INVENIT
9** La décoration de Cincinnatus qu'avait portée WaAingtOD. Madame Lewis avait hérité de cette précieuse décoration. Elle en fit présait, en 1824, à Lafayette, pour être donnée au second de ses petits-fils, M. Edmond Lafayette.
L'ordre de Cincinnatus avait été créé par les officiers de l'armée américaine après la guerre de l'indépendance, afin de former entre eux un lien qui devait leur rappeler leur ancienne union. Le but de la société* de Cincinnatus était 1*" de perpétuer le souvenir de la révolution américaine, et d'entretenir l'amitié entre les officiers et l'Union des États ; 2** de former un capital dont l'intérêt serait employé au soulagement des veuves et des orphelins victimes des malheurs de la guerre. Washington en avait été nommé président ; il crut plus tard devoir demander à l'assemblée générale la suppression, de cet ordre, qui avait excité des jalousies et des haines parmi ses concitoyens.
La société de Cincinnatus, profondément pénétrée de reconnaissance pour la généreuse assi^lance que l'Amérique avait reçue de la France, et voulant perpétuer les liens d'amitié entre les officiers des deux pays, avait envoyé sa décoration aux comtes d'Estaing, de Grasse, de Barras, de Rochambeau, à Lafayette, au malheureux Lapeyrouse, etc.
Cette décoration , en or émaillé , est encadrée dans une couronne de laurier, que soutiennent deux cornes d'abondance enlacées, desquelles sortent des fruits, et qui sont elles-mêmes suspendues au ruban par un anneau oblong formé de deux tresses accolées. L'aigle américaine , les ailes
déployées, occupe le milieu de la couronne , et porte un écifôson de chaque côté. Sur l'un des écussons on voit Cinçinnatus appuyé sur sa charrue, et recevant les députés ro-
mains qui viennent lui offrir Fépée de dictateur. Autour ces mots sont écrits en lettres d or sur un fond bleu azuré ; OMNiA. RELINQUIT. SERVARE, REMPU. Sur l'autre écusson, Cincinnatus, rendu à ses travaux agricoles, conduit une
charme. Non loin de lui est sa chaumière. Le soleil éclaire ce petit tableau, autour duquel on Jit : soci. CIN. RUM. INST. AD 1783. viRT. PRiE. Les figures de ces éciissons sont en or mat ; la terre en émail vert , et les fonds en émail incarnat. La décoration est soutenue par un ruban de soie moiré, bleu de ciel , bordé d un liséré blanc , en signe de Talliance de la France avec TAmérique , et retenu par une agrafe d or. he ruban qu'avait porté Washington est demi-usé. La boîte de maroquin qui renferme cette décoration porte ces mots : PFashingtons Cincinnati Badge,
10** Une canne que portait Franklin : donnée à Lafayette , lors de son dernier voyage en Amérique.
II** LTne épingle dont le médaillon carré renferme des cheveux et présente le chiffre de Franklin. Cette épingle fut envoyée à Lafayette par la petite-fille de son ami. Derrière sont gravés ces mots : Benjamin Franklin.
1 2° Une bague qui offre le portrait et renferme des cheveux de Jérémie Bentfaam. Elle fut léguée par testament à Lafayette,
par le célèbre publiciste anglais. Autour de la bague sont gravés ces mots : Mémento for gênerai Lafayette. Derrière le médaillon on voit des cheveux tressés de J. Bentham , et autour ^ on lit : Jeremy Bentham s hair and profile.
i3** Une boîte de cristal, montée en or et fermée avec un petit cadenas. Elle renferme de bien douloureux souvenirs. Le brave Riégo avant de mourir sur Féchafaud détacha sa cravate et l'envoya à sa femme, avec une boucle de ses cheveux. Madame Riégo divisa la cravate et les cheveux par moitié; elle en garda une pour elle et envoya lautre àLafayette, Celui-ci ne pouvait regarder sans attendrissement ces précieuses reliques qu'on distingue parfaitement â travers le cristal pur de la boîte. Sur celle-ci on lit cette simple inscr|pti9n :
TeRESA EL RlEGO Y RlEGO.
La portion de cravate, en soie noire, est placée dans le fond de la boîte. Les cheveux sont roulés sur une carte. La figure
ci - après pourra vous en donner une idée. Elle n a qu'un tiers de la grandeur de l'original.
