‹ Sous les pins [microforme]Chapitre 63 sur 69 · L'HOMME · texte numérisé non relu

L'HOMME

Entre l’Etre Suprême ct l’homme, quel abîme

Que nul regard humain sur terre n’a scruté!

L'homme frêle et changeant du Temps est la victime...

Dieu seul est immuable en son éternité.

L'homme dans ses efforts étale sa faiblesse, 11 marche avec orgueil, il tombe sans fierté; Lui, le roi d’ici-bas, un atome le blesse...

Dieu seul est tout-puissant dans son éternité.

L'homme comme une fleur brille un jour, puis il passe, Frêle souffle que Dieu prête à l’humanité.

Il a peur du néant, s'étonne de l’espace...

Dieu seul reste le même en son éternité.

L'homme de sa naissance à sa mort souffre et pleure; Il peine et se dépense en ce monde agité; Mais dès qu’il disparaît, de lui rien ne demeure...

Dieu seul veille toujours dans son éternité.

Tout borne l’homme ici, tout le tient sous la chiîne Et lorsqu’il sonde en vain la sombre immensité, Dieu ne voit de là-haut qu’une poussière humaine

Et son Verbe remplit l’espace illimité.

LACRYM.Æ

Sur la tombe chér'e

Où bien souvent je prie

J’ai planté ce bouquet de fleurs.

Quand leurs tiges séchécs Vers le sol sont penchécs,

Je les arrose avec mes pleurs.

En ti ssl

Chaque soir je promène

Quelques instants ma peine Dans cet endroit silencieux

Et de la froide pierre

Mon ardente prière

Avec un sanglot monte aux cieux.

Sur cette fraîche tombe Une rosée y tombe; Saintes larmes de l’amitié, Vous soulagez mon âme En épurant ma flamme

Et changeant l’amour en pitié.

Dans ce lieu solitaire

Où plane le mystère, L'oiseau, triste, ne chante pas.

Là, des roses fanéees,

Iniage des années,

Viennent s’effeuiller sons nos pas! (1)

(1) Mis en musique par le frère de l'auteur, Roméo Poisson,

Page 1