‹ Sous les pins [microforme]Chapitre 36 sur 69 · MAITRE MOSER · texte numérisé non relu

MAITRE MOSER

Après la lecture du Codicile de Maître Moser, d'Eugène Manuel.

Moser, maître Moser, tu dors depuis longtemps Dans ta fosse i ignorée, et les ailes du Temps, Emportant tous les vieux, émoussent bien des haines, Sans que l'Alsace ait vu tomber ses lourdes chaînes. Des villageois témoins de ton rêve ingénu

Depuis plus de trente ans Pas un seul n’est venu T’annoncer plein d’émoi la joyeuse nouvelle,

La génération pourtant se renouvelle,

Et tous auront souffert, et tous auront vécu, Emportant au tombeau la douleur du vaincu.

En reste+-il de ceux qui devaient sur ta tombe Te crier des Teutons la suprême hécatombe ?

Ils ne soni déjà plus ceux qui t’avaient juré

De remuer ta cendre à ce moment sacré.

Mais s’ils sont morts, si nul ne peut trouve la place

Où tu reposes, vieux paysan de l'Alsace,

C’est la Patrie un jour qui par là passera ;

C’est elle qui de ses milliers de voix criera: “Par le drapeau français ta tombe est ombragée ;

La Lorraine est française et l’Alsace est vengée.”

Page 1