Lorsquen 1824^ Lafayette répondit au discours que lui avait adressé M. Campe, président de la commission des Espagnols réfugiés à la Nouvelle-Orléans, il lui dit, en parlant de TEspagne : « La liberté reviendra bientôt éclairer et « fertiliser cette intéressante partie de l'Europe; alors seule- «ment seront apaisés les mânes de Riégo,de sa jeune et (c malheureuse épouse, et de tant d'autres victimes de la u superstition et de la tyrannie * . »
i4** Une boîte ronde, curieuse par les bois qui la composent. Elle est en noyer , et porte sur le couvercle un cercle divisé en quatre parties dont chacune est formée d'un bois différent. Voici l'inscription en anglais qu'on trouve derrière : Reliques des vieux temps. Don de J. F. JVatson, membre de la société de Penn, au général Lafayette, lorsqu'il était à Germantown, le 10 juillet 1825. — Le noyer est du dernier arbre de la forêt de Penn, coupé en 1818, vis-œ-vis la salle
'Levasseur, cuv. cit., tom. ÎT, p. 316.
de ^indépendance. — Morceau du bois dun autre arbre de Penn, existant à Dush-HilL — L'orme est de t arbre du Traité.
— Le chêne est du premier pont construit sur le Dock-creek.
— Vacajou est de la maison de C. Colomb.
1 5° Plusieurs autres boîtes, de forme et de g;randeur différentes, faites avec le bois de l'arbre si connu aux États-Unis sous le nom de Treaty-tree, sous lequel M^illiam Penn conclut avec les Indiens le traité de cession du territoire de la Pensylvanie.
i6** Une grosse canne à pomme d'ivoire, faite avec le bois qui servit au premier monument élevé à la mémoire du général VS^arren, mort à Bunker s Hill, le 17 juin 1775, en combattant pour rindépendance de son pays.
Le cercle d'or qui entoure cette canne porte une inscription en anglais , qui indique qu'elle fut donnée le 1 7 juin 1 825 (anniversaire de la bataille de Bunkers Hill) au général Lafayette, par les membres de la loge du roi Salomon de Charlestôwn (Massachusetts).
17** Une canne dont la pomme présente le portrait de Lafayette, et qui lui fut donnée dans les circonstances suivantes. Un vieux capitaine américain alJa le trouver à Nashville lors de la dernière visite qu'il fit à vos compatriotes ; il
Fembrassa en pleurant, et loi dit : « J'ai eu deux beaux jours « dans ma vie, celui où je suis débarqué avec vous à Char- M lestown , en 1 777 , et celui-ci : Je vous ai vu et embrassé; je « ne demande plus à vivre. » Puis il ajouta ; « Je n'ai qu'une « canne ; vous voyez votre portrait dessus : je désire que vous « l'acceptiez et que vous la conserviez en souvenir de l'un de « vos vieux soldats et compagnons d'armes. » Lafayette se servait souvent de cette canne.
Ce fait me rappelle l'histoire d'un brave serrurier, père de famille, qui me fut apporté à l'hôpital Saint-Antoine, le 28 juillet i83o. Une balle lui avait fracassé l'os de la cuisse vers sa partie moyenne. Ce pauvre homme me disait : « Je « suis blessé à mort, je le sens biep : mais j'ai rencontré Lace fayette pendant qu'on m'apportait ici ; il m'a serré la main; «je meurs content. « Et en effet le malheureux succomba quelques jours après , à la gravité de§ accidents qui se développèrent.
1 8** Une canne offerte à Lafayette par une députation des habitants de Bergen, lors de son fermer voyage en Amérique. Elle est faite avec une branche d'un pommier sous lequel il avait déjeitné avec Washiingten, lorsqu'ils traversèrent ensemble cette ville pendant la gu^re de la révolution. Ce pommier avait été renversé en 1821 par un ouragan. Ces diverses circonstances sont gravées sur la pomme d'or de la canne.
19** Une fort belle épée donnée à Lafayette par les milices de New-York , lors de son dernier voyage.
20** Une épée, sortie des ateliers de Nevr-York, et pré-
sentée à Lafayette, le lo septembre 18349 par le colonel Muir, à la tête du 9* régiment d artillerie de l'état de ce nom.
La poignée est en ivoire , et surmontée par une tête d aigle en or fort bien ciselée, ainsi que les autres parties de la
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garniture. La garde est formée par un petit canon dont les roues mobiles remplacent les coquilles de Tarme , et ont pour rais des branches de laurier. Des torsades de bon goût réunissent ces diverses parties de la poignée.
La lame damasquinée en or offre des figures all^oriques relatives à Fart militaire , à la liberté et à Funion des États de l'Amérique dû Nord. L'aigle américaine y est représentée surmontée d'une banderole sur laquelle on lit :