TROISIEME PARTIE
nirs du stage qu'elle y fit, quelquefois, ou transvasement des rancunes du soldat expansif. Elle indiquait nettement au gradé qu'il s'était fourvoyé, le renvoyait aux servantes de brasserie, aux ouvrières du Gros-Caillou, revendiquant hautement, pour elle, l'emploi de gamelle, ni meilleure ni pire que celle dont l'ordinaire fait les frais, une pauvre gamelle sentant l'amour comme l'autre sent la viande et garantissant aux indigents de l'armée la portion d'assouvissement nécessaire à leur subsistance charnelle.
Chez tous ces marchands de vin, il y avait deux femmes. Quelquefois, derrière une simple cloison ou dans l'antre d'un obscur cabinet de débarras, on apercevait le pied d'un Ht-cage récemment foulé, une pyramide de tabourets, du linge et des bardes qui puaient la chambrée.
Favières, cependant, commençait à croire que Tétrelle s'était trompé ou bien que Généreuse avait quitté la rue Frémicourt. Ils avaient parcouru déjà une demi-douzaine de débits, et la curiosité des sous-officiers^ amplement satisfaite, rendait improbable leur adhésion à la continuation des recherches.
— Encore un, se dit-il, et nous y renoncerons quant à présent.
Ils passèrent devant la musette, entrèrent à côté, à la Corbeille fleurie. Là comme ailleurs, l'endroit exigu encombré par le zinc n'était que l'antichambre d'une salle plus vaste, carrée, meublée circulairement de tables, de tabourets paillés et, en son œillieu, d'un billard. Une femme, dont on ne voyait que la croupe, torchonnait, au fond. Elle se redressa, se retourna : c'était Généreuse.
— Ahl bien, voilà uRe surprise! s'écria un des sous-officiers, en la reconnaissant.
— Qui donc t'a dit que j'étais ici? demanda-t-elle à Favières.
— Personne... un hasard...
Tous s'assirent.