LE CIMETIERE
Il est un lieu sacré qu’on nomme cimetière, Terme de tous nos jours.
Là, dans l’oubli du temps, perdus dans la matière, Les morts dorment toujours.
Oh! lorsque nous allons dans la sombre demeure Où reposent ces morts,
Recueillons-nous, songeons à notre dernière heure,
Sans crainte et sans remords!
N'en faisons pas un lieu de simple rêverie;
N’en franchissons le seuil Qu’avec un souvenir pour celui qui nous crie: “ Pitié” dans son cercueil!
Voix muette pourtant, mais l’étrange silence Qui plane sur ces lieux Fait que sans nul effort la prière s’élance De nos cœurs oublieux!
Après avoir laissé planer notre pensée Sur tous ces morts couchés Pleurons! Qui sait combien une larme versée F4 Peut laver de péchés!
Et songeons que demain ce temple fait d'argile Et qui contient nos jours
Peut, au souffle de Dieu, comme un vase fragile,
Se briser pour toujours.