‹ Sous les pins [microforme]Chapitre 7 sur 69 · L'ORIENT · texte numérisé non relu

L'ORIENT

Comme le vin bouillonne au sortir de l’amphore,

Fo me ro

De même au jour néfaste où parut le Croissant,

Le Grec épouvanté vit soudain le Bosphore

Rouler jusqu’à la mer des flots rouges de sang.

O le combat géant! 6 la lutte sanglante

Entre la foi du Christ et les lois du Coran‘

Mahomet triomphait et l’Eglise tremblante Allait tomber meurtrie aux pieds du conquérant.

Et sans Sobieski sous les portes de Vienne, Et sans Charles-Martel sous les murs de Poitiers, Hélas! c’en était fait de l’Europe chrétienne,

De ses temples bénis, de ses trônes altiers.

Ils ont sauvé l’Europe, et de ce vaste empire À peine reste-t-il quelques membres épars.

Demain le vieux Stamboul qui sous le joug soupire

Ne verra plus le Turc rôder sur ses remparts.

Car l’Islam a fini sa superbe épopée.

Partout dans les déserts ses guerriers sont couchés,

Et ses fils sous l’impôt ou sous le faix penchés,

Ont laissé se rouiller leur héroïque épée.

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Des rives du Bosphore aux rochers de Ceuta Les ravins ignorés et les fiers promontoires Sont encor tout remplis du bruit de leurs victoires

Que l’écho d’un grand siècle aux suivants raconta.

I1 dort et pour toujours ce puissant cimeterre Qui pendant deux cents ans fut la terreur des rois, Quand Mahomet trouvant deux continents étroits,

Pour témoin de ses coups voulut prendre la terre.

Bientôt sur les débris d’un empire puissant

Que ne protège plus l’ombre du grand prophète,

Les chrétiens, conviés comme pour une fête,

Vont plonger dans les flots la corne du Croissant!

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