A MONSIEUR CHARLES GRANDMOUGIN
———— (Après la lecture d'une de ses Poésies ) SONNET
O poète, j'ai lu ton rêve fantastique
Où, voyageur étrange, ami des blancs frimas, Et lassé, jeune encor,
d’une existence étique,
Tu cherches l'air Plus pur des plus rudes climats.
J’ai suivi dans son vol ton rêve sympathique,
Mais, le cœur attristé, je me disais: Hélas! Que ne vient-il, bravant l’orageux Atlantique,
Voir, lui, le frère aîné, les frères de là-bas ?
Dis-moi qui t’attirait vers les champs de Norvège, Quand je sais un pays où plus blanche est la neige,
Où le ciel est plus pur et les cœurs plus aimants?
Où, te pressant la main, une main fraternelle Te prouverait comment dans la France Nouvelle
On sait rester fidèle à ses premiers serments!