A MONSIEUR LEON BARAT
Enfant du Canada, je travaille dans l’ombre ; Le murmure des bois tient ma muse en éveil; Et mes vers, s’échappant pêle-mêle et sans nombre,
Volent joyeux vers le soleil.
Si je n’ai pas heurté la froide indifférence, Si ma strophe moins lourde a pu franchir les mers, C’est que le souvenir adoré de la France
À donné du souffle à mes vers!
a Un jour, mieux inspiré, je vous dirai peut-être Des bords du Saint-Laurent les poèmes joyeux.
S’ils font écho là-bas, puissiez-vous reconnaître
La voix qui chanta les aïeux!
O vous qui souriez à mon œuvre confuse
Et qui du barde obscur prenez quelque souci,
Pour ces vers mal tournés chercherai-je une excuse ?
Ils voulsient vous dire merci!
Merci d’avoir daigné d’une plume discrète Attirer vos lecteurs vers mes premiers essais, Vous souvenant que si je suis pauvre poète,
Je suis par contre un bon Français!
TN ui
Te
Français, fils des héros de la Nouvelle-France,
Et, le regard tourné vers le sombre avenir,
Anglais par le devoir, Français par l’espérance
Autant que par le souvenir!