. Cette constatation fit reprendre courage, et on se mit de suite au travail pour confectionner une autre pantoire et enrouler’sur la bobine les 4000 mètres de câble de rechange; mais ce n’était point une petite affaire : la glène qu'il fallait tirer de la cale pesait 1500 kilogrammes.

À 9 h. du soir, pris le point de départ. Latitude 17° 04' nord, longitude 27° 46” ouest; fait route sous toutes les voiles pour la mer des Sargasses.

Le 31 juillet, beau temps, petite brise E.-N.-E. Lever de la lune à 3 heures. De nombreux poissons volants, de tous côtés; au jour, aperçu un navire à voiles courant à contre-bord.

Le premier août, très beau temps, ciel un peu nuageux, brise inégale du N.-E. sautant au N.-N.-

E. À midi, sondé, trouvé le fond à 4815 mètres.

Le 2 août, temps couvert, mer un peu houleuse; à 8 h. et demie, sondé par 4450 mètres.

Le 3 août, temps couvert; vers huit heures du matin, un bâtiment en vue à grande distance.

4 août, beau temps; poissons volants. On commence apercevoir quelques touftes isolées deraisins des tropiques, de sargasses; les amas n’ont que de petites dimensions ; bientôt il en passe de plus en plus le long du bord. Le Talisman se trouvait par 24° 22' de latitude nord et 36° 57’ de longitude ouest.

Les opérations de réparation de l’appareil de dragage étaient terminées, une nouvelle pantoire était en place, une forte épissure avait relié le câble de rechange avec ce qui restait de l’ancien, et il

avait été enroulé sur la bobine. On aurait donc pu

draguer aujourd'hui même ; mais, la sonde ayant accusé une profondeur de 6067 mètres, elle parut trop considérable pour faire l’essai des réparations. Quelque bien faite qu'ait été l’épissure, si elle venait à manquer, la fin de la campagne se trouvait compromise; il parut plus prudent et plus convenable de rechercher un fond situé par 2000 mètres, qu'indiquait une carte allemande et qui devait se trouver non loin de nous.

Le $ août au matin, très beau temps; un navire en vue; nous nous trouvons en ce moment dans la courbe des 2000 mètres, mais la sonde en accuse 5290. Le commandant dirige alors la route sur un autre fond que la même carte signale comme

n'ayant que 1000 mètres de profondeur; il se trouve qu'il en a 4178. Il fallut attendre au lendemain pour atteindre un autre point marqué 1000 mètres sur le parallèle de 30° et le méridien de 42°. Dans la journée, on commença à recueillir pas mal de sargasses; une embarcation fut même armée pour les examiner ÿn situ et faire la pêche des nombreux animaux qui s’y réfugient et y vivent.

Les sargasses (Sargassum barciferum, Fucus natans), et vulgairement les raisins des tropiques, ne se rencontrent que dans ces parages (fig. 25, page 243). D'où viennent-ils? D’où sortent-ils ? nul ne le sait; ils vivent sur cet espace limité qui a été dénommé d’après eux, cela est certain; mais s’y reproduisent-ils ? On l’ignore. C’est en vain que M. Poirault s’est efforcé, pendant tout le temps que nous sommes restés en ayant autour de nous

et pouvant sans cesse renouveler les sujets d'étude,

à chercher quelques traces de fécondation, les.

organes de la reproduction; il n’a rien découvert. Le mystère subsiste donc; d’où sortent-ils ?

Les amas de sargasses rencontrés par le Talisman n’ont jamais été bien considérables et me parurent loin, comme étendue et accumulation, de ceux que j'avais vus étant à bord de la frégate /’Atalante dans sa traversée de retour de Rio-Janeiro en France

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