‹ Sous les pins [microforme]Chapitre 28 sur 69 · HOMMAGE A SOREL · texte numérisé non relu

HOMMAGE A SOREL

A l’occasion de l’érection de la ville en cité.

A te voir caressé par l’onde de deux fleuves Et mêlant ta rumeur au bruit vague des flots, À te voir, oublieux des antiques épreuves,

T’enivrer des senteurs de tes riants îlots;

À contempler, ravi, l’activité fébrile, Le travail si fécond de tes milliers de bras, Et l'élan spontané de ta gaîté virile,

Qui dirait que jadis tu souffris, tu pleuras!

A voir le mouvement de tes vastes usines Où se gagne en sueurs le pain de l'artisan, Qui dirait que tes preux dans ton fort en ruines

Maniaient l’arquebuse et le sabre esant !

rq P

O ruche industr’ 18e où jadis le tonnerre

Grondait avec effort, c’est pour avoir lutté

Contre l’Anglais tenace et lPAgnier sanguinaire

Que tu t’épanouis dans ta virilité.

ZE

Aussi quand le vainqueur qui se disait ton maître, Voulut d’un nom nouveau t’affubler désormais, Ce nom étrange et dur tu eus le méconnaître, (1)

Et nul de tes enfants ne le redit jamais.

Si tu fus malheureux, tu ne fus pas servile ; Du présent le pasé n’aura pas à rougir.

Du fort naquit le bourg, du bourg naquit la ville,

De la ville aujourd’hui Ja cité va surgir.

Suspendant pour un jour ta tâche quotidienne, Ouvre tes temples saints, ferme tes ateliers,

Que d’un passé sanglant le présent se souvienne, Evoque tes héros, prêtres ou chevaliers,

() William Henry.

Pour que de leurs tombeaux tressaille leur poussière,

Car l’ère du progrès succède aux temps d’exploits; L'industrie aux cent bras a remplacé la guerre...

Aussi vivent Sorel et tous ses Sorelois !

Page 1