‹ Souveniers sur la vie privée du général LafayetteChapitre 2 sur 58 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

t( ses dernières paroles, de recueillir ses derniers sou-

« pirs !

(( Aujourd'hui que rabattement où sa mort a plongé

<( tous ceux qui savent pleurer la vertu, et apprécier

« l'étendue d'une telle calamité pour le monde entier,

ii commence à céder à une affliction plus accessible à

tda consolation, un étranger, qui n'a d'autre titre à

t( votre attention que celui d'être citoyen d'un pays où

«votre illustre ami fiit idolâtré, vient vous prier,

« monsieur, de tracer, pour lui et pour ses compatriotes

« affligés , la dernière scène de cette grande vie dont

(( vous avez été témoin , et qui aura pour eux un intérêt

u si puissant!

(( Je n'ai pas besoin de vous dire que ce n'est pas une

« curiosité oisive ou vulgaire qui me porte à vous faire

« cette demande ; ^ous l'attribuerez avec justice à un

(c sentiment bien autrement digne des liens qui nous

« unissaient à notre vertueux citoyen et bienfaiteur.

AU LECTEUR. m

n Quand Farrêt du ciel enlève à sa famille un père bienuaimé, il est permis à la piété filiale, après les prête miers moments d'accablement, de rechercher toutes tt les circonstances qui ont précédé un événement si « funeste, et, en s'y arrêtant avec attendrissement, de a voir revivre l'objet chéri de son culte j de croire eti- « tendre ses paroles, et de se laisser ainsi entraîner à «des illusions fugitives, il est vrai, mais douces et « propres à amortir la douleur.

« Cette consolation, monsieur, vous ne voudrez pas « nous la refuser; nous vous la demandons pour nous «et nos frères, pour toute une nation qui se glorifie « dans ce moment même de pouvoir appeler Lafayette « le dernier de ses pères; car elle ne sait pas encore la «perte quelle vient d'éprouver, cette nation que la « nouvelle de sa mort va trop tôt' couvrir d'un deuil «universel. Cette nation, nos amis, nos parents, « tous ceux qui nous accordent leur indulgence

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